Pesticides : les 1res victimes sont les travailleurs

Les Nations Unies (ONU) ont décrété 2020 l’année de la santé des végétaux. Il est vrai que l’INTEGRALITE de notre alimentation vient des plantes (directement via les céréales, les fruits et légumes ou indirectement via l’alimentation animale qui est essentiellement végétale). Et aussi 80% de l’oxygène que nous respirons. Bref, sans plantes, plus d’Humanité.

Or les végétaux sont menacés partout sur la planète : désertification, déficits hydriques, réchauffement climatique, qui ne font qu’aggraver les menaces des pestes et maladies végétales. Le libre-échange commercial mondial favorise la diffusion des ravageurs et des espèces invasives. Le modèle économique capitaliste intensifie la disparition des pollinisateurs, les déforestations et la mise en place de monocultures, véritables déserts biologiques arrosés de pesticides en tout genre.
Les pesticides justement : on nous dit qu’ils sont sans danger, leur toxicité est évalué et leur usage réglementé.
On nous chante les louanges du capitalisme normatif, qui serait capable de maîtriser l’usage raisonnable des pesticides, pour le plus grand bien - et en même temps

  • des consommateurs, de l’environnement, et des utilisateurs.

Sauf que ... une étude des très sérieuses et officielles institutions INSERM (Institut de la Recherche Médicale) et INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) alerte sur la mauvaise efficacité des équipements de protection individuels (EPI) dans les conditions réelles d’utilisation. Or les EPI sont un critère clé dans l’attribution des autorisations d’utilisation (AMM) des pesticides ...

Cette étude nous explique que les critères pour autoriser les pesticides en Europe sont tout simplement bidon. Si les normes européennes, réputées mondialement pour être les plus scientifiquement fondées et les plus restrictives, alors ne parlons même pas de la situation dans les pays du Sud où ils sont utilisés massivement. Nos compagnons de la section du Bangladesh de l’AIT, qui travaillent dans des plantations de thés en savent quelque chose...

Ce que dit aussi clairement cette étude, c’est que les travailleurs agricoles sont les premiers et les plus exposés aux toxiques polluants agricoles et que leur vie est en danger. Ce n’est pas une nouvelle réglementation dont nous avons besoin pour protéger notre santé et nos vies, c’est d’un changement radical de modèle de société, débarrassé de la cupidité et de l’égoïsme marchand. Il y a urgence ...

Un travailleur des champs