Pour se protéger...

Pour masquer une situation de pénurie en moyens de prévention en l’État français a commis deux gros mensonges :

  • Sur les masques qui seraient en nombre suffisants pour les soignants ...
  • Sur l’idée que ce ne serait rien d’autre qu’une « grosse grippe »

Et une demi vérité, sur la population à risque : le virus touche certes les personnes fragiles et âgées. Mais il existe des cas de décès de jeunes, par choc cytokinique notamment. De toute façon ce genre d’argument est puant, il nous rappelle celui qui
était balancé au début des années 80 pour relativiser l’épidémie de SIDA « qui ne touchait que les pédés ».

 SOYONS CLAIRS

Le Coronavirus du Syndrome Respiratoire Aigu Sévère, abrégé en SARS-CoV 19, peut entraîner des infections respiratoires dont les manifestations vont du simple rhume à un syndrome respiratoire sévère, nécessitant hospitalisation pour intubation et ventilation. Il ressort des études récemment publiées que 80 à 85% des sujets infectés n’ont pas ou peu de symptômes, alors que 15 à 20% développent une maladie plus sévère, Comme le SARS COV 19 est très contagieux, nous allons vite arriver à la saturation du système hospitalier, déjà au bord de l’asphyxie en temps normal du fait d’une politique délibérée de casse de l’hôpital public depuis plus de 20 ans.

DIMINUER LES CONTAMINATIONS CROISÉES, POUR SE PROTÉGER

La contamination croisée se produit lorsque une partie de notre corps, en général les mains, touche une surface infecté inerte, ou vivante (autre personne, animal domestique) et que par la suite elle se porte sur de notre visage. Les directives gouvernementales sont valables sur ce point. Il faut y ajouter :

Désinfection systématique de surfaces qui peuvent être touchée par nos mains, poignées de porte, de robinets , claviers divers ... Le SARS-CoV-2 est sensible aux désinfectants usuels tels que l’eau de Javel à 0,5%, l’eau oxygénée ou l’alcool à 70% selon la norme EN 14476 s’ils sont utilisés suivant les recommandations du fabricant (respect de la concentration et du temps de contact). BIEN LIRE
L’ÉTIQUETTE OU LE MODE D’EMPLOI ! (source : Société Française de Microbiologie (SFM - 21/02/2020 ).

Désinfection des mains plusieurs fois par jour et chaque fois que vous avez le sentiment que vos mains sont sales : gel HDA (pénurie) , savon de Marseille en respectant bien les consignes et le temps.
Attention à la re-contamination par les robinets d’eau ! Préconisons les lavabos à commande non manuelle (IR, pédale ou c système au coude). Pour le séchage : dévidoir de serviettes en papier jetables sinon laisser sécher naturellement.

Le port de gants jetables en latex ou vinyl peut être judicieux s’ils sont correctement utilisés (si vous touchez un surface contaminée avec des gants et que vous touchez ensuite votre visage cela ne sert à rien). Les gants doivent être régulièrement changés, par exemple toutes les deux heures.

 SE PROTÉGER SOIT MÊME, POUR PROTÉGER LES SIENS ET SES COLLÈGUES

Évidemment la transmission se faisant aussi par voie aérienne, plus on est loin du virus mieux c’est ...

Pour se protéger si besoin (et notamment les métiers exposés) :
Masques FFP1 (pénurie) pour protéger les autres ;
Masques FFP2 (pénurie) pour se protéger soi même. A défaut, on se protégera avec des mouchoirs jetables , certains fabriquent leur masque avec un litre à café ...

ATTENTION : Une barbe (même naissante) réduit l’étanchéité du masque au visage et diminue son efficacité globale.
( http://www.inrs.fr/risques/biologiques/faq-masque-prote )
Lunettes , plus elles sont hermétiques mieux c’est .

 DROIT DE RETRAIT

En situation de contamination, l’absence d’équipements de protection collective ou individuelle légitime le recours du droit au retrait des salariés. L’article L4131-1 du Code du travail stipule que « Le travailleur alerte immédiatement l’employeur de toute situation de travail dont il a un motif raisonnable de penser qu’elle présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé ainsi que de toute défectuosité qu’il constate dans les systèmes de protection. Il peut se retirer d’une telle situation.

L’employeur ne peut demander au travailleur qui a fait usage de son droit de retrait de reprendre son activité dans une situation de travail où persiste un danger grave et imminent résultant notamment d’une défectuosité du système de protection. »
Mais les Capitalistes et l’Etat veulent absolument nous faire bosser, même si il y a un risque pour nous, car pour eux le vrai danger serait un arrêt massif et simultané du travail (l’équivalent d’une grève générale …), qui viendrait gripper la machine économique, comme cela est déjà plus ou moins en train de se produire.
Sur son site internet, le Ministère du travail consacre plus d’une page de Questions / réponses pour expliquer aux salariés toutes les situations où ils doivent retourner au boulot, alors qu’il n’y a qu’une seule ligne en ce qui concerne les employeurs.
La brochure du même ministère rappelle qu’en cas de crise épidémique de toute façon le droit de retrait est quasi inexistant :
« Le ministère du travail s’est déjà prononcé sur l’exercice du droit de retrait en situation de crise dans le cadre de la circulaire DGT n° 2007/18 du 18 décembre 2007 relative à la continuité de l’activité du secteur privé en cas de pandémie grippale, ainsi que dans la circulaire DGT n° 2009/16 du 3 juillet 2009 relative à la pandémie grippale.
En situation de crise, les possibilités de recours à l’exercice du droit de retrait sont fortement limitées, dès lors que l’employeur a pris les mesures de prévention et de protection nécessaires, conformément aux recommandations du gouvernement, sous réserve de l’appréciation souveraine des tribunaux. ».

 DROIT DE GRÈVE

Par contre, il y a une autre liberté constitutionnelle (article 7) qui elle peut (encore) s’appliquer en tout temps, c’est le droit de grève ! Dans le privé, la grève n’est soumise à aucun préavis. Il n’y a pas besoin d’une autorisation ni des syndicats ni du patron. Il suffit d’être au moins deux salariés, d’avoir des revendications en lien avec les conditions de travail, et au moment du déclenchement de la grève d’afficher les revendications sur la porte du bureau du patron. On évitera la réunion de concertation avec les syndicats, déjà inutile en temps normal mais désormais totalement déconseillée en ces temps de crise virale.

Pour mémoire, L’Art. R. 4228-1 stipule « L’employeur met à la disposition des travailleurs les moyens d’assurer leur propreté individuelle, notamment des vestiaires, des lavabos. ». L’Article R. 4228-7 précise « Des moyens de nettoyage et de séchage ou d’essuyage appropriés sont mis à la disposition des travailleurs ». En période de contamination virale, des moyens appropriés ce sont des lavabos propres, à commande non manuelle (IR, commande à pied), réapprovisionnés régulièrement en savon et en gel hydro-alcoolique. Le personnel doit bénéficier de pauses régulières, non décomptées du temps de travail, pour se laver les mains (par exemple toutes les deux heures …)

 POUR SA SANTÉ MENTALE, SE PRÉMUNIR DES THÉORIES COMPLOTISTES

La santé est un état total de bien être, physique, mental et social (définition OMS). La peur panique, la psychose sont autant d’indicateurs d’une mauvaise santé. On voit fleurir sur les réseaux sociaux notamment, des théories toutes plus fumeuses les unes que les autres au sujet de l’origine du virus. Non le virus n’est pas sorti du laboratoire clandestin d’un savant fou, pas plus qu’il ne fait partie d’un plan machiavélique de domination de l’Univers. Les mutations virales sont un phénomène naturel et les épidémies sont des phénomènes connus depuis la nuit des temps. Mais il est vrai que dans l’état actuel du Monde, avec un Capitalisme globalisé qui échange à la vitesse quasi instantanée les marchandises et les individus (il faut désormais moins de 12 heures pour se rendre de France en Asie alors qu’il fallait plusieurs mois il y a à peine 120 ans), c’est un fait que les virus circulent aussi plus vite et partout …

Mais la vérité, c’est que même si cette crise était - comme toutes les catastrophes naturelles - difficilement prévisible quant à son lieu et sa date d’apparition, elle n’en était pas moins prédictible : les maladies infectieuses émergentes, dont 75 % sont d’origine animale comme le Coronavirus, ont quadruplé au cours des cinquante dernières années.
Or l’Etat n’a rien fait pour anticiper cette crise sanitaire. On nous dira que l’Etat ne peut pas penser à tout. Certes, mais ce même Etat a bien su, en Juin 2019, passer commande pour le ministère de l’Intérieur, de 25 millions de cartouches de fusil d’assaut et de 40 000 grenades de désencerclement pour les 4 années à venir. Qui a dit que l’Etat ne savait pas faire preuve d’anticipation face aux crises ? Par contre, factuellement, deux mois après le début de l’épidémie de Coronavirus, l’Etat n’avait toujours pas constitué de stock de masques FFP2. La santé de la population ou la préservation de son pouvoir … Chacun ses priorités …

Les théories du complot au fond servent les Pouvoirs (Etat, Capitalisme) qui plutôt que de passer pour des imbéciles et des incapables, préfèrent passer pour des méchants. Attribuer l’origine du Coronavirus à une puissance étatique, c’est donner aux Etats le beau rôle, même si c’est un rôle « noir », alors qu’en fait ils rament pour essayer de maintenir l’illusion qu’ils sont utiles à quelque chose … Il est donc essentiel pour notre santé mentale et sociale de ne pas relayer ces théories fumeuses. Et même de les dissiper au même titre que toute illusion sur le rôle positif que pourrait jouer l’Etat, les gouvernements successifs ont démoli, petit à petit, les uns après les autres, le système de santé publique dans la période de « ‘paix », avec les conséquences que nous subissons aujourd’hui en période de « guerre ».

Des travailleurs de la santé