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SUICIDE DANS LES HÔPITAUX

Publié le 24 octobre 2016

Tout le monde se souvient de la vague de suicides chez France Telecom entre 2008 et 2009. Ce fut un véritable choc pour la société, du fait que cela touchait des cadres censés être privilégiés, et aussi par le fait que l’on savait déjà que c’était la politique de management de l’entreprise qui poussait au suicide. Sept ans plus tard, l’entreprise est mise en examen pour harcèlement moral dans le cadre de cette affaire. La direction est soupçonnée d’avoir mis la pression aux salariés pour les pousser au départ.

Pour en arriver au suicide de 35 salariés en moins d’un an, il fallait vraiment que le traitement infligé fût des plus brutal ... Au vu du scandale que cela produisit dans l’opinion publique, on aurait pu penser que ce genre de chose ne se reproduirait pas, et encore moins au sein d’une institution publique. Pourtant, depuis quelques mois, une situation similaire commence à s’installer dans un service public qui, paradoxalement, a pour mission de soigner les gens. Et le bilan continue de s’alourdir, après le suicide de ce cardiologue de l’hôpital Georges-Pompidou en décembre 2015 pour des motifs semble-t-il de harcèlement, en juin dernier, ce sont pas moins de trois travailleurs de l’hôpital public qui se sont donné la mort. Depuis, deux autres noms sont venus allonger la liste des suicides dans le secteur. Et tous les acteurs de la santé publique sont unanimes : les conditions de travail extrêmement dégradées sont à l’origine de ces morts. Car en plus de la suppression de 22 000 postes d’ici 2017 voulue par Madame Touraine, il y a les postes non remplacés, le management agressif, les repos non respectés … et la liste s’allonge.

La politique antisociale de l’État, qui va toujours plus loin dans le dé-régularisation de tous les secteurs de la société, dans sa folie libérale, à un coût humain et social très fort. Non seulement les patients vont devoir faire face à un accroissement des frais médicaux – cela mettant fin au modèle français remarquable en la matière – mais la pression sur les personnels leur fait courir de gros risques et va aussi aboutir à baisser de façon notable la qualité des soins dispensés. On peut aussi s’attendre à ce que la loi travail (El Khomry – MEDEF) ait un effet très négatif dans le secteur, à court et moyen terme. Encore une fois, on constate que les syndicats, bien loin de résister au rouleau compresseur libéral, ne font qu’accompagner la tendance, en versant ci et là des larmes de crocodile.

Pour finir, on peut pointer du doigt le cynisme de nos dirigeants qui stigmatisaient les manifestants anti-loi travail en pointant du doigt les trois vitres abîmées de l’hôpital Necker (Paris) lors d’une manifestation. Aidés par le prisme déformant des médias, ils insinuaient que c’était une attaque grave contre l’hôpital public. Chacun se fera son idée sur la gravité des attaques respectives...

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