Assemblée des gilets jaunes de la région Occitanie

Le 9 décembre s’est tenu près de Toulouse la 1re AG des gilets jaunes de la région Occitanie. L’appel laissait entendre une élection probable de représentants du mouvement. C’est donc avec suspicion que nous nous y sommes rendus. Car c’est bien là l’une des forces de cette révolte que d’être insaisissable pour le pouvoir, fluide, liquide. Sans représentant ou leader avec qui dialoguer, corrompre ou acheter, le gouvernement se trouve être totalement désorienté. Il était donc pour nous important pour des raisons de court et long terme, que les GJ conservent l’horizontalité qui leur avait jusqu’alors si bien réussi.

Craignant une tentative de récupération de la part des organisateurs, nous fûmes très rapidement rassurés. L’animateur de cette réunion fît rapidement part de ses préoccupations et explicita ses interrogations : il n’envisageait son rôle que pour permettre aux différents gilets jaunes présent (je dirai à peu près 400 personnes) de s’exprimer librement sur la nécessité ou non d’organiser le mouvement, et ce avec ou sans représentant. Lui même ne désirant en rien être élu comme représentant ou quoi que soit d’autre.

S’en suivi une série d’interventions de nombreux individus, limitées à 2 minutes par personne, exprimant leurs points de vue sur les questions évoquées précédemment. La majeur partie des prises de parole fût d’une qualité remarquable, lucide et tombant sous le bon sens (chose que l’on ne retrouve au demeurant que rarement dans les milieux gauchistes), même dans mes rêve les plus doux je ne pus imaginer que la vox populi put posséder de telles harmonies.

Chacune des déclarations suscitait des interrogations et des questionnements parmi le reste de l’assemblée. Chacun prenait alors progressivement conscience de la réalité et des enjeux. Comme dans tous processus révolutionnaires, l’esprit des individus asphyxié depuis des années semblait trouver un nouveau souffle, un désir et un appétit d’apprendre, de s’ouvrir à des nouveaux horizons. Il est fascinant de voir en l’espace de quelques instants les esprits s’élever et embrasser totalement, sans avoir jamais lu Bakounine ou Emile Pouget, les principes d’horizontalité et d’action directe.

Il est vrai que lors de premières interventions certains des GJ présents avaient exprimé le désir d’avoir des représentants. Suite à ces débats furent organiser deux votes, l’un pour savoir si nous voulions nous organiser, l’autre pour savoir si nous voulions des représentants. A la première question près des deux tiers des individus présents répondirent que oui, à la seconde seulement 15 personnes sur les 400 que nous étions souhaitaient encore être représentés. Il a donc été convenu que nous nous organiserions sans chef et ce autour d’un socle de revendications.

Pour reprendre les mots de l’organisateur qui avait conclu, nous pouvons dire que nous avons vécu les prémisses d’une vrai démocratie ! Ce fut un beau moment !