Petit Personnel Universitaire : NON A LA DOUBLE PEINE

Dimanche 5 octobre 2014, par cnt // Education

Dans les facs, il y a les enseignants, les cadres administratifs et puis, il y a les autres, ceux qu’on appelle le « petit personnel », les «  sans dents  », un Tiers-État fait de « petites » secrétaires (on est toujours « petit » quand on est au bas de l’échelle administrative), d’employés de bibliothèque, d’ouvriers de maintenance… en sous-effectif permanent, avec des procédures de travail souvent inadaptées, ces personnels finissent par s’épuiser. Certains en tombent malades. On le leur reproche. Des universités cherchent à contourner la législation sur les congés de maladie. A l’Université ex-Toulouse-Le-Mirail, dernièrement rebaptisée « Jean Jaurès » des mesures sournoises visent ce « petit personnel » en remettant en cause l’équilibre antérieur (accords locaux dits Pech). De quoi faire se retourner ce pauvre Jean Jaurès dans sa tombe ! Voici ce qu’en pensent les principaux concernés  :

L’université dans l’illégalité ?

Les dirigeants de la faculté nous disent vouloir se mettre en conformité avec les textes officiels. L’université serait donc dans l’illégalité  ? Allons donc, les accords passés, dits « Accords Pech » n’ont rien de hors-la-loi, puisque les services de l’État les ont paraphés  ! Par contre, pour ce qui concerne la journée de congé obligatoire le lundi de Pentecôte…

De toutes façons, les textes officiels sont aujourd’hui ce qu’ils n’étaient pas hier et ce qu’ils ne seront pas demain. Ils sont le simple reflet de notre société.

Non à la double peine – n’ajoutons pas de l’aigreur à la souffrance
L’université veut faire payer une double peine aux collègues malades. Au lieu de les soutenir et de les encourager dans la lutte contre la maladie, elle veut leur retirer des congés.

Il n’y a pas de maladie abusive – Il n’y a que des problèmes graves qui restent sans solution. Les maladies que les employeurs osent qualifier de diplomatiques apparaissent quand les conditions de travail deviennent insoutenables et que la direction tarde trop à trouver une réponse adéquate. Ce type de maladie est avant tout un appel au secours que l’administration refuse d’entendre.

Les commissions paritaires sont un leurre pour les employés

Le silence des syndicats dits représentatifs suite à la note DRH-DPBIATSS du 29 août 2014, applicable au 1er septembre, montre qu’ils sont en fait d’accord avec cette note. Ils viennent de démontrer (une fois de plus  !) qu’ils ne remplissent pas du tout un rôle de défense des employés mais qu’ils sont du côté de la direction lorsqu’elle prend des mesures iniques. Ce qu’ils nous présentent comme étant de la « démocratie » n’est qu’un jeu dans lequel direction et syndicats représentatifs se répartissent les rôles pour nous duper. Nous sommes toujours les grands perdants de ces jeux. Chacun remarquera qu’à ce jour aucun compte rendu de ces réunions paritaires n’a été porté à notre connaissance. On les comprend  : les uns et les autres nous jugent et, ceux qui se proclament nos défenseurs, se gardent bien de le faire.

Les syndicats réformistes ne sont pas un outil de défense

Ils sont un outil de résignation et de défaitisme. Ils sont un rouage de plus de l’institution qui, partout et toujours, attaque les travailleurs au profit de la finance et des nantis.

Les syndicats réformistes ne nous défendent pas. Ils défendent leurs seuls privilèges. « Après nous le déluge » est leur devise. C’est pourquoi lors des prochaines élections syndicales nous serons encore plus nombreux à nous abstenir cette fois que par le passé.

Ils se sont bien moqués de nous, boycott des élections professionnelles !
CNT-AIT