CODE DU TRAVAIL

UNE INSUPPORTABLE REGRESSION

Vendredi 26 février 2016, par cnt // Travail/Salariat

Il dit « on ne touchera pas aux 35 heures », mais ce gouvernement de menteurs est en train de les faire sauter. Par exemple, il veut que les « heures supplémentaires » n’aient plus de majoration, ou une majoration ridicule. Ceux qui font des heures sup’ travailleront toujours autant (sinon plus) et gagneront moins

Il dit « on ne touchera pas aux 35 heures », mais ce gouvernement de menteurs est en train de les faire sauter. Par exemple, il veut que les « heures supplémentaires » n’aient plus de majoration, ou une majoration ridicule. Ceux qui font des heures sup’ travailleront toujours autant (sinon plus) et gagneront moins [1].

Après la destruction des temps de pose, après l’augmentation infernale des cadences… le gouvernement veut maintenant laisser les patrons gérer librement notre temps de travail, sans frais supplémentaires pour eux.
Manifestement, les gens du gouvernement et leurs complices du parlement n’ont jamais travaillé à la chaîne. Ils n’ont jamais été femmes de ménage. Ils n’ont jamais été maçons. Ni magasinier. Ni conducteur routier. Ni salariés agricoles. Ni chaudronniers. Ni… tout ce que vous voudrez. Ces gens là n’ont jamais réellement travaillé. Ça se voit tout de suite.

Le « code du travail » prévoyait jusqu’à présent quelques protections. Pour les faire sauter, le gouvernement a trouvé un argument… démocratique : pourquoi, dit-il, ne pas demander directement aux principaux intéressés, aux salariés ? Pourquoi ne pas les faire voter ? Pourquoi ne pas organiser des référendums d’entreprises ? Bref, pourquoi ne pas appliquer la démocratie directe ? La « démocratie directe » est devenue l’argument du jour.

Il se trouve que nous sommes, depuis toujours, de chauds partisans de la démocratie directe. C’est un sujet que nous connaissons parfaitement, ce qui nous autorise à faire tout de suite deux remarques :
La première, c’est qu’il n’y a pas de démocratie directe sous la menace. Quant un patron ose dire « Ou vous acceptez l’augmentation du temps de travail, ou je ferme la boite », il n’y a pas démocratie, il y a dictature du pouvoir économique.

La deuxième, c’est que, si démocratie directe il y a, on ne voit pas pourquoi elle se limiterait à ce qui arrange les patrons. En effet, il y a plein de questions à poser ! On aimerait, par exemple, connaître le résultat d’un référendum d’entreprise à la question : « Les millions de bénéfice que fait Airbus chaque année doivent-ils être distribués aux actionnaires (qui ne foutent pas une rame) ou aux salariés (c’est-à-dire à ceux qui produisent les bénéfices) ? » .

Si démocratie directe il y a, elle doit tout concerner : l’organisation du travail (et pas que le volume d’heures), les conditions de production (dont les conséquences écologiques…), la qualité de ce qu’on produit et son utilité sociale… en démocratie directe, les salariés doivent pouvoir décider de tout. Mais, à ce moment, à quoi donc serviraient les patrons ? La réponse est simple : à rien. Ça s’appelle l’autogestion. Et c’est la réponse qu’il faut leur opposer s’ils osent encore parler de démocratie directe pour cacher leurs sales manigances.

Un Autre Futur février 2016

[1Nous n’abordons qu’un aspect de cette attaque massive du gouvernement contre les travailleurs. Plusieurs numéros complets d’« Un autre futur » ne suffiraient pas à en dénoncer tous les aspects.