LA RÉPRESSION EST UN OUTIL DE L’ÉTAT, DÉMOCRATIQUE OU PAS !

Il y a quelques mois, un sénateur macroniste du nom de Claude Malhuret faisait le malin à l’assemblée nationale, en se moquant ouvertement des gilets jaunes à coup de « bon mots » qui a fait bien rire l’assistance LREM, notamment le premier sinistre Édouard Philippe. Ils faisaient mine d’avoir oublier que courant décembre 2018, le gouvernement Macron ne faisait vraiment pas les malins face à cette colère populaire. Ils se sont également permis de railler les revendications des GJ en les qualifiant de « trous noirs ». Non seulement ces gens là n’ont rien compris à ce qu’est ce mouvement (et probablement qu’ils n’y comprendront jamais rien !) mais on pourra apprécier en plus leur cynisme et leur mépris.

Ils ont beau considérer ce mouvement avec condescendance, il dure tout de même depuis bientôt un an. À ce jour nos rigolos du gouvernement ont foutu environ 440 personnes en prison ! Pas mal pour un mouvement si « peu sérieux » ; ils en ont donc visiblement toujours la trouille !

Comprenons-nous bien : quand un état même « démocratique » se sent menacé, il utilise toujours la répression et l’arbitraire afin de préserver leur statut social, leur fric et leurs intérêts financiers plus ou moins honnêtes qui vont rarement (jamais ?) dans le sens de l’intérêt général. La bourgeoisie (et nous parlons bien de ce qu’ils sont dans la vraie vie) quand elle a peur n’a plus rien de « démocratique ». Le parquet a ainsi mené une politique répressive, en proposant des peines lourdes, en parfaite harmonie avec volonté du gouvernement macron de casser ce mouvement à tout prix. Nous assistons donc à une répression judiciaire inédite que ne renieraient pas bon nombre de dictatures à travers le monde, au point que l’Iran ou la Russie se sont permis d’ironiser sur le sujet.

Depuis le début du mouvement des GJ, environ 11 000 personnes auraient été placées en garde à vue, dont 2200 ont été classées sans suite et 2400 ont conduit à des « décisions d’alternative aux poursuites ».
4700 affaires ont fait l’objet de renvoi devant les tribunaux. Un peu plus de 3000 condamnations ont été prononcées. Un tiers de ces condamnations ont donné lieu à des peines d’emprisonnement ferme allant de quelques mois à 3 ou 4 ans ! De nombreuses enquêtes sont toujours en cours et 150 informations judiciaires ont été ouvertes.

Tout le monde constate que jamais les forces de l’ordre n’ont autant utilisé de LBD 40 ( lanceur de balles de défense ), lancé autant de grenades lacrymogènes et de désencerclement. La répression anti-gilet jaunes est une occasion supplémentaire pour restreindre encore un peu plus les libertés publiques. Ceci n’est pas nouveau car depuis 20 ans nous subissons Vigipirate avec son lot de militaires patrouillant dans les gares et parfois dans la rue comme dans une dictature militaire.
Comme si cela ne suffisait pas, le gouvernement a légiféré en 2017 pour rendre permanent l’état d’urgence promulgué au lendemain des attaques de novembre 2015. Il a alors inscrit des mesures liberticides, jusqu’alors d’exception, dans le droit commun. Toutes ces lois sécuritaires ont été adoptées soi-disant pour lutter contre le terrorisme, par contre nous avons pu en constater l’efficacité quasi nulle. De plus, personne dans les gouvernements successifs n’en a fait un bilan sérieux mais ce qui est certain, c’est que tous ces dispositifs restreignent un peu plus les libertés publiques et facilitent grandement les interpellations arbitraires.

Si l’état agit de la sorte c’est qu’il a peur, et si il a si peur c’est peut être que les gilets jaunes touchent une corde sensible. Il est donc logique qu’il y ait autant de répression. Leur « démocratie », n’est plus alors qu’un conte pour les enfants, puisque dans les faits le pouvoir en place nie nos droits fondamentaux et les libertés essentielles. Il en fait la preuve chaque jours, en remettant en question tout ce qui a été acquis de haute lutte comme le droit à la retraite après une vie de labeur, ou l’assurance chômage à laquelle beaucoup de gens ont recours un jour ou l’autre.