Un Autre Futur novembre 2012

Samedi 10 novembre 2012, par cnt // Un autre Futur

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 ON EMBAUCHE CHEZ NATAÏS

La nouvelle est parue dans la presse régionale : l’entreprise Nataïs, située dans le Gers et leader sur le marché européen du pop-corn embauche. 20 recrutements sont annoncés d’ici fin 2012. L’entreprise annonce qu’elle est en pleine expansion. Elle oublie de dire combien de salariés elle a licencié, combien d’intérimaires elle a utilisé chaque année comme autant de produits « jetables » (plus de 477 rien que l’an dernier pour une moyenne de 28 heures par an !), combien de salariés ont « rendu leur tablier » parce qu’ils n’en pouvaient plus. Voilà pourtant des informations intéressantes qui pourraient faire réfléchir les candidats potentiels à l’embauche…

Avant de signer un contrat, nous conseillons aux candidats de faire un petit tour par les Prud’hommes d’Auch (plusieurs procès vont avoir lieu au cours des prochains mois) mais aussi par le TGI de cette même ville : Nataïs poursuit en effet pour diffamation 3 salariés qui ont échangé des propos bénins sur leurs conditions de travail sur internet. L’affaire qui passera en justice le jeudi 13 décembre. Elle éclaire parfaitement les relations sociales dans cette entreprise. Comme le jugement sera public, n’hésitez pas à venir vous faire une idée. On n’est jamais mieux servi que par soi-même.

 Un toit pour nos enfants

Il était une fois, quelque part dans Toulouse des enfants à la rue, des familles sans toit et un bâtiment ouvert aux quatre vents. Pas de propriétaire à l’horizon. Est-il parti en vacances ? Non, il vit dans une autre maison beaucoup plus luxueuse. A-t-il un projet sur cet immeuble ? Non.
Eh bien, puisqu’il en est ainsi, des enfants et leurs familles rentrent dans ce bâtiment, pour se mettre à l’abri du vent, du froid et de la pluie. Pas pour longtemps. Quelques jours à peine sont passés et un procès est en cours. La justice de la liberté, de l’égalité, et de la fraternité tranchera. En attendant, des enfants ont déjà été jetés à la rue. Car mettre des enfants dehors, ça, c’est légal. Tout comme utiliser un hélicoptère et mobiliser des centaines de policiers pour expulser les familles.

Imaginez vos enfants –oui, les vôtres- réveillés au petit matin par des hurlements, jetés de leur lit les yeux encore emplis de sommeil, expulsés de dessous leur toit par une infinité de policiers armés de matraques et d’armes à feu, sous le vrombissement des pales d’un hélicoptère volant à basse altitude. C’est comme ça que cela se passe, une expulsion.

Vous trouvez ça normal qu’on utilise autant d’argent pour déloger des gens ? Moi, non. Ce qui est normal, c’est que tous les enfants aient un toit.

Maryse