Un Autre Futur Septembre 2015

Jeudi 3 septembre 2015, par cnt // Un autre Futur

 Société : Travail = émancipation, ah bon...

Macron après avoir lancé son « Travailler moins ne nous fera pas gagner plus », vient d’en lâcher une grosse avec « Le travail c’est le moteur de l’émancipation individuelle ».

En tant que travailleur, je tiens à dire que c’est faux. Le travail, pour moi comme pour tant d’autres ouvriers, c’est essentiellement des gestes répétitifs et pénibles. Nous n’allons pas au travail pour nous émanciper mais pour répondre à des besoins économiques.

Si le travail était émancipateur pour tous, alors il serait facile pour les ouvriers d’avoir accès à des formations (alors qu’en réalité les démarches pour obtenir la moindre formation sont pénibles, sélectives et, quand on réussi à en décrocher une, c’est avec une diminution de notre salaire pendant la formation !).

Si par le travail on cherchait à nous émanciper, alors, le travail de nuit ne serait pas toléré (comme il l’est pour répondre aux « besoins » du marché, c’est-à-dire à la rentabilité).

Si par le travail on cherchait à nous émanciper, son organisation favoriserait la vie personnelle et familiale. Par exemple, le dimanche ne pourrait être travaillé, pour pouvoir passer du temps avec ses enfants, sa compagne ou son compagnon, se cultiver. Si le travail était émancipateur pourquoi y aurait-il autant de consommateurs d’antidépresseur et d’anxiolytiques parmi les salariés ?

Manifestement, le sieur Macron emploie un mot (le mot « travail ») dont il ignore le sens profond. C’est pourquoi je lui propose un petit stage : qu’il vienne me remplacer à l’usine pendant un mois… On verra s’il tient la cadence et s’il se sent plus émancipé après ça !

Je fais partie des travailleurs qui veulent « Travailler moins pour gagner plus ». C’est-à-dire passer plus du temps à des choses qui m’émancipent davantage, par exemple être sympathisant actif dans une Association Internationale des Travailleurs, pouvoir passer un peu de temps avec les « vieux » de mon quartier, partager un jardin collectif, entraider des personnes dans l’urgence alimentaire… devenir chaque jour plus humain au lieu de me sentir transformé en robot !

Les moteurs de l’émancipation individuelle sont l’entraide, la solidarité, les rencontres, les échanges. Le travail pourrait être effectivement émancipateur, mais ses véritables valeurs sont oubliées et font place à la concurrence et la compétitivité. Tous les articles des lois Macron (Loi dite 49.3) sont des obstacles à l’émancipation.

Un travailleur qui à soif d’émancipation individuelle

 Réflexion : La solidarité, un principe du vivant

Dans la nature les exemples de coopération réussies entre les êtres vivants individus, y compris entre des individus d’espèces différentes, sont innombrables. De même toutes les réalisations , tous les progrès de l’espèce humaine n’ont pu avoir lieu que grâce à l’appui mutuel des êtres humains. Une des conséquences de la réussite évolutive de cet esprit coopératif est le plaisir que l’on éprouve à donner et à partager.

D’ailleurs que chacun s’interroge, qu’est-ce qui est le plus viable, une société construite sur ce plaisir ou bien une société où domine la peur ? Laquelle a le plus de chance d’évoluer dans le futur ? Il est bon de savoir se poser ce genre de question, pour découvrir que vivre ce n’est pas que survivre, vivre c’est ici et maintenant poser les bases d’un avenir meilleur que le présent.

Vivre c’est défendre ce principe naturel et universel de solidarité et d’entraide. Les anarchistes n’ont jamais fait autre chose que de défendre comme ils ont pu ce principe fondamental, contre vents et marées, contre toutes les tyrannies qui d‘une façon ou d’une autre ne font que nier la solidarité. Hier comme aujourd’hui, face aux difficultés du moment, nous appelons à rejeter toutes les tentations égoïstes, qu’elles soient d’ordre individuel, d’ordre national ou d’ordre communautaire.

 Elle est pas belle la vie ?

Pendant ces deux dernières années, Michel Combes, patron d’Alcatel, a détruit 10 000 emplois.Ce 1er septembre, il a quitté sont poste, avec dans la poche une jolie « prime » de départ : pratiquement 14 millions d’euros en actions.Et il a déjà trouvé un nouvel emploi : il va prendre la tête de Numéricâble-SFR. Elle est pas belle, la vie ?