S.I.A. Une autre conception de la solidarité

Samedi 21 octobre 2017, par cnt // Luttes

De par son histoire, liée au mouvement libertaire espagnol, par ses actions dans l’accompagnement des victimes de la guerre civile et de l’oppression fasciste qui s’en suivit, SIA se distingue de toutes les autres organisations humanitaires dont la mission se limite trop souvent au traitement de masse des problématiques et à l’apposition de pansements sur des plaies sociales qu’elles n’ont ni les moyens, ni forcement la volonté de guérir. La charité d’antan se nomme aujourd’hui « Les restaurants du cœur » ou bien secours confessionnel ou politique, mais aucune remise en cause des injustices et du système qui les génèrent n’apparaît dans leur projet. Il est vrai que ces institutions sont tributaires de financements d’État ou de bourgeois se découvrant généreux mécènes …

Au terme de plusieurs années d’exercice de travail dit social, j’ai pu constater, bien qu’œuvrant dans des structures dont l’éthique soit très proche de la nôtre, avec des travailleurs militants ne comptant pas leurs heures, que l’offre d’aides n’était pas à la hauteur pour permettre aux personnes dans le besoin de sortir de leurs problèmes matériels, ni surtout de gagner en autonomie et en dignité. Accompagner sans assister, établir une relation égalitaire avec l’autre, l’impliquer et échanger avec lui (ou elle) dans le fonctionnement d’une association ouverte sur la réalité du monde actuel tout en restant fidèle à ses principes fondamentaux, un défi mais aussi une nécessité face à un système qui nous boulotte chaque jour un peu plus.

De mon passage à SIA dans les années 70’, j’ai le souvenir de l’exercice d’une solidarité active envers les compagnons âgés ou malades, envers les détenus et ceux qui combattaient le franquisme, mais aussi de la fonction éducative des anciens qui nous fournissaient en livres, brochures et documents divers, de la pertinence de leurs analyses, de leurs conseils qui nous firent éviter bien des erreurs, des échanges fructueux et de la chaleur de leur accueil fraternel. Cette convivialité « positive » manque aujourd’hui cruellement, le lien social se délite de plus en plus et la transmission s’avère difficile. Il est grand temps de réfléchir sur des moyens d’action adaptés à l’époque pour se ré-approprier notre vie et participer à la mise en place d’une véritable société solidaire …

Forte de son combat historique au sein du mouvement libertaire contre le fascisme lors de la guerre civile espagnole, l’engagement individuel de ses membres depuis la Libération jusqu’à nos jours, devant les nouvelles agressions contre l’humanité et à l’inacceptable traitement accordés aux plus fragiles, Solidarité Internationale Antifasciste décide de s’impliquer davantage contre les injustices et la résignation.

Restant fidèle à l’esprit initial de sa lutte pour le respect total de l’individu, SIA se destine à l’entraide envers les victimes des oppressions, étatiques, religieuses, partisanes, produites par des groupes de pouvoir contre les libertés indissociables des droits humains. SIA est indépendante de toute entité politique ou confessionnelle et n’a aucun lien de subordination envers une puissance financière, une entreprise commerciale ou autre, tant au niveau des organes de pouvoir qu’au niveau du financement. A ce titre, elle ne perçoit aucune subvention et ne fonctionne que par l’implication bénévole de ses adhérents.

SIA est fondamentalement attachée au respect de la dignité de l’homme, de la femme, de l’enfant. Son engagement est universel et humaniste. Elle combat l’intolérance, le racisme et les diverses exclusions en soutenant toute les luttes émancipatrices. SIA est fondamentalement attachée au respect de la dignité de l’Homme, de la Femme et de l’Enfant. Son engagement est universel et humaniste. SIA respecte les particularités de chaque individu et peut être amenée à le protéger et à lui venir en aide quelque soit sa communauté d’origine.

SIA a un fonctionnement collectif et non-autoritaire. Elle veille à la transparence totale en ce qui concerne la composition de ses instances, l’état de ses finances, ses choix et actions militants. Chaque adhérent bénéficie des mêmes droits à la parole, à la proposition et au contrôle du fonctionnement associatif.