MACRON ON S’EN FOUT ON NE VEUT PLUS DE PRÉSIDENT DU TOUT-

Samedi 13 juillet 2019, par CNT-AIT - Toulouse // Gilets jaunes

« Macron, on s’en fout, on ne veut plus de président du tout ! » ; c’est ce slogan sans ambiguïté que quelques milliers de gilets jaunes toulousains pleins d’enthousiasme clamaient dans les rues de la ville rose ce samedi de mars.
Pas mal non, pour des gens que médias et intellectuels bien pensants s’accordent à qualifier de racistes, antisémites, violents, casseurs et surtout dépourvus de tout sens politique !

Pas mal pour un mouve« Macron, on s’en fout, on ne veut plus de président du tout ! » ; c’est ce slogan sans ambiguïté que quelques milliers de gilets jaunes toulousains pleins d’enthousiasme clamaient dans les rues de la ville rose ce samedi de mars.
Pas mal non, pour des gens que médias et intellectuels bien pensants s’accordent à qualifier de racistes, antisémites, violents, casseurs et surtout dépourvus de tout sens politique !
Pas mal pour un mouvement qualifié par les mêmes que précédemment de poujadiste parce qu’à ces débuts, en novembre il revendiquait , simplement une baisse des taxes sur les carburants !

Quel chemin parcouru depuis cette époque ! ment qualifié par les mêmes que précédemment de poujadiste parce qu’à ces débuts, en novembre il revendiquait , simplement une baisse des taxes sur les carburants !
Quel chemin parcouru depuis cette époque !

Sur les ronds points, dans les assemblées ou les manifestations, les gilets jaunes échangent, confrontent leurs opinions, partagent leurs idées, leurs rêves, leurs utopies… Ils appréhendent la réalité du monde, découvrent les pièges de la politique, les fourberies des politiciens, la vraie nature des médias . L’expérience les rend circonspects : plus question de faire amis-amis avec la police, plus rien à attendre des syndicats paysans ou des camionneurs.

Quatre mois après le début du mouvement, les gilets jaunes ne comptent plus que sur leurs propres forces. Pour les réduire, l’état pourtant n’a pas lésiné sur les moyens : diffamations et mensonges, violences policières, procès et emprisonnements.

Malgré cela, la détermination des gilets jaunes ne faiblit pas et ils font preuve de beaucoup de sens politique. Les gilets jaunes ne sont ni politologues, ni historiens et pourtant leur bon sens leur permet d’éviter les pièges tendus par le pouvoir. Pour qu’un mouvement social soit crédible, nous disent les experts de la langue de bois, il faut qu’il se dote très vite de représentants, de porte paroles, d’orateurs vedettes de l’audimat capables de mettre les médias dans leurs poches, il faut qu’il ait une organisation, des structures nécessairement hiérarchiques et même pourquoi pas des permanents. En bref, il faut qu’il soit comme tous les partis politiques, tous les syndicats représentatifs.

De ce modèle, clairement, les gilets jaunes n’en veulent pas. Au diable la structuration du mouvement, chaque groupe est farouchement attaché à son autonomie, chacun possède son mode de fonctionnement, sa liberté d’action. Au diable la représentation monolithique du mouvement : chaque gilet jaune est libre de penser et d’exprimer ce qu’il veut mais sa parole n’engage que lui et il le précise. Quand un groupe de gilets jaunes choisit un représentant , c’est toujours avec un mandat précis et pour un moment très précis, et le mandaté devra rendre compte de la manière dont il a rempli son mandat. C’est ainsi que s’organise l’assemblée des assemblées qui réunit des groupes de gilets jaunes venus de toute la France. Car si les gilets sont les ennemis de toutes les institutions hiérarchisées, ils ne sont pas contre l’organisation à condition qu’elle soit parfaitement horizontale, ils ne sont pas contre l’ordre à condition qu’il soit librement consenti .

Ces réunions inter-groupes, ces assemblées des assemblées qui réunissent des centaines de personnes permettent de dialoguer, de confronter les opinions et de voir l’état de la réflexion de chaque groupe. Pas de leaders chez les gilets jaunes, pas de maîtres à penser mais une foule de gens heureux d’être ensemble, de réfléchir et de lutter ensemble. Patiemment, sans précipitation, insensibles aux sirènes des médias, des partis, du pouvoir, les gilets jaunes construisent leur mouvement.

Ils sont nombreux les partis politiques qui aimeraient pouvoir se réclamer des gilets jaunes lors des prochaines élections, qui aimeraient ainsi pouvoir grappiller des voix. Si la popularité des gilets jaunes donne des sueurs froides aux tenants du pouvoir en place, elle donne aussi des envies à tous les aspirants au pouvoir et en particulier à tous les politiciens qui prétendent représenter au parlement les intérêts des classes populaires. C’est ainsi que depuis quelques semaines, des militants de partis ou de syndicats qui jusqu’alors crachaient sur les gilets jaunes viennent se mêler à leurs cortèges.

Rien d’étonnant également si certains gilets jaunes promus vedettes par la volonté des médias, manifestent leur désir de goûter eux aussi le moelleux des fauteuils du parlement européen.

Après tout, dans ce monde où les élites pensent que l’intelligence et l’absence de scrupules sont la même chose, la contestation de l’ordre établi peut devenir un des plus surs moyens ( à condition de savoir retourner sa veste au bon moment, pour accéder aux ors du pouvoir !).

Les exemples ne manquent pas d’anciens syndicalistes, de militants en pointe dans une lutte ouvrière, lycéenne ou écologique, devenus en remerciements de leurs services députés ou ministres. De dominés, les voilà devenus dominants, souvent les plus retors des ennemis de la classe exploitée. Mais la grande majorité des gilets jaunes reste insensible au chant de ces sirènes ; il y a trop longtemps que cela dure.
Refuser de participer à ce jeu de dupes qui a pour nom « élections représentatives » est la seule réponse audible et la seule qui soit digne des gilets jaunes.