Toulouse

LA TRISTE HISTOIRE DES REFUGIES SYRIENS DU HLM DE LA PLACE DES FAONS

Avril 2015 / Juin 2016

Mercredi 5 octobre 2016, par cnt // Sans Papier

L’histoire passe, vite et s’oublie très vite aussi. A moins qu’elle ne soit « réécrite » pour les besoins d’une cause...
Oublie et réécriture sont les deux « mamelles » d’un éternel recommencement des mêmes erreurs.

Aussi, dans une affaire que nous avons suivie, ressentons-nous le besoin de recueillir les textes que nous avons édités au fur et à mesure dans cette brochure. Sans rien y changer. Même si cela nous expose à quelques répétitions.

Mais, pour qui veut se faire une opinion par lui-même, rien ne vaut les « textes bruts ».
Voici les nôtres :

PROJET DE CRÉATION D’UNE INITIATIVE LAÏQUE DE SOUTIEN ET D’AIDE AUX RÉFUGIÉS SYRIENS

Quelques rappels :

  • En avril/mai 2015, plusieurs familles de réfugiés syriens ont trouvé à s’autologer place des Faons (aux Trois Cocus).
  • En août 2015, comme tout le monde, nous avons pu lire dans « La Dépêche »
    que ces réfugiés étaient dans un dénuement complet, manquant même d’aliments.
    L’urgence étant alimentaire, fin août, après avoir sollicité en vain des associations spécialisées dans ce type d’aide, nous avons lancé l’initiative « Du lait
    pour les enfants syriens réfugiés à Toulouse ». Cette initiative a eu un réel succès
    dans la population toulousaine. Elle a permis de créer une dynamique très profitable aux réfugiés.
  • Début septembre, après avoir pris connaissance des procédures d’expulsion,
    nous avons missionné deux avocats pour assurer la défense.
  • En novembre, nous avons lancé l’idée de mettre en place des cours de français (sous le nom de RéMiSol - Réfugiés, migrants, solidarité – et nous avons
    assuré la rédaction de cours en fonction des besoins exprimés).

Quelques constats :

Petit à petit, diverses personnes et associations se sont greffées sur ces différentes initiatives, certaines de façon très positive, d’autres, consciemment ou
pas, ont pris des positions « culturalistes » et, concomitamment, l’attitude de
certains réfugiés a changé. Alors que cela n’avait pas été le cas (ou peu) dans les
5 ou 6 premiers mois nous avons pu observer des changements de comporte-
ment tels que : des insultes (« mécréant ») adressées à des personnes qui ont fait
parti des premiers aidants parce qu’elles sont athées , des pressions sur des
femmes venues aider pour qu’elles se couvrent (en particulier, critique des « bras
nus », certaines aidantes se sont donc senties obligées de mettre des manches
longues sans en avoir envie), l’instauration dans les cours de français d’un groupe
clairement réservé aux hommes, des « rappels à l’ordre » lancés à l’encontre d’aidants qui buvaient avec la plus grande modération une bière sur la place des
Faons lors d’une fête...

Disons le tout net : ces comportements sont inacceptables. Nous affirmons
le droit d’être athée, le droit des femmes à ne pas se « couvrir » si elles n’en
éprouvent pas le besoin, le droit des femmes à suivre exactement, et avec eux,
les mêmes cours et formations que les hommes, enfin le droit de boire une bière
pour tout celui qui le désire.

Par ailleurs nous avons entendu et vu sur le journal de FR3 du 25 mai 2016
la préfecture féliciter « les » association pour le travail de « dissipation » qu’elles
ont fait pour régler, c’est-à-dire liquider, le logement des Syriens de la place des
Faons.

Nous affirmons clairement que ce travail néfaste de « dissipation » s’est fait
sans nous et qu’en aucune mesure nous n’entendons être associés à ce type de
manigances.

Et maintenant ?

Le 25 mai, les Syriens ont été déménagés (et non pas expulsés, comme on
nous l’a fait croire au départ), certains ont été logés en CADA (parfois très à
distance de Toulouse), d’autres dans des hôtels plus ou moins miteux avec une
très grande précarité (et de nombreuses déscolarisations), ils sont dispersés (alors
que leur regroupement était une condition de leurs survie), bref leur situation,
loin de s’être améliorée, a empiré.

Ce constat de débande morale et pratique a, parmi ses causes, l’absence d’affirmation des valeurs de notre action. Si la solidarité a été une des ces valeurs, il
nous apparaît que d’autres, comme l’honnêteté morale ont été bafouées et
qu’une autre, fondamentale, a été sciemment « oubliée » : la laïcité.

C’est donc autour de ces valeurs de solidarité, d’honnêteté morale et de laïcité
que nous appelons toutes les personnes interpellées par la situation à réagir et à
se regrouper autour de ce que nous souhaitons faire naître : une Initiative laïque
de soutien et d’aide aux réfugiés syriens.