GREVES, OCCUPATIONS, ASSEMBLEES

Lundi 22 novembre 2010, par cnt // Mouvement social 2010

LE MANS : RETOUR SUR LES EVENEMENTS

Au Mans la lutte a vraiment commencé au lendemain
de la manifestation du 12 octobre. Las des manifestations
inoffensives, près de 500 salariés de tous horizons
se retrouvent à 4 heures du matin au marché de gros de
la principale zone industrielle. En une heure tous les accès
de la zone sont bloqués. Le 15, c’est au tour du dépôt
pétrolier Total d’être assiégé. Evacué sans violence une
première fois, il sera repris d’assaut dès le lendemain pour
une semaine de blocage complet et tournant. Des centaines
de personnes se relaient nuit et jour, provoquant des
rencontres riches et passionnantes. Petit à petit, l’intersyndicale
se désolidarise des bloqueurs. Beaucoup d’entre
eux, notamment de la CGT transports, ne sont pas dupes
du jeu que mènent leurs bureaucrates syndicaux (...). Le
20, les CRS interviennent en nombre pour débloquer le
dépôt. Ce symbole de la lutte s’effondre à mesure que les
camions citerne font le plein. Les mauvaises nouvelles au
plan national tombent les unes après les autres (déblocages,
réquisitions, violences policières...).Dès le lundi 25,
les blocages reprennent, toujours dans un esprit interpro
et solidaire. La base fait le pressing pour que les caisses de
grève soient transparentes (celle de la . FSU depuis 2003).

CNT-AIT LE MANS

BORDEAUX : UNE MANIF ENCADREE

Malgré les accusations de manipulation, force est de
constater que beaucoup de lycéens et lycéennes ont
compris qu’au-delà de cette réforme se profilaient d’autres
reculs à venir.... Ils formaient un beau cortège ces jeunes,
bien bruyant, qui aurait pu être sympathique. Mais
hélas, ça ne faisait pas chaud au coeur de les voir comme
ça, ça donnait même une impression nauséeuse d’abord,
puis très vite révoltante. En effet, il fallait les voir, sous
tutelle par une myriade de syndicats et d’associations. Sur
la banderole qui barrait la rue entière, on pouvait voir les
logos de partis politiques (MJS, NPA, JC..)... il y avait
aussi les logos des syndicats lycéens, étudiants dans un
grand mélange de genres... Et c’est personnellement la
première fois que je voyais une banderole sponsorisée par
une marque ! Par la LMDE (La mutuelle des étudiants) en
l’occurrence. On a très vite compris que la taille de la banderole
servait à bien les parquer d’autant qu’un service
d’ordre (du PC pour une bonne part) « protégeait » les
entrées et les sorties du cortège...

CNT-AIT Bordeaux

PARIS : MOBILISATION EN DEMI-TEINTE

Depuis plusieurs années, les mobilisations sociales ont
moins d’écho à Paris qu’en province, alors que c’était l’inverse par le passé. Signe d’un « embourgeoisement
 » de la capitale ou signe du refus de l’encadrement
par les partis et syndicats (qui y ont tous leurs états-majors
et leurs SO de choc), on ne sait, toujours est-il que le
mouvement des retraites n’a pas échappé à cette évolution.
La mobilisation, compte tenu de ce qui est de loin la
première région de France par le nombre d’habitants a été
en demi-teinte. Cela n’a pas empêché les compagnons de
la CNT-AIT (SIPN) d’être présents pour appeler à une
mobilisation autonome.

GAP : ASSEMBLEE POPULAIRE

D’abord peu de gens restaient à l’Assemblée populaire.
Puis ça s’est développé et nous avons fait des
actions d’appel à la grève, des collages et des actions
coups de poing. On a envahi toutes les administrations
sur Gap : tribunaux, Conseil général, mairie, trésor public.
Le 13, un blocage avec pique-nique, atelier enfants, table
de presse et parole libre à eu lieu après la manifestation et
a duré jusqu’au milieu de l’après-midi. Le 12 octobre, dès
7 heures du matin, des tractages de soutien aux lycéens,
ainsi que des AG, se sont tenues dans plusieurs secteurs :
France-télécom, éducation, SNCF. La Poste a du mal à
démarrer. L’intersyndicale commence à être débordée et
ça les oblige à prendre des positions plus radicales... Pour
anecdote, le 12, une coupure électrique dans le centre de
ville de Gap a surpris les autorités...

CNT-AIT 05

YONNE : UN PROTOCOLE BIEN RODE

ASens, le protocole est bien rodé : le parcours des
manifs est étudié pour éviter les principaux intéressés
(entreprises pas encore en grève, retraités...). La CNTAIT,
qui vient de se recréer dans cette zone, lance un
appel à tous pour mettre fin au pouvoir des bureaucrates
et à leur protocole de pseudo-protestation.


MIDI-PYRENEES

Auch : Assemblée populaire et gersoise

Une belle manif. Même si vous y étiez, vous n’avez
peut-être pas tout vu.... Aujourd’hui, mardi 19 octobre,
belle journée ensoleillée pour une belle manifestation,
« une très belle manifestation ». Comme à l’accoutumée,
nous partîmes 4 000, et par un prompt renfort nous finîmes...
allez, on va dire 7 000. Le départ à la patte d’oie a,
comme toujours, été un peu long ; le cortège a mené tranquillement
son chemin jusqu’au rond-point de Leclerc.
Arrivée-e-s vers midi, un pique-nique était programmé.

Évidemment, beaucoup de monde a quitté la manif
à ce moment-là, pour rentrer. Mal leur en a pris, car une
AG populaire a décidé après maintes prises de paroles de
bloquer le rond-point des Justes (pour les banlieusards
comme moi, c’est le rond-point d’accès à la rocade).
Sitôt dit, sitôt fait, en route pour le rond-point. La police,
qui n’avait pas prévu le pique-nique était en nombre
minimum !!! Donc, malgré le nombre restreint de participants
(environ 300), le blocus du rond-point a été possible.
Les camions ont été les premiers bloqués, les voitures
faisaient demi-tour ou essayaient de passer en force.
Voyant cet état de fait, les camionneurs, merci à eux, ont
mis leurs engins en travers. Voir un convoi exceptionnel
transportant un mobilhome en travers de la bretelle
d’Auch, ça fait plaisir ! ... Vers 14 h 30, la majorité de la
population décide de lever le camp, de descendre la rue de
l’Yser et de bloquer le rond-point de départ, la patte d’oie.
Il fallait voir ce cortège multicolore, multi-générationnel
chanter (merci à la CRS 32) et hurler les slogans (merci les
lycéens) contre la contre-réforme, mais aussi contre le
gouvernement et son chef le président. Arrivé-e-s à 15
heures, le blocage de la place de Verdun a été levé à 16
heures.... A 16 heures, avant de débloquer le rond-point,
les manifestants ont décidé de se retrouver comme prévu
à 12 heures devant l’UMP et de refaire une AG populaire
pour décider des actions de l’après-midi...

Militant CNT-AIT d’Auch

Figeac : Lot en lutte

A la suite de la manif du 12 octobre, un collectif
(essentiellement des militants de base de SUD) avait
appelé à une réunion. Durant celle-ci, nous avons proposé
aux présents l’organisation d’une Assemblée populaire
à la fin de la manif prévue pour ce samedi. Le matin du
16 on a donc diffé un flyer non signé appelant à cette
assemblée populaire. Bien sûr, l’intersyndicale en fin de
manif a squatté la parole avec sa sono. Après leur habituel
discours, ils ont annoncé l’organisation de blocages pour
mardi. Or, trois jours avant, le responsable de la FSU locale
(qui est aussi le responsable du PC) nous avait dit que
ce type d’action ne servait à rien. Pour mémoire, depuis la
rentrée, la CNT-AIT à Figeac, appelle à s’auto-organiser
et à pratiquer des actions de blocages au lieu de se limiter
aux manifs promenades. Une personne du collectif arrive
à se saisir du micro pour appeler à la tenue de l’Assemblée
populaire. Mais de nouveau, le CGTiste reprend la parole
pour noyer le poisson. Puis c’est la Confédération paysanne...
Un compagnon reprend le micro pour expliquer l’importance de s’instituer en Assemblée populaire. Cette
fois-ci c’est la bonne, mais le mal est en parie fait : la
dispersion est presque achevée. Néanmoins une trentaine
de personnes (étudiants de l’IUT, paysans, travailleurs précaires,
chômeurs...) restent pour débattre. Un prochain
rendez-vous est pris pour le mardi midi, après les actions
de blocage, dans les jardins de l’hôpital, près du lycée
Champollion.

Militants CNT-AIT, syndicat Quercy-Rouergue

Saint-Gaudens : Les Pyrénées bougent

Appel à une assemblée populaire pour le jeudi 14, avec
proposition d’occupation de lieux sur la ville (pour
faire le lien jusqu’au samedi si possible). N’ayant pas de
centre économique important sur le secteur (ruralité et
petites entreprises), l’idée est d’afficher une solidarité avec
les blocages et les grévistes en « reconductible » par une
occupation dont le lieu (représentation d’Etat si possible)
sera choisi en AG. Pour le secteur, c’est déjà une action
d’importance.

Montauban : Dans la rue

Le jour de la première assemblée populaire de
Montauban, jeudi 28 octobre, les chefs syndicalistes
et certains politiciens présents ont essayé, et en partie
réussi, de saborder cette initiative légitime de réappropriation
de la parole par toutes et tous. Ils ont même été jusqu’à
l’utilisation de la violence (coups de manche de drapeau
contre des compagnons) ! Pourtant quelque jours
plutôt, lundi 25 octobre, au cours d’une pseudo assemblée
de grévistes supposée « ouverte à tous », ces donneurs de
leçon démocratique avaient promis publiquement qu’ils
n’entraveraient pas l’organisation de cette assemblée
populaire, et, qu’en fin de manifestation, ils baisseraient le
volume de leurs camions sonos en précisant même, alors
que nous ne leur demandions pas, qu’ils les feraient partir...
Promesse non tenue donc et remplacée par un accès
de violence. Cela a certes entravé l’assemblée, mais n’a pas
réussi à l’empêcher totalement. La 2e assemblée populaire
a réuni 6 à 7 fois plus de participants que la première,
clouant ainsi le bec aux services d’ordre des syndicats
qui ne pouvait plus nous empêcher de rien faire : Ni manu
militari, ni avec leurs sonos ! Ça fait plaisir quand on arrive
avec un peu de jus de cerveau à l’emporter sur les gros
bras des SO syndicaleux ! Les gens ont pu se lâcher et on
voyait vraiment le soulagement naître chez ceux qui prenaient
la parole. Un bon début, à poursuivre et à reprendre !

Rodez : grève à forte visibilité

C’est une grève qui ne passe pas inaperçue ! Les éboueurs
(dont certain-z’élus prétendent qu’ils peuvent bien travailler
jusqu’à 67 ans car leur activité devrait être considérée
comme un sport de loisir et non un travail) se sont mis
en repos préventif. Et tous les petits-bourgeois qui méprisent
les travailleurs manuels font semblant de découvrir,
tout d’un coup, que, sans nous, ils ne peuvent pas vivre !
Bon, peut-être aurons-nous la satisfaction de voir les militaires
ramasser nos ordures (comme à Marseille) !

Lecteur CNT-AIT