De l’indignation à la révolution.... tout un chemin

Mercredi 16 novembre 2011, par cnt // Solidarité Internationale

En plein cœur de l’Espagne et d’une crise économique, le mouvement dit des “indignés” prendra toute son ampleur le 15 Mai 2011, ce mouvement sera ensuite appelé “mouvement du 15M”. De la prise de “la Puerta del Sol”, des campements, des rassemblements massifs aux Assemblées Populaires, toute une “dynamique” en découlera. Des liens vont vite se créer et des gens de nombreux pays vont se retrouver dans les idées et les pratiques des “indignés”.

Un peu partout dans le monde - et tout comme le printemps arabe - des êtres humains, prennent des places, se rassemblent, discutent et résistent face aux systèmes en place. En Tunisie, en Égypte ou en Libye cela sera centré sur “dictateur, dégage” en Europe, à Athènes, Rome, Espagne, France, mais aussi en Israël, cela sera “pour une vraie démocratie”.
Une marche partant de Madrid, Barcelone et Toulouse démarre fin juillet pour aller à Bruxelles devant le parlement Européen. Le 8 octobre les y voilà, et décidés à y passer une petite semaine qui n’aura pas été de tout repos pour “les indignés” car, comme d’ailleurs dans beaucoup de villes, la police est là pour les stopper, les démoraliser ou déstabiliser, juste pour faire son boulot quoi.

Mais agissant tout comme de vrais révolutionnaires, déterminés à faire ce qu’ils avaient à faire pendant la semaine -occuper des places, débattre dans les assemblées populaire et préparer la journée du 15 octobre- les manœuvres policières n’auront rien changé bien au contraire. Ils ont même reçu une invitation au Parlement, qu’ils ont bien sûr refusée, mais ils ont répondu par un petit courrier sympathique. Un extrait : “Nous pensons que notre débat n’a pas sa place dans ce parlement. Nous vous remercions pour votre offre, mais si vous souhaitez nous connaître et débattre avec nous de nos propositions, vous êtes invités au même titre que n’importe quel citoyen, à participer aux assemblées et activités qui vont se dérouler.”

Pratiquement au même moment, le 17 septembre, le mouvement “Occupy” aux États-Unis, pour dénoncer les agissements de la finance, mobilise des milliers de personnes un peu partout. A New York ils occuperont Wall Street pendant plusieurs jours. Comme dans tout pays démocratique, cela s’est passé avec plusieurs arrestations...

15 octobre, journée internationale

Après 6 mois à peine d’existence de ce mouvement apartidaire, l’appel fut un succès : 951 villes et 82 pays ont répondu à l’appel du 15M et Occupy : Bruxelles, Italie, 500 000 personnes à Madrid, plus de 15 000 dans les Asturies, 6 000 devant le siège de la BCE à Francfort mais aussi des milliers de Grecs occupant la place Syntagma à Athènes (située en face du Parlement grec), pour en finir avec cette dette qui n’est pas la leur mais celle de ceux qui ont faits des chèques en bois. A Londres, aux États-Unis, la colère gronde. En France quelques petits milliers de personne se sont mobilisées ici et là.

La journée à Toulouse [1]

Les écolos, le NPA, le Parti de gauche, Greenpeace, Attac... appellent à une manifestation antinucléaire. Une manifestation qui, comme par hasard, se retrouve à la même date que l’appel du 15M et d’Occupy.

Les indignés du nucléaire, étaient aussi de la partie, sans drapeau, ni autocollant mais avec leurs pancartes sans signature. Des militants de la CNT-AIT de Toulouse et leur mégaphone ce sont joints à eux. Plus tard en fin d’après-midi, la manifestation s’est détournée vers la Daurade où s’est déroulé une Assemblée Populaire. Nous y étions 200, 300 personnes, parfois plus... Des contacts se sont créés, des prises de parole intéressantes en tant qu’être humain, ou personne n’a affiché son appartenance politique, ont eu lieu. Même si certains tenteraient bien d’en profiter pour nous amener vers une “Constituante” ou pour aller voter. Front de gauche, PC et NPA mais aussi des “alternatifs” sont de plus en plus intéressés par ce type d’assemblée, tentent de s’y mettre, et cela aussi dans toute les partie du globes. Eux qui sont 100 % contre la démocratie directe. On devine pourquoi ils viennent...

Une vingtaine de personnes sont en suite parties en direction du Bazacle (édifice appartenant à EDF) pour accrocher une banderole “NON au nucléaire-Oui à la “démocratie” “Occupy”.

Ces rencontres et échanges populaires font partie de ce processus révolutionnaire qui, nous l’espérons, est en cours. Au fur et à mesure du temps, comme les problèmes qu’ils soient écologiques ou bien économiques ne vont faire qu’augmenter, l’indignation et la révolte aussi. Certains vont s’organiser pour obtenir une vraie démocratie directe. Et d’autres vont rester campés sur leur idées. Ils nous pousseront à aller voter, et une fois leur “maitre” couronné, ils nous diront de rentrer tranquillement chez nous, et rien ne changera.

Mais, “Si pas de "maître" alors plus d’esclave” ! C’est à chacun de décider de sa vie, tout en respectant celles des autres.

Voter, c’est mettre un bout de papier dans une urne, alors qu’aujourd’hui il est temps de faire de grandes choses : décider ensemble de ce qui est bien pour toute l’Humanité, débattre ensemble sur quel monde nous voulons pour les générations futures. Si nous ne les faisons pas, d’autres gens s’en chargeront à notre place et nous ne pourrons voir qu’augmenter le désastre !
PDM_

[1Sur la manif de Toulouse, lire le témoignage « Un peu de vent frais ». Pour un point de vue quelque peu différent sur le mouvement des indignés voir « Solidaire ou solitaire » et «  Indignez-vous ? Révoltez-vous   »