Solidarité avec A. Galindo

Notre Compagnon Antonio Nieto Galindo de la Cnt-Ait de Cieza- Murcia, après avoir purgé une peine de plus de 41 ans depuis 1979 en Espagne, sera extradé vers la France fin février/début mars 2020. Jugé par contumace, il a été condamné à 20 ans de réclusion pour un braquage à main armée auquel il a toujours nié avoir participé.

En 51 ans, soit depuis 1971, il aura passé plus de 41 ans de sa vie en cellule, sous haute surveillance. Ex-membre de la Copel [1] (Coordination des prisonniers en lutte 1976-1979 Espagne), Antonio n’a jamais renoncé à sa dignité et à ses droits. Antonio n’a jamais commis de crime de sang ni en Espagne, ni en France. Rebelle depuis l’âge de 14 ans, il a connu la détention dès ses 16 ans en France puis en Espagne dès 1971. De plus, atteint d’un cancer, l’exécution de cette peine, le condamne donc à une mort certaine en cellule et en exil.

Prisonnier « social », il aura payé cher sa lutte contre le système franquiste et post-franquiste. Et maintenant la justice française s’acharne sur lui.

42 ANS DE CELLULE, SOUVENT DISCIPLINAIRE, ENTRE 9 OU 6 MÈTRES CARRÉS :

CA SUFFIT !!!

LIBERTÉ IMMÉDIATE POUR ANTONIO .

Extraits d’une lettre d’Antonio de novembre 2019.

« Campos de « extermination » Campos del Rio Murcia
Dimanche 3 novembre.
Quelques mots pour envoyer mes salutations à tous les Compagnons de la CNT-AIT de Toulouse ainsi qu’à toutes et tous les anarchistes du Monde. Je vous remercie pour l’envoi de votre journal…

Merci aussi pour la présentation de ma situation ici en Espagne, car mon cas est pratiquement unique, vue ma possible extradition à venir. Interpol me livrera aux autorités françaises d’ici peu, étant libérable le 3 janvier en Espagne. Nous sommes à deux mois de cette date !!!

Je risque de me retrouver à Fresnes, à La Santé ou à Fleury et j’attends si cela se produit le soutien de mes amis français….

Nous savons tous très bien que nous ne sommes que de la piétaille et donc traités comme telle : ici en Espagne le système carcéral ne respecte pas les droits fondamentaux de l’être humain ; ils se réfugient derrière « leur constitution » indigne et inhumaine pour dire qu’ils sont dans la légalité. J’ai connu le régime dictatorial de Franco, les tortures physiques et mentales de leurs commissariats, des geôles spéciales de la « Guardia Civil » et celles de leurs prisons mais je peux et veux témoigner que rien n’a changé depuis l’avènement de leur « démocratie » merdique.

Pour ces raisons, à bientôt 67 ans -que j’aurai dans 2 jours- je continue la lutte avec peu de Compagnons prisonniers, oui très peu malheureusement. Je m’excuse pour mon français et mon orthographe, j’ai quitté l’école à l’âge de 14 ans et n’ai pas obtenu mon certificat d’études.
Santé et Liberté !
Antonio.

[1La Copel : un documentaire incontournable sur l’histoire de la Copel et de la lutte des prisonniers sociaux en Espagne entre 1976 et 1979 dans lequel Antonio, parmi d’autres, témoigne (sous-titré en français) :
DOCUMENTAL - COPEL : Una Historia de Rebeldía y Dignidad sur youtube.