UN TOIT POUR TOUS, TOUS POUR UN TOIT ENCORE UN TOUR DE FORCE DE VINCI

Dimanche 23 juin 2013, par cnt // 87 Logement

Nous, occupants depuis le 17 mai d’une maison d’un Comité d’Entreprise de Vinci précédemment laissée à l’abandon et ouverte à tous vents, avons été assignés ce vendredi 24 mai 2013 en référé d’heure à heure pour nous voir solennellement mettre à la rue.

Nous avons donc l’audace de demander pourquoi. Pourquoi des centaines de gens doivent-ils rester dehors puisque la mairie elle-même reconnaît que 2 000 logements sont réquisitionnables ? (En tout, 15 à 20 000 logements sont indéfiniment vides à Toulouse.)

Pourquoi, sinon pour entretenir dans le reste de la population la peur du déclassement et de la précarité, et augmenter toujours la soumission des populations ? Qu’est-ce que cela fait donc de nous tous ?

Et si tant de logements restent vides, alors pourquoi en construire toujours d’avantage ? Et quels logements, quels quartiers et quelles villes sont en train de nous construire les promoteurs tels que Vinci ? Des villes sans vie, toutes identiques, ayant perdu leur âme, avec bureaux, centres commerciaux, parkings et logements dont nous sommes expropriés exclusivement au bénéfice de notre odieuse jet-set ?

D’autres choses ne changent par contre pas, comme les centaines de sans-abris dans nos rues, avec enfants. Leur « progrès » n’empêche pas un tas d’arriérations et de décadence. Trouver un logement et un boulot devient de plus en plus martyrisant et illusoire.

La propriété est un dispositif jugeable à ses résultats – et quels sont-ils ? Quelques uns possèdent des dizaines voire des centaines de milliers de logements, pendant que 600 000 autres personnes vivent dans la rue.

Le 1er bétonneur mondial (des centaines de milliers de km2 par an), accumule les scandales, de la Russie à la Grande-Bretagne, en passant par Notre-Dame-des-Landes, où la préfecture a fait des centaines de blessés cet hiver. La solidarité est plus que jamais nécessaire car la loi laisse s’installer le désastre économique, écologique, humain, et réprime expéditivement toute initiative autonome. L’époque est au conformisme, à la médicalisation, à la performativité,… époque ignoble faite de responsabilité limitée et de partenariats public-privé (PPP) pour l’aménagement urbain, la rénovation de nos quartiers, tous ces rond-points, zones commerciales, autoroutes, aéroports, parkings et vidéo-surveillance…

Le jeu est truqué !

Le plaignant, Vinci, via l’ASF, est donc propriétaire de nos autoroutes du Sud de la France. Les autoroutes construites avec l’argent public sont, depuis 2005, privatisées. Mais qu’est-ce ça veut bien dire ? Ça veut dire, dans le cas de Vinci, que 50 % des bénéfices sont détournés par les actionnaires. La poule aux œufs d’or a été concédée à tarif très avantageux rassurons-nous. Tellement avantageux d’ailleurs, que nous apprenons en lisant notre dossier de référé, que le ministère de l’écologie et de l’aménagement du territoire, a gracieusement cédé, c’est-à-dire pour rien, gratuitement, notre maison à la dite société, afin qu’elle puisse la revendre à son profit. Cette entreprise n’est pourtant pas d’utilité publique, surtout dans le contexte écologique et humain, loin s’en faut ! C’est pourquoi nous estimons que Madame la juge pourrait aussi bien soutenir et encourager notre action, qui elle se réclame de la salubrité publique et pas de l’obligation d’augmentation des marges de profit des privilégiés actionnaires.

Le monde est notre jardin, et non pas un camp, un zoo ou une jungle.

PARTIR OU RESTER C’EST A NOUS DE DÉCIDER !

La société HLM Patrimoine nous a convoqués pour nous informer que nous devrions déménager en raison de risques supposés d’infiltration suite à la démolition prévue d’une partie de la barre Gluck. Nous nous sommes réunis le lundi 6 mai. Nous sommes majoritairement opposés à ce déménagement pour plusieurs raisons :

  • Pour commencer il s’agit de savoir si la destruction d’une partie de la barre se justifie. Les responsables publics nous parlent “d’utilité publique”. Laquelle ? Nous pensons que ces logements sont d’une grande utilité publique puisque aujourd’hui à Toulouse de nombreuses familles sont sans toit et ne demandent qu’à habiter de grands logements à loyer modéré.
  • Plusieurs d’entre nous sont des locataires de longue date (1971 pour les plus anciens), parfois âgés ; il y a aussi des familles nombreuses.
  • Notre loyer est payé régulièrement.
  • Nous affirmons que c’est à nous de décider si nous souhaitons ou non déménager.

NOUS NE SOMMES PAS DE LA POUSSIÈRE QU’ON DÉPLACE.

Patrimoine nous a dit que nous ne retrouverions jamais de logement équivalent pour un loyer équivalent. Pour les locataires des “Châlets”, dans la barre Gluck promise à la démolition, même si quelques-uns ont étés relogés conformément à leur demande, beaucoup ont perdu plus qu’ils n’ont gagné et d’autres sont toujours là. Patrimoine nous dit “nous sommes au pied du mur” mais nous, nous refusons d’etre au pied de l’immeuble  !

Les locataires du 5 rue Auriacombe et de la barre Gluck (06 13 06 94 62)