TO BE OR NOT TO BE CHARLIE, ÉTAIT-CE BIEN LA QUESTION ?/LES DOMINANTS SONT (AUSSI) DES CHARLIES/Et la lutte des classes là-dedans ?

Samedi 7 février 2015, par cnt // Nationalisme / Identité / Religion

 LES DOMINANTS SONT (AUSSI) DES CHARLIES

Quelques petites anecdotes vécues...Il y a quelques jours dans un train... deux jeunes montent. Elle et lui se mettent entre deux wagons. Un contrôleur arrive très vite, et attaque bille en tête : « Pourquoi vous n’êtes pas assis dans un wagon ? Contrôle des titres de transports ». Elle et lui n’en ont pas, disent qu’elle et lui ne sont pas très riches, et sans humour noir, sans arrière-pensée mesquine sortent spontanément : «  On est Charlie ». Réponse : « Moi aussi je suis Charlie, et alors ? Ça ne change rien. Il est interdit de prendre le train sans billet » et blabla. Amende à son maximum.

Occupation des locaux d’ERDF qui s’amuse à couper l’électricité dans les squats ouverts par la Campagne de Libération des Espaces (cle.squat.net). L’habituelle confrontation entre deux costards-cravates et un groupe de pauvres qui tente d’arracher de l’électricité. La guerre sociale quotidienne. Sur les murs, deux affichettes : « Je suis Charlie. »

Passage à la CAF, pas de RSA perçu depuis un mois et demi, et la CAF me réclame... du trop-perçu. Un vigile de la PAF surveille les pauvres (comme si ce n’était déjà pas assez humiliant d’aller mendier de quoi s’en sortir à peine). Sur les murs, des affichettes : « Je suis Charlie. »

Un compagnon nous racontait, suite à une diffusion de tract contre les Équipes Pluridisciplinaires à Thiers, que sur les vitrines du Pôle Emploi (cette machine de guerre qui elle aussi... tue... comme en mars 2013) il y avait des affichettes  : « Je suis Charlie. »

Je veux bien être sympa, hein. Mais faut pas me prendre pour un idiot. Celles et ceux qui tous les jours nous broient, nous humilient, annihilent notre individualité, sont… des Charlie. Sans moi. Dans cette véritable guerre qui nous est menée au quotidien, on ne va certainement pas me demander de m’allier et de défiler avec les oppresseurs-euses.

Pitufo, CNT-AIT 63, 14 janvier 2015 