La liberté en morceaux

Lundi 14 janvier 2019, par cnt // Gilet jaune

« La liberté ne peut être que toute la liberté ; un morceau de liberté n’est pas la liberté. »

Max Stirner

La Liberté donc , avec un L majuscule . Elle est le principe inscrit dans la devise en trois points de la République . Dans le « Chant du Départ » elle guide nos pas mais à l’arrivée elle fait peur à la bourgeoisie . Au cours du temps l’appareil d’État va nous la découper en tranches , la Liberté n’est bonne que pour nous envoyer faire la guerre , dans les autre cas on déconstruira le principe , l’État ne parlera pas de Liberté mais des libertés , liberté de ceci ou de cela , en fin renard il pourra les opposer entre elles, en utiliser un bout pour en limiter une autre partie .

La manifestation est un mode d‘expression , la liberté de manifester est un tronçon de la liberté d’expression , elle même issue de ce découpage du principe initial. Là dessus l’appareil législatif va encadrer ces libertés par des lois et des règles, la Liberté réduite à des parcelles il va se charger de les limiter. C‘est ainsi qu’une chose aussi simple qu’une manifestation peut s’embourber dans un marécage administratif , réglementaire et pénal .

Voilà l’État de Droit , les différends cadres qu’il fabrique autour de ces libertés forment autant de clôtures qu’il existe de champs . Puis il joue avec . Il invoque la liberté de circuler , pour réprimer des grévistes ou des manifestants qui bloquent une usine ou un rond point , il la bafoue lorsqu’il s’agit d’empêcher de circuler des passants un bus ou un train suspects de vouloir rejoindre les gilets jaunes .

Dans la pratique l’État de Droit est celui du droit du plus fort . Les gilets jaunes ont invoqué un principe la Liberté et l’État leur a opposé son Droit . Saluons au passage le talent inventif de certains magistrats qui ont désigné au hasard des procédures comme seuls éléments constitutifs d’un délit la possession d’une paire de gants chez un tel ou d’un blouson en cuir chez un autre , en plein hiver . On connaît le résultat d’un si haut génie d’incrimination , il se compte en centaines de prisonniers .

De façon simpliste on a résumé tout cela entre Dictature ou Démocratie . Soyons nuancés tout est une affaire de ce cadre qu’on appelle Droit , plus ce cadre est serré et moins nous sommes libres . Constatons que ce cadre existe et que le pouvoir n’a aucun scrupule a en serrer les mailles .

Voilà la réalité .

Voilà pourquoi nous sommes libertaires .