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CONTRE L’ANTIRACISME, POUR LA GUERRE DE CLASSE

Publié le 22 décembre 2014

Avec un titre pareil, on va encore se faire des ami-es ! Pourtant, ce n’est pas une vaine provocation. Il s’agit ici de rappeler que « l’antiracisme » est une invention républicaine, de « gôche », afin de ne plus parler de la réalité : la lutte des classes [1]. Que les riches distillent dans la population – à destination des plus modestes en particulier - un rejet de l’autre, nous ne disons pas le contraire, c’est une évidence. Mais ils et elles (les riches), à quelques exceptions près, ne sont plus « racistes » depuis des décennies...

Pour autant les riches [2]. ont été farouchement racistes par le passé. Au 19e siècle, et même avant, l’esclavage des Noirs a permis d’augmenter la productivité. Car oui, le capitalisme s’est développé en partie grâce à l’esclavage [3]. Nous pourrions aussi parler, plus proche de nous, de l’Apartheid, des politiques raciales aux USA... La colonisation, c’était également pour les « races inférieures » (ou contre elles plutôt...). Mais depuis, les choses ont changé. Nous en avons marre d’entendre « État raciste », « Sarko/Valls/ou qui vous voulez/ racistes ! ».

Premièrement, le racisme, ça entend qu’il y a différentes races. Nous, bêtement, on pense qu’il y a juste différentes couleurs, cultures... mais une seule humanité, divisée en classes sociales. Les progressistes, les humanistes... qui parlent de racisme en disant qu’il n’y a pas de races, sont encore une fois dans la confusion. Comment un bourgeois peut-il être raciste s’il ne reconnaît pas l’idée de races ? Bah tout simplement parce que comme ça, on peut être antiraciste, ça passe partout, et on ne va surtout pas au fond des choses.

Deuxièmement, et c’est là notre argument principal, la grande bourgeoisie (et cela partout) n’est pas raciste. Même quand elle est d’extrême droite, type FN (il y a des groupes ouvertement racistes, c’est un autre sujet). Valls, ou peu importe qui, n’ont rien contre « les noirs », « les jaunes », « les arabes », « les roumain-es »... Ils et elles s’entendent d’ailleurs parfaitement bien avec les bourgeoisies de ces pays-là, passent des accords avec [4], se vendent des armes... Bref c’est l’entente cordiale. L’exemple est fourni par l’État roumain qui siège dans les institutions européennes, alors que pour les travailleurs-euses, salarié-es ou non, de Roumanie, le voyage s’arrête à la frontière ! Si les bourgeois étaient racistes, ils et elles considéreraient TOUTES ET TOUS les « noirs », « jaunes » etc. comme inférieur-es, et donc ne boufferaient pas à la même table [5]. D’ailleurs, la bourgeoisie africaine a parfois collaboré dans les processus coloniaux c’est vous dire... [6]

Par contre, la bourgeoisie a une haine véritable, une haine de classe, quelle que soit notre origine géographique. Pour elle, les pauvres, le prolétariat (salarié ou non), ce sont des moins que rien. Ils et elles ne comprennent rien [7]. D’où la bonne charité chrétienne (tiens, ça s’appellerait pas syndicalisme aujourd’hui ?), l’humanitaire, etc. D’où l’autre face de la pièce : rafles, centres de rétentions administratifs, prisons, écoles de la servitude, licenciements, Pôle Emploi, CAF, assistant-es sociales.. [8] Ce qui gêne la bourgeoisie, ce n’est pas l’origine géographique, mais l’origine de classe.

“We are all middle class now“ («  Nous sommes maintenant tous de la classe moyenne ») disait Tony Blair, créant un incroyable consensus. Y compris à l’extrême-gauche, dans les faits (bien que toujours aussi marxistes...) : l’antiracisme permet d’effacer la lutte de classe et débouche sur l’union sacrée citoyenniste*9 C’est pourquoi les antifascistes parlent très peu de classe, d’État, de capitalisme (sinon ils perdraient les camarades syndicalistes, le Front national de Gauche, etc). Tout ça pave de fait la voie à un régime de type nationaliste : on instille la haine de l’autre chez les pauvres, et les « opposant-es » officiel-les font dans la confusion la plus totale [9].

A la CNT-AIT, on s’organise de manière autonome, entre pauvres de la classe exploitée, avec ou sans travail salarié. Nous parlons de guerre de classe, de guerre sociale, d’autonomie ouvrière. Des mots vulgaires (alors imaginez, lorsque nous mettons tout ça en pratique !) à l’heure actuelle. Mais pour nous, ce qui nous unit avec les enfermé-es des centres de rétention administratifs et celles et ceux de l’usine, c’est notre appartenance à la même classe. L’antiracisme, c’est une baudruche, et on voit où elle nous mène... Reprenons le combat de classe, de manière autonome, ici et maintenant, contre la bourgeoisie, contre l’État.

Emiliano, CNT-AIT 63
avec les apports de M., CNT-AIT 34

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