Un Autre Futur n°158

spécial premier mai

Dimanche 15 avril 2018, par cnt // Un autre Futur

Un Autre Futur n°158 version pdf

 Nous sommes tous des premiers de cordée

Le modèle que nous proposent les politiciens est simple. Un est au-dessus et les
autres sont en dessous. Ils nous proposent ce modèle car ils comptent bien être ceux qui sont au-dessus. Et nous, ils nous maintiennent en dessous.

La tête sous l’eau ou presque, nos salaires nous permettent à peine de respirer et de vivre.
Ils nous disent qu’il faut un chef pour nous montrer la voie. C’est FAUX ! Nous pouvons et nous devons grimper et construire ensemble.

Pas les uns en dessous des autres, mais les uns à côté et avec les autres.
La corde pour nous assurer les uns les autres, c’est la SOLIDARITÉ ! Elle n’est pas verticale, mais horizontale. Nous montons tous ensemble, à chacun son chemin, mais si
quelqu’un tombe, les autres le retiennent. Nous écoutons les conseils de ceux qui escaladent avec nous. Nous déterminons ensemble quel est le meilleur passage.

Comme dans une mêlée de rugby, nous poussons ensemble ! Que l’adversaire
soit une montagne à gravir ou des chefs qui veulent garder le pouvoir, nous devons agir de la même manière. Ils cherchent à nous diviser pour régner, nous devons être solidaires pour les dégager.

Nous voulons être libres, nous voulons être dignes. Il est assez de se faire marcher dessus. Nous n’avons pas besoin de premier, nous sommes tous les premiers de
cordées !

 Chez Tisséo : On harcèle et on fait payer cher

Peut-être vous souvenez-vous du fait divers toulousain largement répandu par les médias sociaux : Éva, une jeune fille de 16 ans a été l’objet de remarques sexistes d’un passager sur la ligne 1.
Quand ce dernier a commencé à s’exhiber en ouvrant sa braguette, Éva lui a demandé d’arrêter et
elle est allée voir le conducteur. Or le conducteur a affirmé ne rien pouvoir faire et lui a simplement
conseillé de porter plainte. Éva et sa mère n’ont pas été les seules à être choquées.

En vérité, le harcèlement sexiste monte à bord chez Tisséo malgré leur récente campagne de
pub.

Pourquoi le conducteur n’a pas réagi ?

1. Parce que le harcèlement sexuel n’est pas un vrai enjeu pour Tisséo : Si Éva avait été
une contrôleuse et l’homme en question un « fraudeur », le conducteur serait-il intervenu et aurait-il bloqué les portes ?

2. Parce que le conducteur n’a pas reçu une formation appropriée pour régler ce genre d’incidents ?

ou
3. Parce qu’il s’en était aperçu simplement trop tard pour intervenir ?
Dans le cas du harcèlement comme dans celui de la « guerre contre les fraudeurs », les pubs
de Tisséo cachent les vrais problèmes. Une pub ne remplacera jamais un conducteur vigilant et bien
formé. Une pub ne fera pas non plus disparaître ceux qui ne peuvent que difficilement payer leur
ticket, même à prix réduit.

Juillet 2017 a marqué la fin de la gratuité pour les seniors et les chômeurs en fin de droit
de Pôle Emploi. Ces derniers doivent payer 15€/mois depuis le début de l’année alors que
certains gagnent moins que les chômeurs indemnisés qui en revanche conservent leur ticket gratuit. C’est cela que Tisséo a l’audace d’appeler une tarification « solidaire ».

Notre solidarité sera du côté des délaissés de l’État et de ses entreprises .