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Bruits de bottes

Publié le 8 mai

Faut-il s’en inquiéter ? On entend beaucoup de bruits de bottes dans le monde actuellement, nombre de dirigeants tiennent des propos guerriers, ça cogite ferme au sein des états-majors, les provocations, les menaces guerrières s’enchaînent ; les actes de guerres avec leurs cortèges de victimes se multiplient.

Il y a bien sur les foyers de guerre habituels : au Yémen, en Irak, en Syrie, en Éthiopie, au Mozambique, en Birmanie, au Sahel etc (on ne peut les citer tous tant il y en a !) par dizaines, par centaines, par milliers parfois, au nom de la religion, d’un drapeau, d’une ethnie, d’une idéologie, de la liberté ou bien du dieu dollar on étripe, on tue, on égorge, on viole, on torture, on détruit, on brûle, on rase, on extermine etc

Rien que de très banal vous dira n’importe quel historien, l’horreur habituelle qui est celle générée par un système que nous combattons, l’horreur à laquelle nous, simples êtres humains ne parviendrons jamais à nous habituer ; mais rassurons-nous toutes ces guerres, aussi dévastatrices soient elles, ne menacent pas la prospérité de l’occident. Au contraire même par certains cotés elles y participent puisqu’elles donnent du travail à tous les salariés des industries d’armement, puisqu’elles permettent à tous les actionnaires de ces mêmes entreprises de se remplir les poches. Non si inquiétude nous devons avoir, nous citoyens européens, c’est plutôt du côté des « grandes puissances » que nous devons regarder.

Les États-Unis d’abord ; ils sont en train de perdre leur statut de première puissance mondiale et ça ne leur plaît pas du tout. La Chine ensuite, en apparence tout va pour le mieux, l’économie tourne à fond et l’état chinois dirigé par le parti communiste aspire à prendre bientôt la place de leader mondial  ; Xi Jing Ping, règne sans partage sur un milliard trois cents millions de Chinois, mais pour parvenir à ce poste, il a dû s’engager à redonner à la Chine son rôle de première puissance et à reconquérir Taïwan, île indépendante, protégée par les Américains, mais historiquement territoire chinois. S’il veut conserver son poste de dirigeant et ne pas décevoir les membres du parti communiste chinois qui l’on nommé, sa tâche est donc ardue.

De Gaulle pour justifier sa volonté inflexible de doter la France de l’arme atomique expliquait qu’aucun état n’accepterait jamais de sacrifier une grande partie de sa population pour défendre les intérêts d’un allié quel qu’il soit. C’est sans doute sur ce genre d’intuition que Xi Jing Ping base sa stratégie de conquête : les États- Unis n’iront pas jusqu’à l’affrontement nucléaire, ils abandonneront Taïwan avant. Quand il s’agit de taquiner un éléphant, n’importe quel chasseur vous dira qu’il vaut mieux être accompagné et justement, à Moscou, Poutine nourrit des griefs sérieux à l’encontre de l’occident et des Américains. C’est bien connu, le fait d’avoir un adversaire commun créé des liens et permet de trouver plus facilement des terrains d’entente. On sait que Xi Jing Ping et Poutine se sont parlés, on ne sait pas ce qu’ils se sont dit, mais on peut l’imaginer : « Tu m’aides à reprendre Taïwan…. » « Tu m’aides à résoudre mes problèmes avec les occidentaux, Ukraine, Crimée, .... ». Il ne s’agit bien entendu que de spéculations, d’hypothèses gratuites.

En mer de Chine pourtant, les provocations entre marine chinoise et Taïwanaise se multiplient, en Ukraine le canon tonne de plus en plus souvent, le nombre des victimes augmente. Les gouvernements occidentaux assistent en poussant des cris d’orfraie à ces déballages de violence, les militaires manœuvrent, les affaires des marchands d’armes sont au beau fixe. Bien sûr, nous préférerions quant à nous que les diplomates trouvent un terrain d’entente, que les armes rouillent au fond des arsenaux, que nos spéculations, nos idées noires restent des élucubrations et finissent au fond d’une corbeille à papier, mais même si fort heureusement il en était ainsi, resterait une évidence incontournable, une vérité absolument terrible qui met en lumière la réalité de la société humaine  ; sur cette Terre, la vie de plus de sept milliards d’êtres humains dépend simplement et totalement du bon vouloir d’une dizaine d’hommes ou de femmes d’états, élus de républiques dites démocratiques ou dictateurs, tous également imbus de leur pouvoir, à l’ego démesurément enflé, uniquement préoccupé à satisfaire leur ambition et leur addiction au pouvoir.

L’arme atomique donne à ces individus un pouvoir absolu sur nos vies, nous tous africains, européens, asiatiques, américains ou océaniens, quel que soit notre statut social nous sommes totalement à leur merci. Que vaut donc ce que nous appelons notre liberté dont nous sommes si fiers puisque nous sommes en permanence sous la menace d’un cataclysme déclenché à la suite d’une simple engueulade entre dirigeants, de la lubie de l’un d’entre eux ou même d’une banale erreur de programmation. L’extraordinaire est que nous tous, membres de la communauté humaine mondiale acceptions de vivre dans cet état d’insécurité permanente alors qu’il nous suffirait après avoir rejeté dans les oubliettes de l’histoire tous les politiciens dominateurs avec leurs valeurs religions, nations, états causes de tant et tant d’horreurs, de reprendre nos affaires en main en dotant notre société d’une démocratie véritable.

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