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Un Autre Futur - octobre 2010

Publié le 2 octobre 2010

SEPTEMBRE, MOIS DES MIETTES

Avec cette histoire de l’allongement des retraites,
on aura entendu beaucoup d’explications
de part et d’autre. Qu’il soit d’ordre financier ou
économique, chacun y est allé de son refrain :
médias ou anonymes, partis politiques ou
« citoyens », syndicats ou salariés... tout le monde
s’est penché sur le gâteau et a donné son avis pour
savoir comment le partager.
Alors ce mois de septembre on aura vu des
manifestants, nombreux, qui
dénonçaient l’injustice du
système de répartition des
richesses. On aura lu les
sondages, écrasants, qui disaient
l’immoralité d’une loi
qui, en condamnant les
vieux à travailler davantage,
pousse les jeunes à plus de
chômage.
Seulement voilà : ni argument
massue, ni manifs
géantes ; tout cela ne suffit
pas.

Cela ne suffit pas, car
nous sommes dans une
« démocratie » dans laquelle
ce qui compte, ce n’est pas
l’opinion de la majorité et encore moins les considérations
éthiques. Nous sommes dans une
« démocratie représentative » dans laquelle, par le
biais d’élections diverses, le partage du gâteau ne
dépend que de celui qui tient le couteau.

Cela ne suffit pas, et c’est la leçon de l’affaire
Woerth-Bettencourt, car ceux qui détiennent ce
couteau sont « en affaires » avec les financiers et
les grands patrons, c’est-à-dire avec les plus gloutons,
avec ceux qui ne veulent jamais laisser aux
autres que des miettes. Ce que l’on appelait autrefois
l’alliance du capitalisme et de l’Etat, se résume
maintenant à un fait objectif : le Pouvoir assume
sa fonction principale, qui est de s’exercer
contre la population.

Cela ne suffit pas parce qu’on nous a endormi
avec la fable d’un droit de vote tous les cinq ans,
alors que l’exploitation et la répression sont quotidiennes,
parce qu’on nous a endormi avec le
mythe du syndicalisme, aujourd’hui embourbé
dans les marécages du corporatisme et des élections
professionnelles.

Que le pouvoir puisse ainsi
faire ce que bon lui semble
en dit long sur l’état d’une
société entière réduite à
l’impuissance. L’enjeu
majeur de la situation est
bien là. C’est bien avec cette
impuissance qu’il faut en
finir. S’il s’agit bien de préparer
la généralisation de la
grève, le tout est de savoir
comment s’y prendre.

Pour les militants de la
CNT-AIT, il s’agit en premier
lieu d’enclencher un
mouvement auto-organisé,
c’est-à-dire qui ne soit pas
sous le contrôle des politiciens ou des professionnels
du syndicalisme.

Nous pensons que partout où on peut le faire,
il faut multiplier les discussions à la base (entre
nous, jeunes, ouvriers, précaires, chômeurs,
retraités...) et multiplier les assemblées. Plus cela
mûrira, et plus nous nous sentirons en mesure
d’entrer dans la bataille pour défendre notre
dignité et notre liberté, ensemble et au même
moment, avec les méthodes efficaces que nous
aurons choisies.

++++

Quand Ils Vous Disent « Insécurité », Répondez :

INSÉCURITÉ, c’est le mot fétiche du gouvernement.
Il lui sert à tout : à faire oublier la corruption
des « élites », à détourner l’attention du
chômage et des retraites, à augmenter le racisme
et l’oppression. Avec le mot « insécurité », l’Etat
se croit tout permis. Mais la véritable insécurité
n’est pas là où ils le disent. Alors, la prochaine fois
que quelqu’un recommencera à vous gonfler avec
l’insécurité, répondez-lui : Voici où est la véritable
insécurité :

- Accidents du travail : En 2008 la rapacité des
patrons (négligence des mesures de sécurité,
cadences infernales, stress...) a tué 569 travailleurs.
44 037 autres s’en sont sortis, mais avec
une incapacité totale... et une allocation ridicule.
- Destructions d’emplois : En 2009, les patrons
ont détruit 250 100 emplois, poussant dans l’insécurité
économique 250 100 familles. Sans compter
les 1 700 000 de « salariés pauvres », tellement
mal payés qu’ils vivent en permanence l’insécurité
sociale (ne pouvant plus payer leur loyer, le gaz,
l’électricité, les transports...)
- Famine : A l’échelle de la planète, le capitalisme
condamne 1 000 000 000 de personnes à l’insécurité
la plus totale : celle de mourir de faim. Un
scandale, surtout quand on sait que les 500 personnes
les plus riches gagnent autant que les
416 000 000 habitants du monde les plus pauvres !

ET, QUAND ILS OSENT VOUS PARLER de
« guerre nationale contre les voyous » (discours
de Sarkozy à Grenoble), rappelez-leur que les
vrais voyous sont en col blanc, détournent des
millions d’euros, trichent sur les comptes et sur
leurs impôts,... et que nous n’avons de pas de
leçon à recevoir de ces gens là !

Kevin

++++

RACISME D’ETAT

période bizarre en France, où le racisme d’Etat contre
les Gitans passe « comme une lettre à la poste »,
et devient du coup le discours à la mode chez les politiciens
de droite. Un ministre reste en fonction après
une condamnation pénale pour incitation à la haine
raciale. Toute contestation de cette politique est systématiquement
taxée d’angélisme ou de caricature. Cette
hystérie anti-Tsigane est parti de l’affaire Luigi
Duquenet, jeune Gitan de nationalité Française, tué par
un gendarme à St Aignan, mais ce sont les Gitans
Roumains qui ont été désignés à la répression. Ce qui se
passe en France est inédit en Europe depuis la 2ème
guerre mondiale.

M.

TRAITER un policier DE « MERDE »,
lui expliquer qu’Il fait « un MÉTIER DE Con »
le menacer, le bousculer...
Sans Avoir Aucun problème, c’est possible !
Il suffit d’être le fils Du patron de la police
 [1]

Voici les faits. Le 18 février 2009 à 23 heures 50, à Paris,
un brigadier de police interpelle le conducteur d’un
« ...scooter de couleur rouge faisant des slaloms et des dérapages sur
le trottoir... ». Il constate : « il sentait l’alcool. Cet individu a commencé
à m’insulter : ‘‘Tu fais un métier de con, je vais te
muter à la circulation’’. .. il m’a poussé une fois au niveau de
la poitrine, il a essayé une deuxième fois... il m’a invectivé : ‘‘je vais
t’exploser, tu n’es qu’une merde’’ . » [2]
Si un jeune Rom, ou tout simplement un enfant de fauché
moyen avait fait ça, tout le monde connaît la suite :
garde à vue, passage en flagrant délit, condamnation pour
outrage et coups et blessures sur agent de la force
publique... ce qui va, même pour un mineur, jusqu’à deux
ans de prison et 7 500 euros d’amende. Tous les jours, des
personnes se retrouvent direct dans la case prison pour
moins que ça !

Pourtant, plus d’un an et demi après les faits, notre
sympathique conducteur de scooter n’a eu absolument
aucun ennui. Son dossier n’a même pas été transmis au
Parquet. Il a été classé sans suite au commissariat. La raison
 ? Son papa s’appelle Frédéric Péchenar. Il est directeur
général de la police nationale. C’est un grand ami d’un
certain Nicolas Sarkozy et un grand partisan de la « tolérance
zéro »... pour les enfants des autres !

Il y a tout de même une enquête en cours. Pas pour
savoir qui a donné l’ordre de classer sans suite, mais pour
savoir qui a communiqué la photocopie du dossier aux
journalistes ! [3] Ils n’ont honte de rien.

Jules

Le tueur Du fuyard était un gendarme,
le tortionnaire DE la vieille dame un ancien

On se souvient de l’émotion causé par l’assassinat de
Suzanne Degeilh, 97 ans, tuée à son domicile toulousain
à coups de poing dans la figure. Le meurtrier vient
d’être arrêté cette semaine. Il s’agit d’un ancien... gendarme.
En 2008, Joseph Guerdner, en garde à vue pour une
banale affaire de vol, a affaire à un autre gendarme. Bien
qu’il soit menotté et attaché aux chevilles, il tente de s’échapper.

Le gendarme Christophe Monchal lui colle alors
7 balles dans la peau, dans le dos. Ce gendarme vient d’être
acquitté par les assises. De quoi redonner de l’espérance
au meutrier de Suzanne Degeilh : en arrivant à son procès
en uniforme, au train où vont les choses, il repartira
acquitté....

Denis

++++

Vite on est pressé

- PATOIS DANS LE
METRO : LA MAJORITE
DES TOULOUSAINS EST
CONTRE MAIS çA NE
CHANGE RIEN.

Le maire
l’a souligné : il y a « opposition
de la majorité des voyageur
 » au patois dans le
métro. Après des mois
« d’expérimentation », il serait
logique de tirer la conclusion.
Mais, quand il s’agit
du patois, il n’est pas
question de logique : au
lieu de supprimer la bande
son, une nouvelle sera
enregistrée ! C’est vraiment
prendre les toulousains
pour des imbéciles.
En fait, le lobby occitaniste
(qui arrache petit à petit
les plaques de rue en français
pour ne laisser que
celles en patois) fait
comme le gouvernement
pour les retraites : il est
sourd à la majorité de la
population et il mène une
guerre d’usure pour lasser
tout le monde.

- RETRAITES : LES DEPUTES
DONNENT L’EXEMPLE...
DE CE QUI SERAIT
BIEN POUR TOUT
LE MONDE.

Jugez-en :
Avec seulement 5 ans de
« travail », la retraite d’un
député à 60 ans est au
niveau de la retraite
moyenne de la population.
Au bout de 10 ans il empoche
3 000 euros de retraite
par mois. Après 15 ans,
4 500 euros, cumulable
avec d’autres pensions.
Les cotisations des politiques
ne dépassent pas
22,5 ans (à comparer avec
les 42 ans qu’ils nous
imposent). Le régime des
« représentants du peuple » a
un déficit de 52 millions
par an. Comme disait
Coluche, c’est pas grave,
« c’est nous qu’on paye ».

- PENDANT QUE LES
DEPUTES S’ABSENTENT,
LES FAMILLES SE FONT
COUPER LES ALLOCS.

Avec 16% d’absentéistes
chroniques (sans compter
les absences perlées), les
députés sont certainement
la profession qui a le plus
fort taux d’absence. Et
c’est eux qui viennent de
décider de supprimer les
allocations familiales aux
familles dont les enfants
sont absents à l’école.
Certes, l’école est certainement
une chose importante,
mais, si y être
absent mérite qu’on vous
coupe les allocs, que méritent
alors les députés
absents ? Sauf à penser
que voter les lois est
moins important qu’aller
au cours de gymnastique...

- ELLE EST PAS BETE,
LA MERE ELISABETH.

Pour chauffer sa chaumière
de Buckingham-Palace,
elle n’a rien trouvé de
mieux que de demander
une aide exceptionnelle
prise sur le budget de l’aide
sociale... Pourvu que
Carla n’ait pas la même
idée...

++++

La France & le Niger

Grande est la désinformation autour de l’enlèvement
des 5 Français au Niger. Les médias
sont unanimes quand il s’agit d’ignorer le rôle
d’Areva dans le pillage des ressources au Niger.
Et que dire de la version officielle qui fait passer,
encore une fois, la France (et Areva avec) comme
les « sauveurs de l’Afrique » et qui veut aussi faire
passer les les Africains pour des barbares, justes
bons à être soit des terroristes, soit des bandits
mafieux.

Parmi les choses systématiquement
« oubliées », les propos de ce responsable d’Areva
qui en appelle à mater la rébellion des Touaregs.
Tout cela sur fond de rudes négociations pour
faire main basse sur l’uranium local, la Chine
étant aussi dans le coup.
Mais, à la télé, à la radio, dans les journaux :
aucune explication sur le fond de la question, et
toujours la même litanie anti-terroriste et le
même discours raciste pour cacher la réalité.

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La Menace fantôme

Pour détourner l’attention de ses détournements
de fonds avec les grands patrons, le
gouvernement actuel n’hésite pas terroriser les
gens, à nous faire peur pour nous diviser.
Ils nous disent que les roms sont des voleurs
de poules, mais eux ils nous volent des milliards.
Comme beaucoup de gens se sont aperçus de ce
piège, ils ont élargi la cible.
Alors, ils cherchent à nous effrayer, ils
essayent de tout faire pour que nous ayons peur
de notre voisin. Ils nous disent que c’est dangereux
de sortir et de manifester, qu’une bombe
peut être placée par un méchant terroriste peut
exploser n’importe où !
Mais qui fait régner ce climat de peur et d’angoisse
 ? Qui a intérêt à ce que nous ne nous
regroupions pas pour lutter ?
Le pouvoir sait qu’unis, nous sommes plus
fort que lui. C’est pourquoi il nous divise.

++++

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