COUP DE FROID ET COUP DE GUEULE

Dimanche 10 février 2013, par cnt // 87 Logement

Le 21 décembre, une expulsion qui ne sera pas la dernière. Le premier
jour de l’hiver, alors que la trêve hivernale a déjà commencé, que les
températures ont sacrément baissé et que mettre des gens à la rue peux être
dangereux. Le Front de gauche, ou du moins ses amis du PC, aidés des forces
de l’ordre socialiste, font expulser des gens des locaux des défenseurs
de la révolution citoyenne, ceux qui affichent « l’humain d’abord ».

On comprend pourquoi il manque
le « S » à humains. Leur excuse ? Les
locaux du PC étaient insalubres, ces
gens ne pouvaient vivre dans des conditions
pareilles…

Un peu partout en France, période
de trêve hivernale ou pas, les pouvoir
publics qui parlent avec emphase de
« réquisition » pratiquent surtout « l’expulsion
 ». Quand le gouvernement parle
de « réquisition », on se demande de
quoi il parle. Que signifie ce mot pour
lui ? Vu que c’est une idée « portée » par
les écologistes, il estime peut-être que
c’est dormir dehors, au grand air ? Trêve
de plaisanterie. Il y a les mots, et puis il
y a surtout les actes. Un acte vient d’être
rappelé ci-dessus. En voici un autre,
ce 4 décembre dernier : 20 personnes –
dont des enfants – expulsés. En cause,
un bâtiment appartenant à la mairie de
Saint-Denis qui venait d’être vendu.

Ensuite l’expulsion d’une mamie de
94 ans de sa maison de retraite pour
cause d’impayés. Sans oublier toutes les
expulsions, dans toutes les villes, là où
se développent des luttes de « logement
direct » ou des campagnes de « réquisition
 » autonomes.

L’État expulse de suite en promettant
des réquisitions… pour plus tard.
Des gens réquisitionnent tout de
suite… et l’État n’attend pas plus tard
pour les expulser avec des menaces de
procès à la clef.

Il y a les mots et les actes. La
Campagne de Réquisition d’Entraide et
d’Autogestion (CREA) a déjà permis de
loger plus de 200 personnes. Elle
répond avec très peu de moyens mais
beaucoup de volonté aux besoins des
gens eux-mêmes, au besoin d’avoir un
toit. L’État ne fera rien pour ces gens,
sauf des procès.

On l’a déjà dit, mais on ne cessera de
le répéter : personne ne doit dormir ou
vivre dehors - sauf choix personnel
librement exprimé. Mais, en réalité, personne
ne fait ce choix librement. Ce
sont nos conditions de vie, notre quotidien,
qui peuvent nous amener un jour
à nous retrouver sous un carton, dans la
rue, en plein hiver. A qui la faute ?

Il y a des maisons, il y a des bâtiments,
qui sont vides. Il faut continuer à
les remplir et agir par rapport aux
expulsions qui se déroulent devant
notre nez, même si c’est dur de se mobiliser
massivement pendants les expulsions
à 6 heures du matin et d’avoir un
véritable rapport de force devant tant
de moyens utilisés pour détruire la
Campagne de réquisition d’entraide et
d’autogestion, car elle dérange beaucoup
cette campagne, elle dérange ceux qui
sont au chaud à l’Élysée et autres palais
dorés de la république. Pourquoi ? Tout
simplement parce que, en principe, c’est
le boulot de la gauche de faire du social
(c’est pas pour ça qu’ils se nomment
« socialistes » ?). Mais il y a les mots et il
y a les actes.

La solidarité doit se faire par tous les
moyens possibles. Le premier, c’est en
donnant de notre temps. Bien sûr, le
temps, ça nous manque déjà beaucoup,
avec nos semaines bien remplies, le travail,
les enfants à s’occuper, le ménage,
se distraire, souffler, les amis, le compagnon
ou la compagne, la vie de tous les
jours… dur de trouver du temps. Mais
quand on cherche, on peut trouver, ne
serait-ce qu’un peu, un peu c’est mieux
que rien. Se renseigner, en parler autour
de soi, dire ce que l’on pense des expulsions,
envoyer des courriers de protestation
aux responsables, leur dire un
« mot » bien senti quand ils font des
« pots » et autres manifestations
publiques, envoyer des mails, des fax,
informer ses relations, discuter avec les
gens, se rassembler, aider matériellement
la campagne,... ce ne sont que
quelques idées.

Chacun selon ses moyens, selon sa
volonté, selon ses envies, selon ses possibilités,
selon ses actes, fera que demain
tout le monde aura un toit. Solidarité,
arrêt immédiat de toutes les expulsions.

C.