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Un Autre Futur n°162

Publié le 1er février 2019

Un Autre Futur n°162 en pdf

Démocratie !

Les gilets jaunes sont politiques et ne sont que politiques ! Non pas la politique des politichiens véreux, corrompus et avides de pouvoir, mais la vraie politique ! La politique, c’est quoi ? C’est s’occuper collectivement de la vie de la cité, du bien commun et des intérêts collectifs.

Et que sont les gilets jaunes ? Ils sont le symbole de la volonté de réappropriation de l’espace et des enjeux publics par la population. Les gilets jaunes ont rompu l’isolement et l’individualisme dans lequel le système cherchait à nous maintenir, ils expriment leurs désirs de vivre et construire ensemble, d’être les uns avec les autres et non plus les uns contre les autres ! Il y a dans ce mouvement de la colère
contre les dirigeants quels qu’ils soient mais il y a aussi et surtout de la joie et du plaisir ! De la joie de se retrouver ensemble, du plaisir à construire un monde meilleur pour demain.

Chaque gilet jaune a pris conscience de son identité et du fait que, collectivement, unis, les gilets jaunes pouvaient agir et vaincre ! Ça c’est de la Politique, ça c’est la Démocratie !

La démocratie représentative que ceux d’en haut nous proposent n’est qu’une
farce ! Sous prétexte d’efficacité, ils nous demandent d’élire nos maîtres. Le seul but que poursuit cette minorité d’exploiteurs est de faire en sorte que rien ne change de façon à continuer à jouir de ses privilèges. Les Gilets Jaunes ont rompu leurs chaînes, il y avait un avant 17 Novembre, il y aura un après. Aucun des gilets jaunes ne sera plus jamais pareil à ce qu’il était avant !

La proposition du RIC (référendum d’initiative citoyenne) paraît intéressante au
premier regard. Mais ne nous y trompons pas. Cette mesure ne remet pas en cause
l’organisation hiérarchique de la société et le fait qu’une poignée de politichiens sans scrupule restera à la manœuvre. Elle ne remet pas cause leurs fonctions, ni même le bien fondé de leur existence. Avec ou sans RIC, ils resteront à leur place et continueront leurs pratiques ignominieuses. Quant bien même une proposition serait émise, ils noieront le poisson, la reformuleront, l’amenderont jusqu’à ce qu’elle perde tout son sens.

Choisir le RIC, c’est accepter de parler à cette bande de maffieux, c’est leur donner de l’importance. S’ils possèdent du pouvoir, c’est uniquement parce que nous leur en reconnaissons. Nous ne partageons rien avec ces gens, ils nous appellent les gueux et les sans dents ! Mais qui veut encore continuer à leur parler ? Nous n’avons pas besoin de maîtres, de multiples expériences historiques le prouvent.

À nous d’inventer de nouvelles formes d’organisations, de nouveaux outils
pour nous coordonner, pour décider ensemble, pour agir ensemble. Par leurs actions, les Gilets Jaunes ont montré leur volonté de reprendre en main leur destin collectif, c’est l’Histoire que nous écrivons en ce moment dans la rue ! Ne laissons plus à des élus professionnels (l’état de la planète et de la société prouvent
suffisamment leur incompétence et leur malhonnêteté !) le soin de décider de notre
avenir ; des assemblées populaires hebdomadaires de quartier, de village, d’entreprise peuvent parfaitement gérer le bien commun. Et ensuite, nous pouvons nous coordonner avec d’autres quartiers, d’autres villages et d’autres entreprises, etc ... harmoniser l’offre et la demande, les possibilités et les besoins.

Ceci n’est qu’une idée parmi tant d’autres, les Gilets font preuve depuis le début
du mouvement d’une formidable intelligence collective. D’autres idées fourmillent
immanquablement dans la tête de chacun d’entre nous.

C’est dans l’échange avec les autres et dans les pratiques collectives que nous
trouverons comment vivre Notre véritable Démocratie.

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COMMENT FAIRE GRÈVE SANS LES SYNDICATS ?

Dans le secteur privé, le droit de gréve est un droit reconnu à tout salarié dans l’entreprise. II n’est pas nécessaire que la majorité des salariés ou tous les salariés de l’entreprise y participent. C’est un droit individuel mais qui s’exerce collectivement. Par conséquent, un salarié peut faire gréve mais il ne peut pas le faire seul (sauf s’il accompagne un appel à la gréve lancé au niveau national, ou s’il est le seul salarié de l’entreprise), il faut donc être au moins deux.

La gréve est définie comme étant la cessation collective et concertée du travail en vue d’appuyer des revendications professionnelles.

Pour être valable, elle doit réunir les 3 conditions suivantes :

* Un arrêt total du travail, mais il n’existe aucune durée minimum ni maximum et elle peut être répétée.

* Une concertation des salariés, donc une volonté collective, ainsi l’appel d’un syndicat à faire gréve n’est pas nécessaire.

* Des revendications professionnelles (revendications salariales, portant sur les conditions de travail ou la défense de l’emploi par exemple) Un mouvement de gréve peut être déclenché a tout moment, les salariés qui veulent utiliser leur droit de gréve n’ont pas à respecter de préavis. Elle est licite même si elle n’a pas été précédée d’un avertissement ou d’une tentative de conciliation avec l’employeur.

L’employeur doit cependant connaître les revendications professionnelles des salariés au moment de son déclenchement. Les salariés ne sont pas tenus d’attendre le refus de leur employeur de satisfaire leurs revendications pour entamer la gréve. Le salarié gréviste n’est pas tenu d’informer son employeur de son intention d’exercer son droit de gréve.

Aucun salarié ne peut être sanctionné, ni faire l’objet d’une discrimination (par exemple en matière d’augmentation de salaire) pour avoir fait gréve. Tout licenciement motivé sur ce fondement est nul.

Textes de référence : Code du travail , articles L1132-1 a L1132-4, article JL2511-1 et articles R3243-1 4 R3243-9

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Il y a quelque chose de pourri en Macronie

Depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes des faits plutôt troublants et
inhabituels viennent perturber les diverses manifestations. La récurrence de certains
événements nous invite à nous interroger sur les méthodes du gouvernement Macron.

Par exemple, le 1 7 Novembre, les Gilets Jaunes qui occupaient le rond point de
Balma Gramont à Toulouse se sont retrouvés aux prises avec au moins 4 ou 5 provocateurs passablement énervés. Ceux-ci étaient armés de cutters et avaient des barres de fer à portée de main. Le dialogue avec eux paraissait impossible. J’ai pu néanmoins discuter avec l’un d’entre eux et j’ai constaté qu’il ne ne connaissait ni le quartier Bagdad, ni la place Abbal. Il n’était donc certainement pas Toulousain. Leur présence à cet endroit m’a étonné car je sais qu’il est rare de voir des jeunes personnes se lever à 7h. du matin un samedi, pour aller faire leurs courses dans une grande surface. Pur hasard certainement.

Le soir en rentrant chez moi j’ai appris que de nombreux incidents similaires avaient eu lieu sur l’ensemble du territoire. Un ensemble de malheureuses coïncidences certainement.

Quelques jours plus tard, à Marseille, des petits caïds de cité faisaient pression à l’aide de paint ball et de menaces sur les lycéens des quartiers pour que ceux-ci
retournent étudier. Quelle bonne surprise d’apprendre à quel point les grands frères se souciaient de la réussite scolaire des plus jeunes. Un esprit mal tourné aurait pu penser à une trêve tacites entre brigade des stups et dealers pour assurer la paix sociale. Mais ceci, bien sûr, ne peut pas être le cas.

Enfin, le dernier fait polémique et trouble entourant la révolte des Gilets Jaunes
est l’apparition des symboles antisémites. Pour participer depuis le début du mouvement aux manifestations, sur les ronds points que je fréquente je n’ai jamais entendu proférer une seule parole antisémite par un gilet jaune. A n’en pas douter, ce mouvement étant par essence populaire et regroupant toutes les personnes exploitées, quelles que soient leurs origines ou leurs idées, en révolte contre le
système, il est facile à des militants d’extrême-droite, des racistes et des anti-sémites de revêtir un gilet jaune pour tenter de diffuser leurs idées nauséabondes. Mais cette présence est ultra minoritaire, totalement à la marge et les gilets jaunes, à maintes reprises ont expulsés de leurs manifestations ces infâmes manipulateurs.

Depuis le début du mouvement, les médias, pour influencer l’opinion publique, ont donné des gilets jaunes une image totalement fausse et ont masqué le caractère social de leur action. Qu’une personne fasse une quenelle dans une manifestation regroupant plusieurs milliers de gilets jaunes et la photo se retrouve en une des médias. Que des nazillons soient virés par des gilets jaunes d’une manifestation et
étrangement presque aucun média n’en parle.

La première question à se poser est de chercher à savoir à qui profite le crime ? A
quelques nazillons à la recherche de publicité ? C’est une possibilité. Mais nous
avons surtout pu constater, la vitesse voire l’empressement, d’une réponse du monde politique à ces accusations : on isole des faits, on les amalgame et on les mets en boucle sur les radios et télés publiques et privées. On crie à l’"Union sacrée" contre l’antisémitisme, l’antisionisme et le racisme. Pour faire diversion et servir le capitalisme, les politiciens sont capables d’instrumentaliser les pires horreurs du nazisme. Le pouvoir, mais aussi les partis politiques et les syndicats tenus à l’écart du mouvement des Gilets Jaunes, tentent d’utiliser ces douloureux événements pour faire leur retour sur le devant de la scène. Ceci n’est pas une supposition, c’est un fait !

Il n’y a pas de faits troublants ni de coïncidences en Macronie ; il n’y a que des
intentions au service d’une stratégie : en Macronie il n’y a pas de place pour la lutte de classe. Les Gilets Jaunes affirment le contraire.

Voyez donc ceux qui nous gouvernent.

Voyez de quoi ils sont capables.

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Être et avoir

Qui sont les Gilets Jaunes, qu’ont ceux qui les critiquent ? Les Gilets jaunes sont essentiellement, pour ceux que j’ai eu le plaisir de rencontrer, des travailleurs. Des
personnes qui gagnent ou ont gagné leurs salaires, leurs vies, grâce aux efforts qu’ils font ou ont fait et à l’huile de coude.

Enfin, quand on parle de gagner sa vie, cela devient de plus en dur : le travail ne paie plus. Après avoir trimé toute sa carrière on se retrouve avec une retraite de merde, et avec nos salaires après le loyer, les impôts et les crédits, il en reste pas lourd...

Ceux qui critiquent les gilets sont des possédants. Le petite bourgeoisie bien pensante et propre sur elle, donneuse de leçons et moralisatrice. Elle peut se dire
progressiste mais ne comprend pas le mal qu’il y a se faire payer un loyer exorbitant tous les mois par un plus pauvre qu’elle. Ils ont un bon salaire, meilleur que le notre, auquel vient s’ajouter les rentes et le bénéfice qu’il tirent de leurs possessions et de leurs placements en bourse.

Ne nous voilons pas la face, les riches ne sont pas riches par ce qu’ils font, mais ils le sont pour ce qu’ils ont ! Toute la politique fiscale de Macron est fondée sur ce principe. Il ne cherche pas à ce que le travail soit mieux payé, il cherche à ce que les
fortunes de ses amis leurs rapportent encore plus.

Les journalistes qui tentent de salir le mouvement par leurs mensonges éhontés, la mise en exergue de détails insignifiants, et leur mauvaise foi dont ils font preuve font parti de la deuxième catégorie. Ils sont bien intégrés dans ce système, beaucoup doivent posséder plusieurs logements et de nombreux livrets.

Ceux qui critiquent les Gilets Jaunes ont quelque chose à perdre !
Pour le conserver, ils sont prêts à tout !

Les « philosophes » invitent à tirer sur la foule et les « intellectuels » osent
nous traiter de fascistes quand le gouvernement use d’une répression particulièrement violente et propose des lois autoritaires allant à l’encontre
de la liberté individuelle la plus élémentaire ! Pour conserver leurs biens, ils sont prêts à fouler au pied toutes les idées et toutes les valeurs qu’ils se disent représenter. De Morale, ils n’ont pas, tout juste une moralité pacificatrice et réactionnaire visant à maquiller leurs vices et leurs esprits corrompus.

Face à eux, qui ne cherchent qu’à paraître, et dont la seule identité ne tient que dans ce qu’ils possèdent ; nous, nous sommes ! Nous sommes ensembles, nous sommes en mouvement et nous sommes déterminés !

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