Occupations en Grèce

Mercredi 14 mars 2012, par cnt // Grèce

Et on croyait qu’il n’y avait plus
d’argent dans les caisses, pour l’éducation,
la santé, le logement… Et
hop, d’un coup de baguette magique,
d’un petit clic
sur un ordinateur
et en
quelques coups
de planche à
billet, voici 130
milliards d’euros
pour
« aider » la
Grèce. Drôle
d’aide, car on le
voit bien, plus
il y a d’argent « pour la dette », plus il
y a de gens dans la misère. Mais où va
donc tout cet argent et à quoi sert-il ?

Pas à la solidarité....

Mais les actionnaires, les grands
pa-trons, les ban-ques, les grandes
entreprises ont les poches bien pleines.
La dette, tout comme la crise
financière n’a qu’un seul but, c’est
vider nos poches déjà trouées.

Mais des travailleurs d’Eleftherotypia
et des salariés de Hôpital général
de Kilkis, n’ont pas baissé les bras,
n’ont pas regardé leur vie dans le passé
mais se sont tournés vers l’avenir, et ils
ont décidé d’occuper leurs lieux de travail,
de le gérer comme ils le souhaitent.

Ils sèment, ils construisent et ils
récoltent le fruit de leur propre travail.

Extraits de leurs communiqués :

« Les travailleurs d’Eleftherotypia,
voyant que le patron demande l’application de
l’article 99 du code des mises en faillite, en
vue de se protéger de ses créanciers, en réalité
de ses salariés auxquels il doit un total d’environ
7 millions d’euros en salaires impayés
(!), ont décidé parallèlement aux mobilisations
et aux actions en justice de faire paraître
leur propre journal
 »

« Nous travailleurs de l’Hôpital général
de Kilkis, nous répondons à ce totalitarisme
par la démocratie. Nous occupons l’hôpital
public et le mettons sous notre contrôle direct
et total. Dorénavant l’Hôpital général de
Kilkis aura une gouvernance autonome et la
seule autorité légitime pour prendre les décisions
administratives sera l’Assemblée générale
des travailleurs
 »

Quand on nous dit que « rien ne
peut changer », quand on ne nous
montre dans les medias que des gens
en train de manifester leur colère et
leur rage dans l’impuissance… mais
aussi, face à tous ceux qui pensent que
rien n’est possible, que nous n’avons
pas le choix
de prendre
une autre
d i r e c t i o n
que celle
vers laquelle
nous dirigent
tous
les gouvernements
 ;
face à tous
ceux qui croient que le capitalisme fait
partie de l’avenir… je dis : regardez
ces salariés, solidaires et déterminés, ils
ne lâchent pas leur vie à la dette et ne
restent pas résignés face aux banquiers
et aux patrons voyous. Ils nous montrent
un nouveau paysage dans cette
société qui est tombée malade par la
soif du gain et du pouvoir. Une nouvelle
société basée sur l’entraide, le
partage et la solidarité est possible.

Regardez par-delà les frontières.
Tout comme en 1936 en Espagne, en
2001 en Argentine… un peu partout
dans le monde d’aujourd’hui, au
Chiapas, mais aussi en Chine à
Wukan, des villages s’autogèrent, sans
police, sans État, avec leurs banderoles,
leurs réunions publiques, leurs
débats pour décider de la suite à donner
au mouvement.

Toutes ces expériences d’autogestion,
certes fragiles, très fragiles, sont
un espoir et nous montrent bien qu’un
autre monde est possible, mais cela ne
sera pas facile... car il y a 1 % de la
population (et peut-être moins) qui est
contre ces formes d’autogestion, car
ce 1 % est systématiquement contre
toutes les formes d’autogestion. Ce 1
% est contre cette liberté grandissante
de par le monde, car il est systématiquement
contre toute liberté réelle.

Assoiffé de fortune et de gloire, ce 1
% de nantis est toujours prêt à nous
manipuler. Nos vies le laissent indifférent.
Ce 1 % se sent fort, pourtant, ils
est faible, il a besoin de nous pour
vivre. Sa grande force est d’avoir
confiance en lui. Notre grande faiblesse
est de ne pas avoir assez confiance
en nous. Prenons conscience ! La
confiance doit changer de camp.