MERCADONA : 7e MOIS DE LUTTE

Lundi 27 novembre 2006, par cnt // Espagne

Depuis plus de 6 mois, des travailleurs des centres d’approvisionnement de la chaîne catalane de supermarchés “Mercadona” sont en lutte contre ce qu’ils vivent au quotidien : l’exploitation extrême, le racisme et la xénophobie (une forte proportion d’entre eux vient d’Afrique ou d’Amérique du sud).

Pour casser cette volonté de résistance, la direction, toute puissante (et qui bénéficie du soutien sans faille des pouvoirs publics catalans alors que ses procédés sont connus de tous) a commencé par licencier trois compagnons de la section syndicale CNT-AIT, (voir notre précédent numéro). Une grève illimitée, dont l’intensité a été variable suivant les jours, a alors été déclenchée (3 mars 2006). Après plus de 180 jours de grève poursuivis de cette façon, les salariés ont décidé de reprendre le travail mais de faire grève tous les jeudis. Cette nouvelle façon de faire a permis de regrouper les forces, et les premiers jeudis de grève ont été des succès, avec une participation des salariés meilleure que celle obtenue jusque là.

Pour l’instant, la direction poursuit son forcing pour casser le mouvement en attaquant sur tous les fronts. D’une part, elle essaye de faire partir les mécontents en orchestrant une politique de départs négociés (en gros, elle propose aux salariés de partir moyennant une prime correspondant à un licenciement injustifié) pour pouvoir recruter des “nouveaux” qui n’oseront peut-êrre pas se rebeller. D’autre part elle a négocié avec les jaunes de l’UGT (socialiste) et des Commissions ouvrières (communistes) pour que ces “syndicats” reprennent publiquement le discours patronal (selon lequel tout va bien à Mercadona). Enfin et surtout, elle maintien un niveau élevé de répression : les sanctions pleuvent sur les travailleurs en lutte et Mercadona se paye le luxe de poursuivre devant les tribunaux des militants de la CNT-AIT pour ... harcélement. Ce 27 septembre, un militant de la CNT-AIT membre du Comité de grève de Mercadona a violemment été agressé dans la rue par cinq individus qui, l’ont roué de coups et l’ont laissé dans le coma au milieu d’une flaque de sang. Selon le témoignage de la victime, qui présente un traumatisme crânien et de nombreuses plaies, les cinq agresseurs ont prétendu agir en relation avec l’affaire Mercadona.

A ce jour, les travailleurs en lutte sont toujours aussi déterminés. La grève devrait se poursuivre de jeudi en jeudi et des actions sont prévues à Barcelone et dans les principales villes de la région.

En solidarité avec les travailleurs de Mercadona, le 15 juillet 2006, à l’initiative de la CNT-AIT de Perpignan, des militants de la CNT-AIT de Toulouse, dAlbi, de Nîmes et de Montpellier ont participé à une manifestation à Barcelone. Environ 400 personnes formaient le cortège qui, outre les slogans demandant le boycott de Mercadona, exigeant les réintégrations des compagnons licenciés ou dénonçant le terrorisme patronal, scandaient des slogans appelant à la destruction de l’État et à la construction d’une société anarchiste. De son côté, le 16 septembre, la CNT-AIT de Paris a distribué des tracts de solidarité dans les cars en partance pour Madrid, Saragosse et Barcelone. Les actions de solidarité doivent se poursuivre.