QU’IlS S’EN AILLENT TOUS !!!

Mercredi 25 avril 2007, par cnt // Écologie

« Certes nous pouvons ralentir les processus déjà lancés, légiférer pour consommer moins de combustibles fossiles, replanter en masse les forêts dévastées (...) toutes excellentes initiatives, mais qui se ramènent, au total, à la figure du vaisseau courant à vingt-cinq nœuds vers une barre rocheuse où immanquablement il se fracassera, et sur la passerelle duquel l’officier de quart commande à la machine de réduire la vitesse d’un dixième sans changer de direction. »
Michel Serres (1989)

Certains ne manquent pas d’air à l’approche des élections. Dans le democratisme ambiant où les évènements se succèdent sans avoir de lien logique apparent, nous n’avons pas oublié ceux qui au nom de la gauche plurielle faisaient la chasse aux sans papiers, aggravaient la précarité ou même théorisaient le concept de « sauvageons ». Ceux qui crient au loup sarkosyste ou nous rejouent le coup de l’antifascisme utile ont l’air de croire sincèrement en l’éternité de leur fond de commerce.

Bien évidemment la question du nucléaire, technologie mondialement stratégique, ne se résoudra pas par un simple changement de majorité politique, ni par des groupes de pression médiatiques.
Toulouse est une ville où nous avons pu vérifier lors de l’explosion d’AZF comment le pouvoir se protège en cas de catastrophe : l’armée était immédiatement déployée dans les cités (bien avant les premiers secours), et la gauche et l’extrême gauche employées pour jouer les pompiers de services face à une population qui venait de découvrir ce que l’on trafiquait au porte de la ville. Un tsunami et une inondation plus tard (Nouvelle Orléans), la méthode est confirmée, et nous savons comment le capitalisme gère les catastrophes qu’il génère.

Le renforcement militaire autour des centrales nucléaires et des points névralgiques, l’occupation policière omniprésente dans les villes, les moyens de surveillances sophistiqués laissent à penser qu’il faudra un peu plus qu’un mouvement citoyen spécialisé pour avoir l’espoir de survivre aux bombes à retardement disséminées aux quatre coins de la planète.

La proposition des énergies renouvelables occulte une question fondamentale : à quoi sert toute cette fabuleuse quantité d’énergie produite ? Au profit de qui, de quoi ?
A chaque menace ou souffrance particulière correspond une, voire plusieurs organisations contestataires, et toutes ont ceci de commun qu’aucune d’elles ne rattache jamais les souffrances qu’elle dénonce à la racine marchande de l’organisation sociale qui les produit. Au contraire ces étranges groupes sont toujours empressés de se faire reconnaître par l’état en tant qu’interlocuteurs valables à l’occasion de remise de pétitions ou de manifestations démonstratives.

La nouvelle notion de risque unanimement validée par le langage du pouvoir comme norme, comporte l’idée d’une dictature mondiale d’un nouveau genre. Sous l’apparat de démocratie du peuple justifiée par des élections au demeurant de plus en plus stupides, se cache la présence policière. Cette même police, sans quasi l’ombre d’un frisson, se permet même de chercher depuis de nombreuses années des enfants à l’école ou de bâillonner en pleine nuit des habitants pour les expulser. Bien entendu tout ceci est habilement justifié par la nouvelle donne internationale et le terrorisme. Ce mouvement continu de répression perdure et va s’accentuer quels que soient les gouvernements.

L’année dernière des pistes ont été explorées, que ce soit la révolte en banlieue ou la nouvelle forme de grève générale initiée par le CPE, cela démontre encore une fois que nous n’avons besoin d’intermédiaires d’aucune sorte. Tout comme la police et l’intersyndicale furent les premiers adversaires des luttes autonomes de l’année précédente, le citoyennisme verdâtre qui occulte la question du capital est l’allié objectif de la destruction accélérée de la planète.

Notre lutte doit se faire sans compromission et globalement : nous ne voulons rien de cette société. Une rupture révolutionnaire est en train d’émerger, sans partis ni représentants ; face à l’état d’urgence nous devons multiplier des groupes révolutionnaires de résistance.

ABSTENTION !
REVOLUTION !