Scènes ordinaires de la vie quotidienne... des pauvres

Lundi 10 décembre 2012, par cnt // Justice/Injustice

Dans la journée du 18 juin, le jeune HA a des mots avec
son ancienne amie. Leur séparation a été mouvementée.
Le même soir HA est interpellé par la police devant son
immeuble, il essaie d’appeler sa mère à l’interphone, mais
ne peut pas, il est roué de coups. Les policiers le prennent,
le jettent dans leur véhicule, leur voiture démarre vite, deux
policiers continuent à le frapper durant le trajet jusqu’au
commissariat de Gerzat.

Une fois arrivé, HA est dans une
semi-inconscience, les policiers rigolent
et disent « appelez les pompiers »
HA est amené dans une salle, les pompiers
arrivent, un médecin de permanence
prend des photos, HA est relâché.
Il a des bleus sur tout le corps et
mal à une oreille.

En soirée son père malgré sa maladie
grave se rend au commissariat
pour discuter, HA est mineur (16 ans),
et là il lui est remis une convocation
pour son fils à 9 h 30.
Le lendemain à 9 h 30, HA se présente
au commissariat avec sa maman
et une voisine qui s’est proposée pour
être interprète. La maman de HA parle
et comprend peu le français. Un policier
appelle la maman, la voisine suit
pour traduire. Elles entrent, restent
debout, le monsieur leur présente un
papier à signer. La voisine veut s’en saisir
pour traduire, le policier refuse, La
maman refuse de signer car elle ne
comprend pas ce qu’il y a d’écrit. La
maman dit : « Vous êtes comme mon
fils, mon fils aîné viendra ce soir pour
signer », Réponse de la part du policier
 : « Non je ne te connais pas signe ! »
Le policier appelle une collègue en lui
disant que la dame ne veut pas signer.
La policière dit : « Signe ! ». La maman
répond : « Non ! ». La policière la jette
dans le couloir en l’attrapant par les
cheveux. HA va voir ce qui se passe et
demande à lire ce papier à signer, encore
un refus. Le policier qui a reçu sa
maman le colle contre le mur et dit :
« Bouge pas ou je t’éclate », 7 à 8 autres
policiers arrivent à la rescousse et l’aident
à maintenir HA contre le mur.

La maman s’oppose en criant
« Lâchez mon fils ! », un policier lui
répond par un coup de poing sur le
visage, elle tombe, d’autres policiers
arrivent la maintiennent au sol et lui
donnent des coups partout sur le
corps, du sang gicle.

HA est toujours maintenu contre le
mur par plusieurs policiers, la policière
met en joue HA avec son arme. Une
personne en civil arrive et dit à HA :
« Tu bouges, je t’éclate, tu bouges, je t’éclate
 » et lui donne deux claques. Les
policiers tirent la maman jusque dehors
ainsi que son fils pendant que d’autres
s’activent à nettoyer le sang au sol et
sur leur vêtements. La voisine qui a
assisté à la scène est complètement saisie,
elle sort du commissariat. Le commissariat
est fermé.

HA et sa maman rentrent comme
ils peuvent à leur domicile ou ils téléphonent
au fils aîné.

Celui-ci se rend avec eux et la voisine
au commissariat, il appelle la police
toujours enfermée dans le commissariat
afin d’obtenir des explications, de
nombreux policiers sortent par un portail
réservé aux voitures. Il questionne :
« Pourquoi cela ? ». Réponse :
« Monsieur il faudrait se calmer sinon ce
sera la garde à vue
 ». Le papa malgré sa
maladie arrive et parle avec le commissaire
qui apparaît. Le père s’exprime, le
commissaire ne dit rien, Le fils ainé
dit : « Papa cela ne sert à rien tu parles
à un mur
 », le commissaire dit :
« Votre fils a raison  ». La maman
crie : « Vous n’avez pas honte de m’avoir
fait ça ?
 ». La policière qui l’avait
déjà malmenée dit : « C’est bien fait,
c’est bien fait
 ». La maman fait un malaise.
Ils se rendent au CHU ou une personne
les informe d’un rassemblement
de soutien au commissariat de
Clermont-Ferrand à 18 h, où ils se rendent.

Un policier invite la maman à rentrer,
ce que tout le monde refuse .Elle
ne rentrera pas seule dans le commissariat.
Un policier téléphone au service
de victimologie pour avoir un RDV
pour la maman, elle s’y rend. Le service
de victimologie refuse de lui donner
les résultats du fait que le RDV a été
demandé par la police, toutefois le
médecin affirme en garder une copie.

Pour la maman, une dent cassée,
des traces de strangulation, une fracture
du coccyx, de multiples bleus sur
tout le corps, une entorse au poignet,
une entorse à la cheville. HA a deux
côtes fêlées. Sans parler du traumatisme
psychologique.

Quelques jours après toute la
famille, le père, la mère, le fils aîné,
l’enfant mineur et la voisine reçoivent
une convocation individuelle pour une
audition. Le père, le fils aîné, la voisine
sont entendus en tant que témoin, la
mère et le fils en tant qu’accusés sous
prétexte d’outrage et rébellion sur personne
dépositaire de l’autorité
publique. L’enfant mineur est de suite
mis en garde à vue qui durera 48 h. La
maman, elle, n’est pas mise en garde à
vue à cause de son état de santé : suite
à la journée du 19 juin elle s’est vu obligée
de se rendre à la convocation en
fauteuil roulant. HA est présenté au
juge d’instruction en comparution
immédiate, il est décidé d’une mesure
d’éloignement pour sa sécurité (?) un
placement au départ pour 10 jours
dans un centre fermé à Lyon est prononcé.
Ce placement durera plus longtemps
jusqu’à son départ au Maroc
avec ses parents pour l’été. La maman
et son fils vont être jugés prochainement.
La maman, quand à elle, a porté
plainte. Elle attend toujours….

Communiqué du Réseau Anti Discrimination. Contact RAD :

resauantidiscrimination@gmail.com