NON A LA STO

Vendredi 6 janvier 2012, par cnt // Chomage/précarité

On a connu le STO - Service du travail obligatoire- de triste mémoire. On nous promet maintenant la STO -Semaine de travail obligatoire. Après la journée de travail obligatoire (hypocritement dénommée "journée de solidarité") imposée à tous les salariés (mais pas aux patrons). C’est maintenant quasiment une semaine par mois qu’il tente d’imposer aux titulaires du RSA. Un travail obligatoire, sous payés et discriminatoire.

Expérimentation

Une expérimentation d’un RSA avec travail obligatoire est lancée par le gouvernement. Sept heures de travail obligatoire par semaine (STO : semaine de travail obligatoire) sont envisagées par le pouvoir au service des classes dominantes. Le libre choix de son travail n’est pas respecté, puisque la classe dominante imprime le caractère obligatoire à ce projet.

Ces heures sont assorties d’une rémunération de 130 euros par mois. Les 7 heures par semaine correspondent à 28 heures de travail par mois. On remarquera l’astuce de présentation de ce projet consistant à mettre en relief 7 heures de travail et 130 euros de rémunération. Pour tenter de faire passer la pilule. Une façon de prendre les victimes du RSA pour des nigauds.
En effet, 7 heures par semaine correspondent à 28 heures de travail.

par mois pour 130 euros. On ne sait pas s’il s’agit d’une rémunération brute ou nette. En tout cas, on a affaire là, à 4,64 euros par heure. Alors que le SMIC horaire brut est de 9 euros par heure. (7,05 euros net environ). Cette rémunération n’est ni équitable, ni satisfaisante.

Elle ne permet pas d’assurer une existence conforme à la dignité humaine, y compris complétée par cet autre moyen de « protection » sociale qu’est le RSA-socle.

Les arguments motivant cette mesure sont fallacieux  : on nous dit qu’il ne s’agit pas de punir, mais de respecter les personnes et leur rendre la dignité ! Une attitude classique des pouvoirs politiques dans la démocratie représentative  : dire par des mots ce qui correspond au contraire dans la réalité.

Si ces gens le pensent vraiment, ils sont donc à côté de la plaque. Sinon, en cette période préélectorale, il peut s’agir de capter les voix des bigleux qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, qui s’en prennent aux économiquement fragilisés en fermant les yeux sur ceux qui, discrètement ou ostensiblement s’en foutent plein les fouilles par le vol légalisé.

Exclusion

C’est oublier que les victimes du RSA sont des actifs qui ont été repoussés ou exclus du monde du travail. Pour l’intérêt des entreprises ou des collectivités qui tiennent à maintenir les charges salariales au plus bas, pour disposer de bénéfices au plus haut. Souvent grâce aux progrès technologiques qui permettent de produire avec moins de bras et sans partager le travail restant entre tous. Donc pour l’intérêt des classes possédantes et le maintien de leur niveau de vie. Les possédants n’ont pas l’intention de se serrer la ceinture (crise de l’enrichissement ou pas), au contraire. Ou des actifs qui, simplement, sont des réfractaires à l’exploitation dans le lieu de travail et qui dérangent en participant à cette résistance.

Exploitation

Il y a de la force de travail à récupérer chez les RSA. En soldant, au patronat cette force de travail rejetée, comme on solde un produit commercial devenu obsolète et moins facile à vendre. Le patronat privé ou public pourra exploiter à loisir pour conforter ses bénéfices ou ses excédents, ce, grâce à un prix salarial attractif.

Un RSA, c’est donc un travailleur au rabais, une force de travail dont le cours est établi par le gouvernement, autour de 50 % maximum, pour l’usage des possédants privés ou publics. C’est aussi, une personne discriminée qu’on prépare à subir le Travail Obligatoire. Une double peine : l’exclusion + l’arbitraire sous-payé.

Il est clair que la classe politique est au service des prédateurs de la force de travail d’autrui pour produire des richesses par l’exploitation maximale de l’Homme. Au bénéfice des accapareurs qui cumulent les capitaux pour leurs intérêts privés. Et de l’État et des collectivités territoriales qui prélèvent (TVA, impôts, taxes) sur les transactions.

Sous couvert de mesures modernes et de sortir de l’immobilisme, le vieil esclavage mieux déguisé est remis à l’ordre du jour pour frapper ceux qui sont le plus dans l’ornière sociale et économique. Pendant ce temps, on voit fleurir des stèles dans des communes qui commémorent l’abolition de l’esclavage. Sortir de l’esclavage, c’est sortir du principe du salariat.

Pourquoi chaque membre valide de la société ne dispose-t-il pas d’une activité socialement utile qui lui offre en retour, un moyen équitable et décent de vivre ? Parce que la classe politique et la classe des possédants ne le veulent pas. On est confronté à l’une des hypocrisies honteuses de ce système, une de plus et pas la moindre.

Debout les pauvres !

Et ce qui est fort, dans ces démo-craties représentatives qui servent à tromper les peuples, c’est l’art politicien de faire des discours qui disent le contraire des actes qu’ils posent. Rendre la dignité, respecter, ne pas punir des gens à qui on impose l’exclusion d’un emploi décent pour les plonger ensuite dans l’arbitraire d’une encore plus grande exploitation. C’est un abominable mensonge.

Des textes universels, pourtant reconnus par les politiciens eux-mêmes sont attaqués. Même si l’on sait très bien qu’aucun texte, surtout de nos jours, ne garantit grand chose, tant ceux qui s’y engagent sont enclins à les bafouer à la première occasion.

Une partie de solution constructive consiste à agir pour instaurer un système de démocratie directe où des mandats précis et révocables sont décidés par des assemblées plénières des gens sur tous les lieux. Au lieu de donner des mandats en blanc à quelques gens minoritaires qui n’en font qu’à leur tête.

_ Des RSA. (Texte collaboratif auquel ont participé des militants CNT-AIT des
Landes).

Article 23 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme (1948) :

1. Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.

2. Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal.

3. Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s’il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale.

4. Toute personne a le droit de fonder avec d’autres des syndicats et de s’affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts.