A PROPOS DE LA SITUATION EN UKRAINE

Lundi 17 février 2014, par cnt // Europe

Communiqué de la kras - section de l`association internationale des travailleurs de la région russe (moscou, 27 janvier 2014)

En Ukraine, la lutte pour le pouvoir entre deux factions rivales de l’oligarchie bourgeoise, implique, malheureusement, de grandes parties de la population. La confrontation a pris un caractère brutal qui s’est accompagné de pertes en vies humaines. Les anarchosyndicalistes ne peuvent appuyer aucun des deux secteurs belligérants car ils sont tout aussi hostiles au régime de Yanukovych — avec ses politiques économiques néolibérales, ses lois répressives qui criminalisent la protestation (dont les piquets de grève et des activités libres sur internet) — qu’à « l’opposition » dont le ton est donné par les libéraux, nationalistes et des groupes ouvertement nazis. Les deux camps sont également conservateurs, nationalistes. Dans le fond, aucune différence réelle n’est perceptible entre les deux, ni sur le plan socio-économique, ni même en politique intérieure ou étrangère. Ni la soumission à l’Union européenne, ni la soumission à l’oligarchie russe ne résoudront les problèmes des travailleurs ukrainiens. Au surplus, la victoire d’une fraction ou l’autre de la bourgeoisie — qui est dans l’esprit de garder le pouvoir ou de le conquérir — pourrait bien conduire les travailleurs à un désastre encore plus important.

Nous considérons comme légitime la résistance des travailleurs contre les politiques néolibérales et contre le gouvernement dictatorial de Yanukovych. Mais, pour notre part, nous considérons inacceptable une quelconque participation dans des mobilisations aux côté d’une « opposition » nationaliste, bourgeoise et ouvertement fasciste. Nous encourageons les groupes libertaires et activistes d’Ukraine à agir de façon autonome sur leurs propres mots d’ordres et revendications socio-économiques et à les défendre au moyen de la résistance ouvrière et de la lutte sociale révolutionnaire.

Secrétariat de l’ait (varsovie, 26 janvier 2014)

De son côté, dans un communiqué, le secrétariat de l’AIT — qui reprend largement l’analyse de la KRAS — dénonce fermement la répression et la violence utilisées, aussi bien par les agents de l’Etat que par les nervis protégeant les intérêts de certains.

Vis-à-vis de l’Union Européenne présentée comme la «  solution » par certains ukrainiens, l’AIT souligne en particulier que la politique néo-libérale conduite par ce conglomérat d’Etats est loin d’amener à des avancées sociales pour les travailleurs. Bien au contraire, pouvons-nous ajouter : c’est l’austérité, une régression planifiée qui nous est imposée par les technocrates de l’UE avec plus ou moins de cruauté selon les pays. Les populations grecques, espagnoles, portugaises en font la triste expérience, et la situation de la population française commence à ne pas être beaucoup plus brillante.