TEMOIGNAGES

Jeudi 27 avril 2006, par cnt // CPE

“Salariée de la fonction publique, je me suis mise en grève suite à l’appel lancé pour le 7 mars. Lorsque j’ai contacté mon syndicat pour lui demander si je pouvais continuer à me mettre en grève en solidarité avec les intermittents, précaires et étudiants qui eux poursuivent le mouvement, à mon grand étonnement, le délégué de FSU (syndicat auquel je cotise car seul présent là où je suis employée en contrat précaire) m’a répondu de façon agressive qu’il fallait à tout prix que je reprenne le travail...”

Aude


“J’étais en communication avec une cliente lorsque les manifestants sont arrivés vendredi 07 avril 2006, vers 10h 30 à Téléperformance. En fait, cela criait tellement que j’ai dû suspendre ma communication.

Ce qui est drôle, c’est que, quand j’ai dit à ma cliente que je devais abréger la conversation car des manifestants venaient de rentrer dans l’entreprise, celle-ci était toute ravie car elle aussi avait manifesté le mardi 04 contre cette loi ! En fait, c’est notre responsable qui a laissé rentrer les manifestants car ils commençaient à escalader le mur. Il a négocié leur entrée pour qu’il n’y ait pas de casse. Il pouvait difficilement faire autrement, vu que la majorité des CDD de cette boite sont ...étudiants.

Moi, j’ai arrêté ma journée à ce moment là, mais samedi, quand je suis revenue travailler, des collègues m’ont dit que l’occupation avait duré trois heures pendant lesquelles ils n’ont pas travaillé. D’après eux, ces heures seront quand même payées.”

Béa


“Je suis intérimaire à Laté-coère, et comme beaucoup d’intérimaires, je n’ai suivi aucune grève car on a toujours la crainte que la mission ne soit pas reconduite.

La section CGT était en plus très vaseuse sur le mouvement. Par exemple, un tract distribué le 27 Mars posait la question "Que ferons-nous le 28 ?". Ce n’était pas très mobilisateur de savoir que la CGT elle-même doutait de ce qu’il fallait faire, et ça laissait même pas 24 heures à ceux qui auraient voulu s’organiser un peu...

Je n’ai eu que peu d’échos du premier tract distribué aux portes de l’usine par la CNT-AIT le 27 mars, mais il est vrai qu’il y a 2000 salariés dans cette entreprise d’aéronautique. Par contre, l’intervention en piquet de grève d’un groupe de 50 personnes du comité de lutte la semaine suivante (le 4 Avril) a été très suivie dans la boite. Cela a pas mal discuté dans les vestiaires. Je crois que la présence des CRS, qui barraient l’entrée, a beaucoup contribué à éveiller les collègues. A tel point que j’ai vraiment été surpris des réactions du personnel le 11 avril, alors que les syndicats parlaient de "victoire" : ils se sont foutus de la gueule des syndicalistes. En plus, beaucoup se sont mobilisés autour du blocage des dépôts des bus de la ville ce matin là, en soutenant les 130 jeunes qui bloquaient celui de la rue d’Atlanta situé à 500 mètres. C’est la première fois, depuis 8 mois que je bosse là, que je sens vraiment une prise de conscience et c’est avec les actions de blocage qu’elle a été déclenchée.”

Axel