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MALAISE DANS LE POP-CORN

Publié le 10 février 2013

ROBESPIERRE & LE POP-CORN

Il aura fallu que je me rende, le 13 décembre dernier, au
Tribunal de grande instance d’Auch à l’audience dans laquelle
trois dirigeants de la société Nataïs – ainsi que cette société en
tant que telle - poursuivaient en diffamation trois ex-salariés, pour
que j’en apprenne une bien bonne. Figurez-vous qu’en ce « Palais
de justice », je fis ce jour-là une découverte sidérante, celle d’une
nouvelle définition de l’anarchisme et des anarchistes ! Car, si j’ai
bien compris la péroraison de l’avocat de Nataïs, est un dangereux
anarchiste… tout individu qui tente de faire appliquer la loi en
vigueur ! Renversant. Heureusement, j’étais bien assis.

Un procès, tout le monde vous le
dira, c’est un peu comme une pièce de
théâtre. Aussi, avant d’en résumer les
principales scènes, il convient d’en
camper le décor, ou, pour mieux dire,
d’en rappeler les prolégomènes.

Tout commence par une grève
auto-organisée. L’unique grève de l’histoire
de Nataïs. Las de leurs conditions
de travail et de leur trop maigre rémunération,
les ouvrières et ouvriers de la
production s’étaient donc mis en
grève. Que réclamaient-ils ? Essentiellement
ce que la Convention collective
nationale applicable à cette entreprise
leur reconnaît de plein droit, un « 13e
mois ». Cette convention, les dirigeants
nataïsien refusaient – et refusent toujours - de l’appliquer. Dans les prolongements
de cette lutte et pour continuer
à revendiquer leurs droits les plus
légitimes sous une autre forme, des
salariés ont alors créé un blog. Ce blog
a déplu à la direction. Elle poursuit
trois anciens salariés pour diffamation
tout en menant une campagne active
de licenciement visant essentiellement
des anciens grévistes (à l’exception de
ceux encartés à la CGT). Ajoutons,
pour ceux qui l’auraient oublié, qu’après
la Cour d’appel d’Agen, c’est la
plus haute instance juridique française,
la Cour de cassation, qui a arrêté quelle
était la convention collective applicable
voici plusieurs années. Mais, dans le
Gers profond, un arrêt de cassation ça
n’a manifestement pas plus d’intérêt
que ma première couche-culotte. Il n’y
a pas une seule autorité pour imposer
son application… C’est donc dans le
déni absolu des règles basiques du
droit que se situe le « noeud gordien »
de cette affaire de pseudo-diffamation ;
mais tout le monde n’est pas Alexandre
et surtout pas les dirigeants de Nataïs,
qui loin de trancher le dit nœud
comme il aurait convenu, semblent
prendre plaisir à l’embrouiller.

Parler de « camp » devant un « Allemand », une injure raciale ?

Un beau matin, le PDG de Nataïs,
Monsieur L., décide de se connecter
sur le blog du collectif de ses salariés
en lutte pour de meilleures conditions
de travail. Certainement s’attendait-il à
y trouver des alléluias à sa gloire, des
chants de louanges pour le remercier
de la vie idyllique qu’il procure aux
smicards et précaires de Nataïs, car il a
été peiné par sa lecture, surtout par
quelques lignes se plaignant de l’ambiance
exécrable « comme dans les camps,
en 40 ». Quoi, vous avez écrit « des
camps » ? Et « en 40 » en plus ? Mais
c’est une grave
injure raciale ça !
Vous ne voyezpas
le lien avec
le patron de
Nataïs ? Nous
non plus. Mais
Monsieur L., lui,
le voit. Il est,
nous apprend
son défenseur,
allemand. Et
alors ? Alors,
nous affirme-t’il,
parler de « camp » devant un « allemand », c’est constitutif en soi
d’une injure raciale. Il n’y a rien à ajouter.
Et encore moins à démontrer.
Point barre donc. Les anciens déportés
et autres résistants auront intérêt à surveiller
leurs propos, si le tribunal venait
à valider un tel raccourci !

Ça c’est pour le « fond » de cette
première accusation de diffamation.
Pour la forme, elle est simple. Un huissier
et un expert ont été nommés. Le
premier a fait le relevé des adresses IP
des ordinateurs qui se seraient connectés
sur le site. Au vu du relevé, l’expert
a fait son rapport. Il en ressort qu’il ne
peut y avoir de certitude quant à l’auteur
du message en question. Mais, que
l’expertise ne permette pas de conclure,
ce n’est pas ça qui va arrêter
Monsieur Nataïs. Lui, manifestement il
« sait ». Est-ce par divine inspiration ?
Comme il n’a pas daigné venir à la
barre, la question n’a pu lui être posée.
Dommage. Mais son doigt vengeur
avait déjà désigné une coupable :
Madame F., littéralement jetée à la
porte de l’entreprise – avant même le
procès – sous une qualification infamante.
Elle est tombée des nues en
apprenant l’accusation et ne s’en est
pas encore remise. Ni militante ni
même syndiquée, mais certainement
pas raciste – ça, jamais - Mme F. vit
cette accusation comme une humiliation,
comme si on voulait la marquer
au fer rouge.

Mais qui sont les Thénardier ?

Là ne s’arrêtent pas les plaintes, car
Monsieur et Madame R, de la direction
des ressources humaines de Nataïs, ont
suivi l’exemple de leur dirigeant et sont
allés, à leur tour, surfer sur internet. Eux
aussi, semble-t-il, ont été peinés du
manque de gratitude des salariés à leur
égard. Comment auraient-ils pu se douter
que les centaines d’intérimaires qui
se succèdent sur la chaîne de production,
que les travailleurs virés, que ceux
qui restent encore mais qui s’épuisent à
la tâche, n’étaient pas illuminés par la
joie ? On vous le demande. Ce brave
couple a été troublé en lisant, dans un
des messages, une référence aux
Thénardier. Ils s’y sont reconnus.
Comment ? Pourquoi ? Nul d’autre
qu’eux ne le sait, mais pour eux, c’est
une évidence. Comme ils ont préféré ne
pas venir au tribunal, la question n’a pu
leur être posée non plus. Dommage.
Mais cela ne les a pas empêché de trouver
une coupable. Cette fois-ci, c’est
Madame M., qui, elle, se demande bien
de quoi on lui parle en lui attribuant ce
message anonyme : quand elle va sur le
blog, elle signe toujours de son véritable
prénom. Quant au dénommé Victor
Hugo –à l’origine du crime - il n’a qu’à
bien se tenir. Heureusement, après vérification,
il ressort qu’il a fait des
Thénardier des gargotiers, pas des
DRH. Ça devrait lui permettre d’échapper
à un procès. Enfin, on espère.

Exceptio veritatis

S’avance alors le troisième accusé,
Monsieur C. Il se défend seul. Il reconnaît
les écrits qui lui sont reprochés.
Oui, il a traité dans un de ses messages
Monsieur L. de « dictateur ». Il assume
son propos sans hésiter. Il rappelle à la
barre que, d’après la définition du dictionnaire,
un dictateur est celui qui
impose sa loi aux autres en bafouant la
loi commune. Il rappelle également que
la société Nataïs et son PDG ne respectent
pas la Convention collective nationale
applicable et cela malgré un arrêt
de la Cour de cassation on ne peut plus
clair. Il en ressort que Nataïs viole les
règles communes et impose sa propre
loi à ses subordonnés. Par conséquent,
conclut-il, le terme de « dictateur » s’applique
au sens propre, au patron de
Nataïs, c’est-à-dire à notre cher
Monsieur L. On commence à comprendre
pourquoi le Monsieur L. en question
a choisi de ne pas venir à l’audience…
peut-être y a-t-il des choses qu’il
préfère ne pas entendre.
Cerise sur le gâteau, l’accusé,
Monsieur C., est l’ancien directeur commercial
de Nataïs. C’est lui qui, ayant sa
claque de cette entreprise a fait voici
plusieurs années condamner Nataïs par
la Cour d’appel d’Agen puis par la Cour
de cassation pour non-respect de la
convention collective. Il sait donc particulièrement
de quoi il parle. Pour en
rajouter « une couche », il informe le tribunal
qu’il dirige actuellement une
entreprise de 80 salariés

Nataïs contre Robespierre

A partir de là, le procès dont la coloration
surréaliste n’avait échappé à personne
bascula carrément dans le loufoque.
Car, faute d’avoir des arguments
réels à faires valoir, l’avocat des plaignants
avait basé toute sa stratégie sur
une seul ligne d’attaque : présenter les
accusés comme de dangereux anarchistes,
ennemis jurés de la République, de
ses lois et de ses institutions.
Manifestement, il n’avait pas été mis au
courant qu’un des trois inculpés était un
patron décomplexé et qu’il allait être
totalement impossible de le présenter
comme militant d’un dangereux
« syndicat anarchiste ». C’est donc
devant ce chef d’entreprise médusé et
devant une salle qui avait de plus en plus
de mal à contenir son fou rire que,
n’ayant pas le temps de modifier sa
péroraison, il se lança dans des lamentations
sur le sort des malheureux dirigeants
de Nataïs qui, d’après sa propre
expression « n’en peuvent plus » à cause de
l’action d’un « syndicat anarchiste ». Il
convoqua ensuite le défilé des spectres
féroces. Le défenseur de Nataïs jeta ses
foudres avec lyrisme sur Danton et
Robespierre, transformant, pour la
cause nataïsienne, ces pères fondateurs
de la République française en de dangereux
anarchistes. Rien ne nous fut
épargné, ni l’évocation des « piques sanglantes
 » de 1793 ni le retour de la lugubre
guillotine sur la place publique.
L’effet sur le tribunal semblant insuffisant,
l’avocat se lança dans une évocation
des « juifs » et des « nazis ». Tout
ceci, rappelons-le, à propos d’une affaire
de pop-corn et de convention collective…
L’effet attendu ne se produisant
toujours pas, le défenseur de Nataïs en
revint aux « anarchistes », à leur critique
de la « justice bourgeoise », à leur défense
du « prolétariat »… autant de choses
manifestement horribles, tellement qu’il
en arriva lui-même à frissonner.

Citation directe et abusive

La plaidoirie de maître Casero, en
défense des deux premières salariées,
nous permit de quitter le train fantôme
Nataïsien pour revenir au réel.
L’avocate souligna le caractère abusif de
la procédure de citation directe
employée par la puissance financière
que représente Nataïs à l’encontre de
deux ex-grévistes réduites au préalable
au chômage. Elle démonta patiemment
toute la procédure, mit le doigt sur ses
nombreuses failles et finalement pulvérisa
l’ensemble des accusations.

Le verdict est attendu pour le 28
février 2013.

HITLER ET LES MENNONITES - Suite et non fin
Dans ses deux plaintes, et en particulier dans celle contre la CNT, Nataïs revient
longuement sur les mennonites et le régime hitlérien pour nous accuser de
racisme. Raisonnement lamentablement fallacieux s’il en est ! Ce qui est clair, c’est
qu’il y a là quelque chose qui « démange » du côté de Nataïs. Aussi nous ferons-nous
un plaisir de revenir sur le sujet en temps utiles, d’autant que nous avons trouvé une
ou deux petites choses supplémentaires. En attendant, et puisque de mennonites il
est question, saluons la diffusion d’un premier reportage télé sur cette communauté.
Voici ce qu’en dit le réalisateur : le « fonctionnement [de la communauté mennonite
qu’il a filmé] est celui d’une … théocratie. Ce sont les pasteurs qui font la loi. C’est très
fermé, parfois sectaire… [Les pasteurs] on les sentait extrêmement récalcitrants, désapprouvant
notre présence. Ils me regardaient un peu comme le diable, pour eux la
télévision est un objet du malin. ». Ambiance, ambiance.
Au cas ou Nataïs voudrait porter plainte contre ces horribles propos, et pour lui
épargner des recherches plus ou moins approximatives, nous lui livrons les coupables
 : l’interview du réalisateur Bernard de la Villardière est tirée de « Le Parisien », le
reportage a été diffusé par M6 (Enquête exclusive). De la Villardière, Le Parisien, M6,
tous d’horribles racistes ?

+++++

SUR LA ROUTE DU TOUR DE FRANCE

Monsieur le procureur de la république. J’ai l’honneur, pour le compte de ma
cliente, la SAS Nataïs, Société par Actions Simplifiée au capital de
4 000 000 euros, immatriculée au Registre du Commerce et des Sociétés d’Auch sous le numéro 434 739 496, dont le siège se trouve Domaine de Villeneuve à Bezeril (32130)… de déposer plainte entre vos mains pour les faits matériels décrits ci-après, susceptibles de relever des délits :
- d’atteinte à la paix publique prévus et réprimés par les dispositions des articles 431-1 et 431-2 du code pénal, - de dégradation et détérioration, délits prévus et réprimés par les articles 322-1, 322-3, 322-15 et 322-7 du code pénal, - et de menaces, délit prévu et réprimé par les dispositions des articles 222-17, 222- 14 et 22-18-2 du code pénal, faits dont elle a été victime directement, ainsi que certains
de ses salariés, à l’occasion des manifestations qui se sont tenus (sic) à
Samatan le 16 juillet 2012, sur la route du Tour de France cycliste...

Ainsi commence la plainte déposée par Nataïs à l’encontre de la CNT-AIT.

Et ça continue, un peu plus loin :
« … entrave caractérisée à la liberté du
travail de la société Nataïs et de ses
salariés, de façon préparée et concertée,
au moyen de voies de fait et de dégradations…

 », « … menaces proférées par les
membres du groupe à l’encontre des
salariés de la société Nataïs…
 ». Les
faits, conclut le plaignant seraient
« d’autant plus graves que ce syndicat
invoque ouvertement des principes et des
moyens d’action anarchistes, c’est-à-dire
anti-républicains, mettant en cause au-delà
de la plaignante [la bienfaisante
entreprise Natais], la sécurité publique
 ».
Menaces, dégradations, détériorations
et surtout, atteinte à la paix
publique et, encore plus, à la sécurité
publique … bigre, la révolution aurait-elle
commencée dans le Gers sans que
nous nous en soyons rendu compte ?
Soyons sérieux et revenons-en au
fait : cette plainte vise en tout et pour
tout une simple distribution de tracts
on ne peut plus pacifique.

Le 16 juillet 2012, le Tour de France
faisait étape dans le Gers, à Samatan,
pas loin de Bezeril. Nataïs, ne voulant
pas rater cette occasion de se faire de la
publicité, avait décidé d’y tenir un
stand. C’était son droit. Les licenciés
de Nataïs, ne voulant pas rater l’occasion
de faire connaître leur situation,
avaient décidé de distribuer des tracts.
C’était leur droit. Mais cela a tellement
déplu à Nataïs que l’entreprise a porté
plainte ouvertement contre la CNT-AIT,
signataire du dit tract.

A lire les articles du code pénal
invoqués pas Nataïs, on s’attend à ce
qu’il y ait eu, sinon mort d’homme, du
moins du sang. Car, tout de même,
c’est d’ « atteinte à la sécurité
publique » - quelque chose qui n’est pas
loin du terrorisme international -, que
la CNT-AIT est accusée. Or du sang, il
n’y en a pas eu une goutte. Quand aux
« dégradations et détériorations » reprochées
à la CNT-AIT, il m’a fallu plusieurs
lectures pour réussir à comprendre
de quoi il pouvait bien s’agir : tout
simplement du fait qu’un inconnu,
aurait retiré des mains de deux enfants
des cornets de pop-corn en leur indiquant
que ce n’était pas bon pour leur
santé. Qui était cet homme ? La plainte
ne le dit pas, mais tout porte à penser
que c’était… le père des deux
enfants.

Quant à l’atteinte à la « liberté de
travailler », l’histoire est encore plus
croustillante. Elle repose sur le témoignage
de la « victime », une certaine
Nelly C. Laissons lui la parole : « … un
groupe de personnes… se sont mis à distribuer
des tracts de propagande. Ils n’étaient
pas tout à fait une dizaine et portaient
des tee-shirts floqués de la couleur
jaune, comme les animateurs du tour de
France. J’ai mis quelques secondes avant
de comprendre ce qui se passait. J’ai
arrêté de tourner la machine à pop-corn
pour m’avancer
 ». Résumons. Mme
Nelly C. est dans la cahute Nataïs en
train de faire tourner la machine à pop-corn.
Personne ne s’adresse à elle. Elle
voit, à distance, sur la voie publique,
une dizaine de personnes distribuer
des tracts – entre parenthèse, avant
même de les avoir lu, elle sait qu’il
s’agit de « tracts de propagande ». Elle ne
signale aucun incident, aucun danger
pour elle ni pour le stand. C’est elle - et
elle seulement - qui décide alors,
comme une grande, d’arrêter de faire
tourner la machine à pop-corn. Elle
décide, toujours toute seule, de quitter
son poste de travail et de s’avancer vers
eux pour leur porter la contradiction.
Et ce sont des « faits » comme celui-ci
qu’on ose qualifier d’entrave à la liberté
du travail ? D’atteinte à la sécurité
publique ? Car les autres « témoignages
 » sont de la même eau. Mais rien
n’arrête Nataïs qui poursuit : « Ces faits
… sont extrêmement graves car depuis
de nombreuses semaines, la société
Nataïs et ses dirigeants font l’objet d’attaques
incessantes dont celle-ci est une
première manifestation physique violente
… ». Une attaque physique ?
Violente ? Où ça ?

Puisqu’il n’y a eu aucun fait délictueux
pendant la distribution, faut-il en
conclure que c’est notre tract lui-même
qui prête le flanc à la critique ? Et bien
non. Bien qu’il soit qualifié de « propagande
 » ou de « diffamatoire », bien
qu’il soit reproduit in extenso dans l’accusation,
il ne fait l’objet d’aucune
réfutation. Pourtant, notre tract, c’était
une longue liste de faits, de faits concrets,
souvent chiffrés. Si un seul des
faits était inexact, il était facile de le
réfuter. Le problème, pour Nataïs, c’est
que tout était parfaitement exact.

Au total, qu’est-ce que c’est que
cette plainte contre la CNT-AIT, qui
s’ajoute à la plainte en diffamation
contre 3 salariés, qui s’ajoute à une
vague sans précédant de licenciements,
qui s’ajoute à tant d’autres choses ?
Qu’est-ce que c’est, sinon une manœuvre
pour entraver notre activité syndicale
 ? Qu’est-ce sinon une volonté de
nous faire taire ? Une tentative de nous
intimider ? Autant de tentatives qui
sont vouées à l’échec : nous ne sommes
pas intimidables.

La suite au prochain épisode.

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