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	<title>CNT-AIT - Toulouse | Anarchosyndicalisme !</title>
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	<description>Site web de la CNT-AIT de Toulouse, organisation anarchosyndicaliste. 7 rue Saint-R&#233;m&#233;sy - 31000 Toulouse - 05 61 52 86 48</description>
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		<title>CNT-AIT - Toulouse | Anarchosyndicalisme !</title>
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		<title>Un mouvement social oubli&#233;
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&lt;p&gt;Il existe dans l'histoire du mouvement ouvrier mondial des luttes oubli&#233;es, mais qui m&#233;ritent d'&#234;tre rappel&#233;es pour la m&#233;moire, le patrimoine des exploit&#233;s dans le monde entier. &lt;br class='autobr' /&gt; Le 21 d&#233;cembre 1907, &#224; Iquique, port de l'extr&#234;me nord du Chili, des centaines de travailleurs chiliens, p&#233;ruviens et boliviens furent massacr&#233;s par l'arm&#233;e et la marine chilienne devant les portes de l'&#233;cole Santa Mar&#237;a. C'est ainsi qu'un gouvernement oligarchique noya dans le sang la &#171; grande gr&#232;ve &#187; de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il existe dans l'histoire du mouvement ouvrier mondial des luttes oubli&#233;es, mais qui m&#233;ritent d'&#234;tre rappel&#233;es pour la m&#233;moire, le patrimoine des exploit&#233;s dans le monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le 21 d&#233;cembre 1907, &#224; Iquique, port de l'extr&#234;me nord du Chili, des centaines de travailleurs chiliens, p&#233;ruviens et boliviens furent massacr&#233;s par l'arm&#233;e et la marine chilienne devant les portes de l'&#233;cole Santa Mar&#237;a. C'est ainsi qu'un gouvernement oligarchique noya dans le sang la &#171; grande gr&#232;ve &#187; de la province de Tarapac&#225;, un mouvement social spontan&#233; mais qui s'appuyait sur des organisations ouvri&#232;res en formation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En ce d&#233;but de XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, &#224; la veille du premier centenaire de l'ind&#233;pendance nationale, la &#171; question sociale &#187; est br&#251;lante au Chili. Tant la classe dirigeante que l'Etat baignent alors dans un contexte global de grande prosp&#233;rit&#233; ; mais, dans les mines de salp&#234;tre, d'argent, de charbon et de cuivre, dans les entreprises portuaires, dans les usines de Santiago, de Valpara&#237;so, de Vi&#241;a del Mar, de Concepci&#243;n et d'autres villes, les conditions d'exploitation &#233;taient ignobles. Ainsi, les mineurs travaillaient 12 &#224; 14 heures par jour, sept jours sur sept.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le salaire n'&#233;tait pas pay&#233; en monnaie courante, mais en jetons, une monnaie cr&#233;&#233;e par le patronat. Les mineurs pouvaient les changer contre de la monnaie chilienne une fois par semaine mais &#224; un niveau de change d&#233;favorable. Pour survivre, ils n'avaient d'autre choix que de s'endetter aupr&#232;s de l'entreprise qui les employait, ce qui accentuait leur d&#233;pendance. Celle-ci &#233;tait renforc&#233;e par le syst&#232;me de la pulper&#237;a, un magasin o&#249; le mineur devait acheter, plus cher, ce dont il avait besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	D&#232;s lors, une classe ouvri&#232;re qui commence &#224; adh&#233;rer aux id&#233;aux du socialisme et de l'anarchisme est en voie de constitution. Le 4 d&#233;cembre, plus de trois cents travailleurs du chemin de fer se mettent en gr&#232;ve &#224; Iquique. Les ouvriers du port en font autant le 5 d&#233;cembre, suivis par ceux de plusieurs industries. Leur comit&#233; de gr&#232;ve &#233;tablit leurs revendications, plut&#244;t mod&#233;r&#233;es : l'abolition du syst&#232;me du jeton, la fin du monopole de la pulper&#237;a, l'augmentation des salaires sur la base d'un change fixe, l'arr&#234;t des licenciements pour motif de gr&#232;ve, des conditions de travail s&#251;res, une allocation financi&#232;re en cas d'accident, des cours du soir pour les travailleurs. Les concessions de certains patrons et le manque de coordination entre les gr&#233;vistes affaiblissent le mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Tr&#232;s vite cependant, la situation change radicalement. Le 10 d&#233;cembre, les ouvriers de la salp&#234;tri&#232;re de San Lorenzo entament &#224; leur tour une gr&#232;ve et, deux jours plus tard, face au refus de l'entreprise de satisfaire leurs demandes, une poign&#233;e d'entre eux se dirige vers la salp&#234;tri&#232;re la plus proche, Santa Luc&#237;a, pour en paralyser l'activit&#233;. L'exemple est imit&#233;, et, ainsi, parcourant un des d&#233;serts les plus arides du monde, les ouvriers &#233;tendent le mouvement. Dans les jours suivants, de plus en plus d'oficinas voient leur activit&#233; paralys&#233;e. Les travailleurs estiment que, pour obtenir une r&#233;ponse &#224; leurs revendications, ils doivent descendre &#224; Iquique, o&#249; se trouvent les repr&#233;sentants des compagnies anglaises, chiliennes, allemandes, espagnoles et italiennes qui font de gros b&#233;n&#233;fices gr&#226;ce &#224; l'exploitation de la fabuleuse richesse du nitrate arrach&#233;e par le Chili au P&#233;rou et &#224; la Bolivie durant la guerre du Pacifique (1879-1884).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Leur calme, leur d&#233;termination et leur discipline contrastaient avec les calomnies de la presse aux ordres du patronat, qui les pr&#233;sentaient comme des bandits. Apr&#232;s avoir march&#233; toute la nuit, le premier groupe d'environ deux mille ouvriers entre dans la ville le dimanche 15 d&#233;cembre &#224; l'aube. L'intendant provisoire tente de convaincre les ouvriers de repartir en laissant &#224; Iquique une d&#233;l&#233;gation qui participera aux n&#233;gociations. Les travailleurs refusant de quitter la ville tant que leurs revendications ne seront pas satisfaites, les autorit&#233;s impos&#232;rent alors aux gr&#233;vistes de se regrouper dans l'&#233;cole Domingo Santa Mar&#237;a. 8 000 personnes s'y retrouv&#232;rent. 1 500 autres dormaient dans des tentes sur une place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pendant ce temps, des milliers de travailleurs de la pampa - certains avec femmes et enfants - continuent d'affluer en train et &#224; pied &#224; Iquique. Leur pr&#233;sence revigore le mouvement de gr&#232;ve des ouvriers de la ville, qui, le 16 d&#233;cembre, s'unissent aux travailleurs du salp&#234;tre, constituant ainsi un Comit&#233; central de la pampa et du port unis. Ce m&#234;me jour, le gouvernement donne l'ordre aux autorit&#233;s locales d'emp&#234;cher l'arriv&#233;e de nouveaux pampinos. De forts contingents militaires sont envoy&#233;s &#224; Iquique. L'&#233;cole et la place furent encercl&#233;es et des mitrailleuses mises en place. Dans l'un des navires en provenance de Valpara&#237;so se trouvent l'intendant en titre, Eastman, et le g&#233;n&#233;ral d'arm&#233;e Roberto Silva Renard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le 21 d&#233;cembre, peu avant 14 heures, Eastman donne l'ordre au g&#233;n&#233;ral Silva Renard de faire &#233;vacuer l'&#233;cole Santa Mar&#237;a, o&#249; se trouvent quelque cinq mille gr&#233;vistes, auxquels s'ajoutent environ deux mille autres r&#233;unis sur la place Montt en un meeting permanent face &#224; l'&#233;tablissement. Le comit&#233; de gr&#232;ve refuse de quitter les lieux. Silva Renard fait alors avancer deux mitrailleuses pour les placer devant l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 15 h 45 commencent les tirs de mitrailleuse, suivis de coups de fusil continus. Les balles traversent plusieurs corps et les fragiles murs de bois de l'&#233;cole. Lorsque la fusillade cesse, l'infanterie entre dans l'&#233;cole en ouvrant le feu sur les ouvriers. Ceux qui fuient sont poursuivis par les militaires &#224; cheval. Les personnes arr&#234;t&#233;es - de six mille &#224; sept mille - sont pouss&#233;es &#224; la h&#226;te vers l'hippodrome par les soldats, qui y commettent de nouveaux assassinats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Concernant le nombre de victimes, le gouvernement ne reconna&#238;tra que cent vingt-six morts et cent trente-cinq bless&#233;s, mais la presse ouvri&#232;re et plusieurs t&#233;moins corrigeront cette estimation largement &#224; la hausse. Les autorit&#233;s provinciales ont rapidement organis&#233; le retour des gens de la pampa vers leurs lieux de travail, et le gouvernement central a mis quelques bateaux &#224; la disposition de ceux qui d&#233;siraient gagner le centre du pays. Parall&#232;lement, la censure de la presse &#233;tait officialis&#233;e, tandis qu'on ouvrait la chasse aux militants ouvriers - sp&#233;cialement anarchistes - qui avaient r&#233;ussi &#224; s'&#233;chapper. De nombreuses arrestations eurent lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La &#171; grande gr&#232;ve &#187; de Tarapac&#225; a &#233;t&#233; noy&#233;e dans le sang par l'Etat sans qu'il y ait aucune d&#233;monstration de violence de la part des travailleurs. Jusqu'au coup d'Etat de 1973, on se souviendra du massacre de l'&#233;cole Santa Mar&#237;a comme de la page la plus noire de l'histoire du mouvement ouvrier chilien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais pourquoi une telle tuerie ? Ce massacre ne fut pas le r&#233;sultat d'une panique incontr&#244;l&#233;e. La d&#233;cision de mitrailler les gr&#233;vistes avait &#233;t&#233; adopt&#233;e pr&#233;alablement au cas o&#249; ceux-ci refuseraient de quitter l'&#233;cole. Le ministre de l'int&#233;rieur, le reconnut devant la Chambre des d&#233;put&#233;s : les &#233;v&#233;nements du 21 d&#233;cembre &#171; ne furent pas dus &#224; un acte spontan&#233;, commis par l&#233;g&#232;ret&#233; coupable et inhumaine. Chacune des autorit&#233;s, &#233;valuant l'ampleur des malheurs qui pourraient survenir (...), a tr&#232;s bien pes&#233; ses d&#233;cisions (...), et il fallut recourir &#224; des m&#233;thodes extr&#234;mes et douloureuses, que les circonstances difficiles rendaient, malheureusement, in&#233;vitables &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Bien que pacifique, le d&#233;fi lanc&#233; par le mouvement ouvrier &#233;tait intol&#233;rable pour le pouvoir civil et militaire : &#171; Il fallait faire couler le sang de certains rebelles ou abandonner la ville au bon vouloir des factieux qui font passer leurs int&#233;r&#234;ts et leurs salaires avant les grands int&#233;r&#234;ts de la patrie. Face &#224; ce dilemme, les forces de la nation n'ont pas h&#233;sit&#233; &#187;, d&#233;clara Silva Renard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il s'agissait donc d'une action ponctuelle de &#171; guerre pr&#233;ventive &#187; contre les travailleurs. Plus qu'une menace en soi, la &#171; grande gr&#232;ve &#187; de Tarapac&#225; repr&#233;sentait un danger latent en raison du mauvais exemple qu'aurait signifi&#233; une attitude de faiblesse de l'Etat et des patrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Cette tuerie fut l'expression la plus cynique de l'ordre oligarchique qui r&#233;gnait au Chili au d&#233;but du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Dans toute l'histoire du pays, le pouvoir avait rarement d&#233;voil&#233; son vrai visage comme &#224; cette occasion. Au cours des ann&#233;es suivantes, le conflit entre les classes sociales s'intensifia. Les travailleurs les plus lucides commenc&#232;rent &#224; percevoir plus clairement que l'Etat &#233;tait du c&#244;t&#233; des patrons et que, de ce fait, tout en renfor&#231;ant l'autonomie et l'unit&#233; de leurs organisations sociales, ils devaient affronter la bourgeoisie au-del&#224; du terrain de l'entreprise. C'est ainsi que virent le jour le Parti ouvrier socialiste (1912) ; la F&#233;d&#233;ration ouvri&#232;re r&#233;gionale du Chili, syndicat anarchiste (1913) ; et la branche chilienne du syndicat, d'orientation syndicaliste r&#233;volutionnaire, Industrial Workers of the World (1919).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Du c&#244;t&#233; de la bourgeoisie, la prise de conscience s'acc&#233;l&#233;ra quant &#224; la n&#233;cessit&#233; d'utiliser prioritairement les armes de la politique - lois sociales, politiques d'assistance, dialogue et cooptation - pour faire face au mouvement ouvrier. La &#171; guerre pr&#233;ventive &#187; ne serait qu'une option en cas de nouveau besoin. C'est ainsi que, &#224; l'aube du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, la tuerie de l'&#233;cole Santa Mar&#237;a obligea les acteurs du drame social chilien &#224; red&#233;finir leurs strat&#233;gies pour les batailles &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;El Sudaca.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en savoir plus, voir dans Le monde diplomatique l'article de Sergio Grez Toso) et sur le site de L.O. celui de Jacques Fontenoy. Une fois n'est pas coutume, ils nous semblent objectifs dans l'ensemble.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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