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Un Autre Futur Avril 2011

Publié le 11 avril 2011

LES PRIX AUGMENTENT, LES SALAIRES PAS JUSQU’A QUAND ALLONS NOUS TOLERER ÇA ?

En quelques mois, le gaz a augmenté. Trois fois. L’électricité a prix plus de 6 %. C’est pas fini. EDF compte nous imposer une augmentation de 30 %, par tranches annuelles d’au moins 5 %. Histoire de bien nous plumer. Chaque fois qu’on passe à la pompe, c’est pour prendre une hausse : plus 13 % pour l’essence, 18 % pour le gazole (sur un an). Ce serait la faute «  aux matières premières qui ne cessent d’augmenter  ». Oui, mais pour les loyers, il n’y a pas de « matières premières », du moins pour ceux construits depuis fort longtemps (et plusieurs fois amortis depuis), et leurs loyers grimper quand même (plus de 12 % en moyenne). Pourtant, pour ces logements, il n’est pas question de matières premières. Ça n’empêche pas la hausse et pour cause : les « explications » qu’on nous donne n’expliquent rien du tout et ne servent qu’à nous endormir. Côté alimentation, la valse des étiquettes continue... On nous annonce une explosion du prix des produits de base. La farine (et par conséquent le pain, les pâtes, la semoule... c’est-à-dire ce qui permet à beaucoup de familles de survivre) va prendre d’un coup 15 à 20 %. Pareil pour le café. Sans compter tout le reste : le beurre, le chocolat, les fromages... hausse de 3, 5 ou 10 % selon les estimations.

A coté de ça, les salaires n’augmentent pas (quand ils ne sont pas rabotés d’une façon ou d’une autre), les petits producteurs (agriculteurs...) voient leurs revenus baisser, les retraites deviennent misérables, les fonds sociaux (lycéens...) sont largement amputés...

Mais où va donc la différence ? La réponse est simple, et au fond, presque tout le monde l’a dans la bouche : il y en a quelques uns qui s’en mettent plein les poches. Car, ce qu’il y a derrière toute ces hausses de prix, c’est le mécanisme de base du capitalisme : une poignée de privilégiée devient de plus en plus riche, la majorité devient de plus en plus pauvre. Les privilégiés ont toute liberté pour spéculer, boursicoter, accaparer des marchandises pour provoquer la rareté, revendre au prix fort... ils ont les Etats (politiciens, police, armée, justice, médias, partis et syndicats) à leur service pour réglementer, réprimer, endormir, mener les luttes dans les impasses.

Globalement, tout le monde sait bien que c’est comme ça. Reste la grande question, la seule : jusqu’à quand allons-nous accepter ça ?

Les derniers événements en Afrique du Nord ont révélé les liens privilégiés qui unissent les membres des castes au pouvoir en France avec les familles, telles celles de Ben Ali et Moubarak. Et qui se ressemble s’assemble, dit-on... Alors, allons-nous attendre que le pillage s’amplifie  ? Allons-nous attendre une crise alimentaire  ? Allons-nous attendre de manquer totalement du nécessaire pour réagir  ? Allons-nous, une fois encore, nous laisser berner par des élections (présidentielles...)  ? Ne vaut-il pas mieux relever la tête, prendre nos affaires en mains et nous organiser de façon autonome et responsable ?

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Japon : une vague marine provoque une catastrophe nucléaire mondiale

Tout est en ordre, tout est sécurisé. Vous ne risquez rien : l’énergie nucléaire n’est pas dangereuse. Tout est sous contrôle. Tous les risques sont prévus, même les tremblements de terre, même un avion qui se scratche... C’est ce que tous les gouvernements (de toutes couleurs) nous chantent en France depuis 50 ans  !

Pourtant, tout le monde le sait : le nucléaire est très dangereux. Sans parler même des dizaines de milliers de victimes qui l’ont payé au prix fort à Hiroshima ! Des accidents, il y en a eu. Tchernobyl (avec son fameux nuage qui a miraculeusement contourné la France) aurait dû être un signal fort. Pourtant, tout à continué encore pire qu’avant : encore plus d’investissements, plus de centrales, plus de projets démentiels.

Pourquoi ? Parce que, qui dit investissement dit production, dit rentabilité, action, bourse, dollar, bénéfices... Que la planète crève, que les cancers de la thyroïde ou d’autres organes se multiplient, que des zones entières deviennent invivables,... le lobbie du nucléaire et les responsables politiques à sa solde n’en ont strictement rien à faire. Alors qu’autour de Fukushima, la vie ne sera plus possible dans un rayon de plusieurs dizaines de kilomètres (et peut être plus), que des nappes phréatique sont définitivement contaminées, que la mer elle-même est irradiée, qu’un premier nuage toxique a parcouru la planète... le lobby nucléaire n’en démord pas. Il continue sa propagande, il continue à vouloir nous faire croire qu’en France, nous ne risquons rien.

Même au Japon, si « zen », la colère commence à gronder, le 27 mars, en dehors de tous les partis et syndicats, complices du nucléaire, des centaines de japonais se sont réunis à Nakoya et à Tokyo en affirmant : « Nous ne voulons plus être irradiés », «  Nous pouvons choisir un autre type de vie », « Nous ne devons pas laisser des produits dangereux pour les générations futures » et bien d’autres revendications.... Une minorité qui se réveille et qui porte l’espoir que d’autres façons de vivre sont possibles.

Combien sommes-nous, au Japon comme ici, à ne plus faire confiance à ces politiques et à tous ces «  responsables » (dans la réalité, de parfaits irresponsables !), qui, grassement payés, sont dans l’incapacité de résoudre les problèmes qu’ils ont eux-mêmes créés  ? Un nombre - notre nombre - qui augmente de jour en jour. Alors, reprenons confiance en nous-mêmes ! Nos mains, nos bras, nos têtes, peuvent servir à autre chose qu’à fabriquer de l’énergie de destruction massive. Nous n’avons pas besoin de chefs pour nous dire quoi faire. C’est à nous tous de reprendre notre destin en mains. Autogestion, autonomie, solidarité, égalité, et liberté, nous feront certainement sortir du nucléaire, et pas que de ça.....

CATASTROPHE NUCLÉAIRE
POUR EN DÉBATTRE
Toulouse, Salle DURANTI, _rue du Lt-Col Pelissier
(métro Capitole),
jeudi 14 avril, 20 h 30
CNT-AIT

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CANTONALES : Les candidats étaient masqués

Ils n’étaient pas très fiers d’eux, les candidats aux récentes cantonales... Bien que très à droite «  Le Figaro  » a été obligé de l’avouer  : « ... de plus en plus de candidats cachent leur appartenance politique au profit d’un étiquetage local, jugé moins périlleux électoralement  ». Un mensonge par omision et par dissimulation... Quant aux candidats du Front National, ils sont légion à ne pas avoir osé montrer leur bobine sur les affiches électorales  : à leur place, il y avait une photo de la Marine.

Pourtant, il y a en France une loi qui interdit de ne pas montrer son visage en public. Par exemple, quelqu’un qui porte une cagoule dans une manifestation risque une amende et même de la prison... mais, ce qui est valable pour le petit peuple n’est pas valable pour les politiciens  : eux peuvent dissimuler leur visage derrière celui d’une autre sur les affiches électorales et ils peuvent cacher leur véritable appartenance politique derrière des noms de circonstance (par exemple « Le 13 en action  » derrière quoi se cachaient les candidats du parti socialiste dans les Bouches-du-Rhône ou «  Savoie pour tous  », « Loire pour tous » masque pour ceux de l’UMP en Savoie ou en Loire...). Les politiciens ont bien raison d’avoir honte et de se cacher  : de plus en plus de gens ne les supportent plus. C’est pourquoi le parti qui a gagné les cantonales, c’est le parti de l’abstention, à plus de 55 %  ! Majorité absolue au premier comme au deuxième tour. Aujourd’hui, la preuve est faite, les «  élus  » ne représentent qu’une minorité.

Tu aimeras ton prochain comme toi-même, mais de loin...

Pour dénoncer la fermeture des foyers d’hiver et leur mise à la rue, une trentaine de SDF avaient cru pouvoir trouver un refuge symbolique en la cathédrale de Toulouse. Ils n’y ont pas fait de vieux os  : quelques heures à peine après leur arrivée, l’évêque les a fait virer par les CRS, avec tous ses regrets et toute sa compréhension dit son communiqué. L’amour du prochain a des limites...

...et tu le filmera de près

Quand au maire, il vient de décider de multiplier les caméras dans la ville. Ceux qui ont voté pour lui aux dernières municipales parce qu’il jurait être «  anti-caméras » se sont bien faits couillonner. Ils savent ce qu’ils doivent faire la prochaine fois  : s’abstenir !

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Un lycéen tué pendant son stage, ça compte pas

Vous en avez entendu parler, vous, de cet élève du lycée Françoise Dolto de Monceau, qui vient de mourir étouffé, noyé dans un bac de décantation ?

Pour lui, pas de « Une » dans la presse, pas de reportage au journal télévisé, pas de déplacement de ministre pour l’enterrement. Pour lui : rien.

Un lycéen tué pendant son stage obligatoire, pour les gens qui nous dirigent, ça ne compte pas !

Ah, s’il était mort dans une bagarre entre jeunes, ah, si un policier avait été simplement blessé1... là, on en aurait entendu parler, et pas qu’un peu. Peut-être même qu’il y aurait eu une loi anti-jeune de plus... Mais, quand ce sont les conditions de stage, les conditions de travail qui assassinent ... c’est le silence le plus complet !

Lui, il s’appelait Loïc Lamboeuf. Il avait 19 ans et toute la vie devant lui. Il habitait à Torcy (Saône-et-Loire). Il était en bac Pro « Hygiène et Environnement ». Il était en stage obligatoire, chez Veolia. Le matin, son chef lui a demandé d’aller nettoyer les grilles au-dessus d’un énorme bassin de décantation. Loïc est monté dessus pour le faire. Il est passé à travers. Il a eu une mort horrible : étouffé ou noyé, dans la boue et les détritus du bassin. Les pompiers ont mis des heures pour pouvoir retrouver et récupérer son corps.

Qu’on ne nous parle pas d’accident : un accident, c’est fortuit, c’est quand on n’a rien pu faire pour l’éviter. Quand on envoie un jeune inexpérimenté accomplir une tâche dangereuse, on prend des précautions. On s’assure par exemple que les grilles sur lesquelles il doit marcher sont bien fixées, pas vétustes, qu’elles peuvent supporter son poids... De plus, quand on est dans un environnement professionnel dangereux, on s’occupe de savoir si tout se passe bien. Loïc, lui, était seul sur les grilles. C’est quand on ne l’a pas vu revenir qu’on s’est préoccupé de son sort. Trop tard.

Chaque année, des ouvriers du bâtiment, de l’agriculture, des transports, de l’environnement... meurent ou sont esquintés dans des conditions inacceptables. Cet automne, en Côte-d’Or, un autre jeune stagiaire a eu les deux jambes coupées sur son lieu de stage... mais tout cela n’empêche de dormir ni les patrons, ni les politiciens, ni les journalistes !

TUÉS AU TRAVAIL : LES CHIFFRES PARLENT

Bien qu’elles soient difficiles à dénicher, les statistiques sont parlantes. Regardons par exemple ce qui se passe dans le BTP (bâtiment et travaux publics). On dispose de chiffres officiels, ceux de la CNAM (Caisse nationale d’assurance maladie). Ils sont publiés pour la période qui va de 1990 à 2008. Dans cette période, sur moins de vingt ans donc, ce sont 3 420 travailleurs du bâtiment qui ont été tués du fait de leur travail. Ce qui fait une moyenne énorme : 180 morts par an (1) ! Un ouvrier du bâtiment est tué en France tous les deux jours ! Mais pas plus qu’on a entendu parler de la mort de Loïc, le lycéen stagiaire noyé dans une cuve de décantation, on ne peut pas dire que ces 180 « victimes du devoir professionnel » dans le bâtiment fassent beaucoup parler d’elles.
(1) À titre de comparaison, 7 policiers ont été tués pendant leur service en 2009.

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Tunisie, c’est pas fini

Depuis quelques temps, les médias sont devenus plus discrets sur la Tunisie. Et sur Ben Ali, plus un mot. Aux dernières nouvelles, il était malade, le pauvre homme ! On le plaindrait presque... Souffrant, il était, parait-il, hospitalisé en Arabie Saoudite, mais ne doutons pas qu’il y soit entouré de la plus grande attention.

Il a disparu des médias qui avaient annoncé, en grandes pompes, que ses avoirs et ceux de sa famille, étaient gelés. Faut-il rappeler que la fortune du dictateur, il l’a acquise sur le dos du peuple ? Mais le départ du dictateur, chassé par ce dernier, est loi d’avoir résolu les problèmes. Tout reste encore à faire. Va-t-on nous servir que l’état tunisien a besoin de capitaux, notamment internationaux, pour redresser la situation ? Ben Ali dont les avoirs étaient gelés n’a pas l’air pressé de rendre au peuple ce qui lui appartient.

La liberté, le peuple ne la lui a pas demandée, il l’a prise. Et même si les médias semblent saluer ce renversement, il faut bien comprendre que si Ben Ali a quitté le pays les poches pleines, il a laissé au peuple un héritage  : celui d’un Etat fidèle serviteur du capitalisme. Les capitalistes ne renonceront sûrement pas aux engagements pris par Ben Ali et sa clique. Ils réclameront que ces «  engagements  » soient respectés afin de garder leur mainmise sur les tunisiens à travers une pseudo-démocratie dont ils sauront bien s’arranger.

Il est clair que la chute de Ben Ali ne suffit pas, même si elle constitue un premier pas. Les véritables enjeux vont au-delà du dictateur. Il s’agit pour le peuple de se réapproprier non seulement une liberté d’expression mais aussi, concrètement, tous les leviers de l’économie et de la vie sociale sans rien laisser aux imposteurs habituels de la politique, d’où qu’ils viennent. Le peuple libre ne peut pas se contenter d’un gouvernement, justifié par une mascarade électorale, sous prétexte de stabilité. Le peuple doit refuser la voie tracée par les lobbies des intérêts financiers et balayer la dictature jusqu’au bout.

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