Sivens, stop ou encore ?

Vendredi 6 février 2015, par cnt // Sivens

Le mercredi 28 janvier l’huissier est passé sur la ZAD faire le tour du propriétaire.

Son objectif : constater toutes les parcelles occupées. Il faut s’attendre à une assignation rapide et une tentative d’expulsion peut-être la semaine prochaine, début février.

Rien de surprenant.

Depuis le début de projet, Carcenac président du Conseil général et sa clique ont toujours obéi au lobby de la FNSEA.

La semaine précédente, les adhérents de ce lobby ont manifesté de Montauban à la ZAD pour nous montrer leurs petits muscles et réclamer le départ des zaddistes, et apparemment, ils ont été entendus, à croire qu’ils sont de la même loge...

Donc carcenac s’exécute...

Peu importe, il est content, la ministre lui a donné raison, il faut de l’eau pour les agriculteurs sur ce bassin de vie : « Je vous l’avais dit ».
Ségolène est contente, elle a joué un rôle d’arbitre qui fait que le «  dialogue  » est renoué.

Les pro-barrages, toujours ronchons, sont aussi contents. Ils auront un barrage ou des retenues, certes plus petit mais ils auront de l’eau pour leur maïs transgénique et pourront poursuivre leur agriculture productiviste, et lucrative.

Les anti-barrages qui ont fréquenté le palais ministériel de l’écologie sont ravis, ils ont gagné aussi : le projet initial est abandonné, eux aussi, ils l’avaient dit que ce projet était mauvais.

Et puis un petit morceau de la zone humide sera préservé, reconstitué ???????
Elle est pas belle la vie ? Tout le monde est content , tout le monde a gagné «  Nous sommes tous Sivens »
Et les habitants de la ZAD, malgré le froid, sont toujours présents, construisent, jardinent, tissent des liens avec la population.

Le froid entretien leur lucidité, (voir l’excellent article du 15 janvier «  Expression libre » signé « Des gosses intraitables » dans le site « Tant qu’il y aura des bouilles ») leur position est claire et réaffirmée dans leur communiqué
«  Si nous, tou-te-s les habitant-e-s de la ZAD et le collectif Tant qu’il y aura des Bouilles, sommes satisfaits de cette orientation vers un abandon du projet initial, par contre, nous sommes en complet désaccord avec ces deux propositions : petit barrage et retenue collinaire.

Nous ne tolérons et n’accepterons pas ce type de projet car il porte atteinte au site de Sivens. Il favorise et renforce un modèle agricole dépassé. De plus, il reflète et prolonge un productivisme et une soif de croissance d’un système capitaliste qui nous emmène droit dans le mur.

La nature est déjà bien assez sacrifiée sur l’autel de l’agrobusiness et autres folies humaines. Il est temps d’arrêter le saccage généralisé de notre planète.

Notre position restera ferme !

Des alternatives pour une agriculture qui ne détruise pas notre environnement ont été élaborées et proposées par des collectifs d’opposants au barrage, il serait temps pour les pouvoirs publics de les mettre en place.

Notre radicalité est nécessaire pour changer un monde qui s’autodétruit avec obstination.
On ne lâche rien. »

Et ces obstinés se contrefoutent de savoir s’ils sont gagnants ou perdants)  !

Mais le conteste a changé, nous devons garder les yeux ouverts [1] :

  • Certains, qui hier étaient des opposants radicaux ont depuis accepté de se compromettre, des carrières politiques se dessinent,
  • la bataille juridique sur le projet initial qui aurait pu dévoilée les conflits d’intérêts et faire reconnaître le passage en force du politique et les violences policières a été phagocytée par une association, lobby écologique qui a négocié la farce du grenelle de l’environnement, association qui touche des subsides de multinationales et de l’état. Cela pousse au compromis (voir le livre de Fabrice Nicolino, « Qui a tué l’écologie ?  »

Mais la lutte est loin d’être terminée, n’ayons pas peur, pas de défaitiste. Forts des liens établis entre voisins opposés au barrage et des solidarités construites avec les habitants de la ZAD, nous pouvons mettre en échec leur funeste projet.

Depuis le début, c’est sur le terrain que se construit un autre monde.
Sans occupation, cela fait belle lurette que le barrage serait construit.
Alors Sivens, stop ou encore ?
La semaine prochaine et les semaines qui suivent tous à la ZAD
Signé : Sivens , on ne lâche rien 

[1« Seuls les yeux sont encore capables de pousser un cri » René Char.