QUE MESSIEURS LES RELIGIEUX COMMENCENT / LA CROISADE DES ENFANTS/ AMALGAME NON, CONTINUUM OUI

Samedi 7 février 2015, par cnt // Nationalisme / Identité / Religion

 AMALGAME NON, CONTINUUM OUI

Pas d’amalgame, pas d’amalgame  ! a été une revendication reprise en boucle ces derniers temps. Un amalgame, c’est un « mélange de personnes ou de choses de nature, d’espèce différente » [10]. Il y aurait donc une différence de « nature », « d’espèce » entre les « terroristes islamiques » et les « bons musulmans ». Les choses sont loin d’être aussi simples.

Il est monstrueux de faire de tout musulman pacifique un terroriste (ou un terroriste en puissance).

Il est stupide de penser qu’il existe une frontière étanche entre les uns et les autres.

Comme toujours dans la sphère politique, religieuse… c’est d’un continuum qu’il s’agit. Un continuum qui va de la personne qui se déclare musulmane mais n’est pas du tout pratiquante jusqu’au au djihadiste le plus meurtrier [11]. Entre les deux extrêmes du continuum, il existe toutes les nuances possibles et imaginables ; les uns puisant leur force chez les autres. Les pourfendeurs de « l’islamophobie » ne s’y trompent pas : quand ils s’insurgent contre le fait que les musulmans seraient « sommés » de se désolidariser des assassins, et qu’ils refusent cette désolidarisation, ils montrent bien qu’ils ont conscience du continuum qui existe entre les uns et les autres et de leur volonté de le préserver.

C’est pourquoi, développer un « islam modéré », comme le veut le pouvoir et comme le préconisent de soi-disant penseurs (qui demandent même qu’il y ait d’avantage d’imams dans les prisons pour les coranifier !), c’est faire le lit des islamistes radicaux. Ces derniers ont alors la partie belle : il leur suffit d’accuser les autres de « ne pas être un assez bon musulman » (ce dont ils ne se privent pas) pour les forcer à radicaliser leurs pratiques [12].

Développer un « islam modéré », c’est aussi empêcher ceux qui le souhaitent d’échapper à la religion. Il y a quelques années, dans nos colonnes, une lectrice maghrébine expliquait comment, adolescente, elle avait dû lutter pied à pied (et plus précisément centimètre de tissus par centimètre) pour se débarrasser de la tenue vestimentaire imposée par ses parents et pour abandonner la pratique religieuse. Ce sur quoi elle avait pu prendre appui pour se « justifier » auprès de se terribles géniteurs, c’était la comparaison avec les autres filles de son collège. Si la norme, pour les jeunes arabes, impose d’être musulman (ce qui est la tendance actuelle), les possibilités de libération individuelles et collectives n’en deviendront que plus difficiles.

Précisons pour clore ce point que ce qui a rendu, sous nos latitudes, l’église catholique assez pacifique et relativement raisonnable (encore que…), ce n’est pas le renforcement d’un « catholicisme modéré », c’est l’expansion de l’athéisme ! Ce qui vaut pour les cathos vaut pour les musulmans.

Insensiblement, dans cet article, nous sommes passés du terme « musulman » au terme « arabe » [13]. La confusion entre les deux est « l’astuce » de ceux qui propagent le concept d’islamophobie pour faire croire que la moindre critique de la religion musulmane serait un acte raciste.
Pour le coup, c’est bien d’amalgame qu’il s’agit ! Car une « religion » et une « race » sont deux choses bien différentes !

De plus, être « arabe » et être « musulman » sont loin d’être des synonymes. Tout d’abord il existe, et nous leur apportons tout notre soutien, des « arabes » athées [14]. Il existe également quelques millions d’arabes qui pratiquent (ou qui tentent de pratiquer, suivant la région où ils se trouvent) d’autres religions (catholiques, coptes,…). Et, n’en déplaise aux partisans des théories raciales génétiques, il existe même des arabes [15] israélites : sur les quatre personnes assassinées dans la supérette de la Porte de Vincennes, trois étaient des juifs enfants du Maghreb !

Ajoutons, pour pulvériser quelques mensonges propagés par les « anti-islamophobes » de service (parfois bien rémunérés…), que parmi les « arabes », les pratiquants sont minoritaires en France (moins de 30 %) et aussi – pour contrecarrer une représentation phantasmatique – que, si les ouvriers sont très majoritaires, environ un tiers des personnes cataloguées musulmanes occupent des « professions intermédiaires » (contremaîtres, instituteurs, infirmiers, travailleurs sociaux, commerçants-artisans et cadres supérieurs). Enfin rappelons qu’à l’échelle mondiale, loin d’être la « religion des pauvres », l’islam est aussi une religion de multimillionnaires. Du roi du Maroc (« Commandeur des croyants ») aux familles princières du Golfe en passant par des hiérarques privés, les multimillionnaires sont nombreux et peuvent s’offrir toutes leurs fantaisies [16] tout comme ils peuvent généreusement « arroser » les médias et les « intellectuels » à leur service [17].

[10Littré, Dictionnaire de la langue française.

[11Comme il existe un continuum entre l’individu qui trouve que parfois «  Marine n’a pas tort » jusqu’au fasciste le plus extrémiste. On pourrait multiplier les exemples : aucun courant de pensée n’échappant à ce phénomène.

[12Ainsi, un compagnon, agent de service, dans une cantine de collège nous disait récemment comment, sous cette accusation, de jeunes arabes se sentent obligés de faire le ramadan alors que leurs « grands frères » ou leurs cousins, quelques années avant ne le faisaient pas.

[13Ce terme est un «  construit » au sens sociologique et pas une réalité biologique.

[14On imagine leur déception – je pense en particulier à des amis tunisiens – quand ils lisent dans la presse de gauche et d’extrême gauche française ces soutiens directs ou indirects à un islam contre lequel eux, sans moyens et au péril de leur vie, luttent au quotidien.

[15Évidemment, tout dépend de la définition que l’on donne au mot «  arabe », les tenants de l’identité biologique (chère aux nazis) ne seront pas d’accord avec nous, c’est sûr.

[16Comme de s’offrir le Paris St-Germain.

[17Renforcer l’islam est une façon pour eux de se maintenir au pouvoir et de contrecarrer par anticipation toute révolution.