ESPAGNE : 22 MARS, UN « AVANT » ET UN « APRES » /// RUGISSEMENT ANARCHOSYNDICALISTE /// REPRESSION ANTISYNDICALE CHEZ TNS

Lundi 7 avril 2014, par cnt // Espagne

 ESPAGNE : 22 MARS, UN « AVANT » ET UN « APRÈS »

Aujourd’hui 22 mars, nous avons été plus d’un million de personnes à avoir transporté jusqu’à la « capitale du royaume » notre rage et notre rejet de la situation sociale actuelle. La CNT considère que cette journée de mobilisation a été prometteuse et qu’elle marque un « avant » et un « après », puisqu’elle s’est organisée en marge des CCOO (Commissions ouvrières), de l’UGT [1] et des partis politiques ainsi que sans couverture médiatique. Le 22 mars doit être le germe d’une lutte continue et commune de défense de nos droits, d’opposition aux coupes-sombres budgétaires, de défense des libertés et de dénonciation de la répression. Notre prochaine étape doit être le 1er mai et, ensuite, il s’agira de construire entre nous tous un scénario de confrontation avec le pouvoir. Pour cela nous invitons tous les travailleurs qui rejettent les syndicats officiels et qui ne nourrissent plus d’illusions à leur égard, ainsi que le mouvement libertaire, à rejoindre au mouvement de construction de ces luttes.

Cette mobilisation à été clairement victime de censure par les médias, montrant ainsi à chacun quelle est leur « pluralité » et leur « vocation à l’information objective ». Ces entreprises créatrices d’opinion ont tenté de taire l’existence de cette lutte. Cela ne leur a servi à rien, vu que la lutte s’est étendue par le bas, jusqu’à se convertir en une réalité incontestable, qui dérange et préoccupe. Sans doute s’efforceront-ils d’atténuer les faits et d’occulter les revendications ; par contre, ils mettront tout leur acharnement à donner la parole à nos honorables politicien, pour qu’ils nous disent que tout ceci n’est pas la bonne méthode ni le bon chemin, et pour qu’ils nous rappellent combien nous sommes méchants de nous mobiliser en marge de leurs diktats et de leurs farces électorales.

L’attitude des CCOO, de l’UGT, de l’USO [2] et des collectifs du Sommet social, qui se sont embarqués dans le mouvement au dernier moment pour sauver les apparences et récupérer les efforts et les luttes de tous ceux — personnes, collectifs et organisations — qui ont œuvré pour mener à bon terme cette mobilisation — nous apparaît honteuse et opportuniste. Curieuse coïncidence également que la réunion organisée cette même semaine entre les partenaires sociaux et le gouvernement. Il s’agit d’une grossière tentative de cacher leur honte, de se redonner un rôle et de revendiquer une légitimité que personne ne leur reconnaît plus à la suite de leurs trahisons et de leur corruption. Qu’ils soient ensembles ou séparés, ils échoueront tous, si nous restons unis dans la lutte, dans la rue. Aujourd’hui à Madrid c’est la voix de la classe ouvrière qu’on a pu entendre.

Nous voulons aussi exprimer notre rejet de la militarisation de Madrid, avec la présence de centaines d’escadrons anti-émeute, chargés de criminaliser d’avance une protestation sociale légitime. Ils ont peur de notre voix, et ils prétendent la bâillonner. Nous souffrons et dénonçons leurs agressions. Ils ne nous arrêteront pas ; nous resterons dans la rue.

La CNT a été présente dans la manifestation d’aujourd’hui avec un bloc formé par des milliers de militants et de sympathisants. De plus, elle a formé une part importante de diverses colonnes régionales qui ont conflué vers Madrid. Nous remercions toutes les personnes qui nous ont accompagnés aujourd’hui de leur contribution à la lutte

Pour la résurgence de la conscience de classe, rendez vous le premier mai et pas dans les urnes. Solidarité et appui mutuel !

Secrétariat permanent du Comité confédéral de la CNT-AIT

 ESPAGNE : Rugissement Anarchosyndicaliste

De la place Tirso de Molina aux alentours de la place Christophe Colon, en passant par la porte d’Atocha et la place des Cibeles, l’anarchosyndicalisme a rugi, convertissant par moments une journée progressiste, tiède et modérée en une manifestation révolutionnaire, montrant que notre message est d’actualité et nécessaire pour dépasser et en finir avec le capitalisme.

Et ça leur a fait mal, mais très mal, de contempler des milliers d’anarchosyndicalistes, sous une mer de drapeaux rouge et noir, criant à l’unisson contre ce système et tous ses complices. Ça les irritait et, ce qui est plus satisfaisant encore, ça leur a tapé sur les nerfs. Ils savent que nous sommes leurs ennemis, que nous nous ne nous asseyons pas autour d’une table pour mettre en scène la paix sociale avec le patronat et le gouvernement. Ils savent que, sans intermédiaires vendus avec lesquels ils puissent nous contrôler, l’affaire tourne mal pour eux.

La douleur qu’ils nous infligent au quotidien avec leurs «  ajustements  », leurs politiques libérales, leurs tortures para-policières et leur mépris pour nos vies, a reçu une réponse le 22 Mars. C’est pour cela qu’ils voient maintenant venir la queue du loup. Notre réponse les a poussés à cracher leur écume sur nous de la meilleure façon qu’ils connaissent : contrôle des moyens de communication pour qu’ils diffusent une seule et même ligne éditoriale, création de fausses preuves pour criminaliser les participants, augmentation de la répression et du contrôle sur la dissidence. C’est avec cette démonstration de force et cette dignité nous devons continuer jusqu’à ce qu’ils tombent.

Nous n’oublierons pas ces images exemplaires qui deviendront historiques, comme cette pancarte «  No Pasaran  » résistant à l’assaut des répresseurs, la Solfonica chantant à tue-tête pendant qu’ils nous tapaient dessus ou les cénétistes descendant la rue Atocha au cri de « Voici l’anarchosyndicale ! » Le 22 mars l’anarchosyndicalisme a rugi, et maintenant il n’y plus qu’a continuer à marcher pour dépasser ce système capitaliste une bonne fois pour toutes.
Enterrons le capitalisme !

Syndicat CNT-AIT télécommunications et informatique, Madrid.

 Espagne, répression anti-syndicale chez tns ; seat complice

TNS est un institut d’étude de marché et d’opinions chez qui les enquêteurs téléphoniques réalisent des sondages d’opinion pour le compte de SEAT. Le manque d’intérêt de SEAT envers les conditions de travail des enquêteurs rendent cette marque complice des pratiques anti-ouvrières en usage chez TNS. Les enquêteurs réalisent des journées de durée abusive (jusqu’à 12 heures) avec des contrats précaires au mépris même de la loi pendant que l’entreprise mène une politique antisociale qui met en jeu la survie économique des enquêteurs : salaires de plus en plus précaires, suppression des primes, entassement sur les postes de travail et un très long etc. Tout ceci ne fera pas taire les revendications de nos compagnons licenciés au mois de novembre dans ce qui constitue clairement un épisode de répression antisyndicale. La CNT exprime sa solidarité avec ces compagnons et déclare qu’elle continuera son action en particulier pour qu’ils réintègrent leur poste de travail. tns[chez]cnt.es - http://facebook.com/SeccionSindical
CntEnTns
TDNR

[1Commissions ouvrières (CCOO), UGT (Union générale des travailleurs) centrales syndicales proches du parti communiste pour la première, du parti socialiste (PSOE) pour la seconde.

[2USO (Union syndicale ouvrière), mouvement catholique.