Tunisie, Egypte, Yémen, et partout dans le monde : DEHORS LES CRIMINELS

Lundi 21 février 2011, par cnt // Proche et Moyen Orient

Depuis tant d’années, qu’ils oppriment, depuis tant d’années qu’ils exploitent, depuis tant d’années qu’ils tuent par la torture, par des assassinats, par la faim... Depuis tant d’années que tout le monde le sait et que (presque) tout le monde fait semblant de l’ignorer... Tant d’années...que cela paraissait devoir durer toujours... Jusqu’à ce que les gens les plus simples, les plus méprisés, ceux qui sont supposés n’y rien comprendre parce que pas « politisés », pas « éduqués », pas de « l’élite » descendent en foule dans les rues de Tunis pour clamer à la face du monde : ceux qui nous dirigent ne sont qu’une bande de criminels !

L’EPOUVANTAIL DE L’ISLAMISME

Pour justifier leur terrorisme d’Etat, les criminels au pouvoir se présentent comme les remparts contre l’islamisme. Rien n’est plus faux. Tout comme en France la politique ultra-sécuritaire et répressive du gouvernement avec sa propagande sur « l’identité nationale » nourrit le discours de haine et fait monter les néo-fascistes ; les pratiques coupables des Etats maghrébins font monter l’islamisme. Au lieu d’être des remparts de la « démocratie », ils sont les fournisseurs du totalitarisme !

LES ELITES ONT TRAHI

Achetées, imprégnées de post-modernisme, faisant sous couvert de « respect de la différence » le jeu de la propagande la plus réactionnaire (nationalisme, régionalisme, religion,...), raillant les droits fondamentaux des travailleurs, méprisant le « petit peuple », niant même que l’oppression fondamentale provient du capitalisme et de l’état, ceux qui se prétendent « l’élite » (médias, universitaires,...) et qui en ont tous les avantages, ont été massivement les complices du système. Aucune confiance ne peut leur être faite.

LA CLASSE POLITIQUE FRANÇAISE COUPABLE

Quand la ministre française des affaires étrangères, la dame Alliot-Marie, propose au dictateur Ben Ali d’envoyer gracieusement sa police pour l’aider à réprimer le peuple, quand le ministre de la « culture », le sieur Mitterrand, trouve toutes les excuses pour justifier le maintien au pouvoir d’une bande corrompue, la classe politique française de droite montre son vrai visage : celui du cynisme, de la corruption, de la répression et de l’exploitation.

Quand l’Internationale socialiste compte parmi ses responsables des Ben Ali, des Gbagbo, mais aussi des Strauss-Kahn (président du FMI), des Lamy (président de l’OMC) alors que le FMI et l’OMC sont des armes de destruction massive tournées contre les populations du monde, elle montre également son vrai visage : c’est le même : cynisme, corruption, répression exploitation ! Droite, gauche, milieu... le peuple n’a qu’une chose à faire de tous les politiques : les renverser !

L’ESPOIR SE LEVE AU SUD

Par son courage, par sa détermination, par son intelligence, la classe exploitée tunisienne vient de donner à tous et à chacun une leçon d’espoir. Faisons tout ce qui est possible pour la soutenir dans une voie qui, écartant les politicards, les religieux, les capitalistes et autres manipulateurs conduise vers un autre futur

Télécharger Un Autre Futur - Février 2011 (PDF - 11.4 Mo)

« INGERENCES ? », VOUS AVEZ DIT « INGERENCES » ?

Le 12 décembre dernier François Baroin a dit : « La Tunisie est un ancien protectorat français. Compte tenu de nos liens d’amitié et compte tenu de notre histoire commune, aller plus loin serait faire preuve d’une ingérence qui n’est pas du tout la ligne de (notre) diplomatie ». Mais j’ai du mal à comprendre pourquoi alors Sarkozy s’est mêlé des élections en Côte d’Ivoire. Ce pays est aussi une ancienne colonie et nous avons aussi une histoire commune. Pourquoi donc nos politiciens soutiennent Alassane Outarra ? C’est pourtant autant un dictateur que Laurent Gbagbo.

La réponse est que les politiciens sont des menteurs.

La preuve ?

Cette déclaration de Michelle Alliot Marie(1) : « Nous proposons que le savoir-faire qui est reconnu dans le monde entier de nos forces de sécurité permette de régler des situations sécuritaires de ce type. C’est la raison pour laquelle nous proposons aux deux pays [Algérie et Tunisie, ndlr], dans le cadre de nos coopérations, d’agir en ce sens pour que le droit de manifester puisse se faire en même temps que l’assurance de la sécurité. ». Alors pourquoi dit-elle le contraire de son porte-parole ? Soit elle n’était pas au courant de la « ligne politique » de son gouvernement. Soit sont ami Baroin est un menteur...

Diego

(1) Amie personnelle de Ben Ali. Accessoirement ministre des affaires étrangères.


 LA PESTE OU LE CHOLERA

Comment ne pas se poser des questions sur le soutien sans faille que porte Nicolas Sarkozy au président « bien élu » de cote d’Ivoire Alassan Ouatarra ? L’ancien président Tunisien était lui aussi soutenu par l’Élysée, et Ben Ali était un dictateur...

Alassane Ouattara est présenté comme l’alternative « démocratique » a une situation politique très dégradé dans ce pays (1). Pourtant le « président », pour prendre la place de Gbagbo, s’est allié avec Henri Konan Bedié, celui-là même qui a utilisé le concept d’ivoirité(2) pour pouvoir diviser son pays et régner plus efficacement. Les reportages qui font de Ouatera un « honnête politicien » qui incarnerait l’espoir de voir la démocratie triompher en Côte d’Ivoire sont mensongers. Les journalistes qui acceptent de donner cette version sont des menteurs et des complices des horreurs passées et futures. La vérité est que chaque camp est corrompu jusqu’à la moelle, et que l’action politique locale ne se décide qu’en faveur des intérêts des grandes entreprises françaises comme Bolloré ou Bouygues.

Dans son numéro de janvier de « Billets d’Afrique » l’association Survie fait le bilan de dix ans de désastre politique en Côte d’Ivoire. Cette citation finira peut-être de convaincre les plus incrédules :

« Le 6 octobre 2002, cent-dix personnes, gendarmes et leurs enfants, sont extraits de leur caserne et emmenés dans une prison où ils sont immédiatement abattus par des combattants du MPCI, dont le secrétaire général est Guillaume Soro. Aucune suite ne sera jamais donnée à cette tuerie. »

Guillaume Soro est le chef de la rébellion anti- Gbagbbo. Il est dans le camp de Ouattara. On comprend donc que l’action « démocratique » est loin d’être l’option choisie par les opposants à Gbabbo. Non, Allassan Outarra n’a pas été démocratiquement élu. Les fraudes ont eu lieux dans les deux camps qui sont aussi corrompus l’un que l’autre. Non Allassan Ouattara n’est pas un inoffensif politicien qui désire servir les intérêts des Ivoiriens. C’est un dictateur en puissance, soutenu par les capitalistes qui hier soutenaient Gbagbo l’ignoble dictateur actuel.

1. - La France a introduit des divisions dans la population ivoirienne. Elle a poussé des rebelles proches de Ouattara à monter une partie de la population contre l’autre sur des bases religieuses (le nord musulman contre le sud chrétien) et ethniques
2.- L’ivoirité est un concept d’extrême-droite qui introduit une différence entre les « vrai » ivoiriens « qui sont là depuis toujours » et les « faux » qui seraient là depuis moins longtemps. C’est l’équivalent de « la France aux français ». Rappelons que c’est ce genre de concept qui a entraîné le génocide au Rwanda


 LA PEUR CHANGE DE CAMP

Le tremblement de terre causé par le soulèvement populaire des habitants de Tunisie bouscule les Etats et les dictateurs arabes et leurs alliés. Les immolations qui ont eu lieu dans toute la région ne sont pas pour les rassurer.

Bouteflika, président-dictateur algérien, déploie ses forces répressives (formées par la France) et son matériel « de maintient de l’ordre » (fourni par la France). En même temps il fait baisser les prix des produits de premières nécessités et acheté un gros stock de blé et de farine. Il semble vouloir calmer les gens de peur de se faire virer comme son voisin tunisien. Pendant ce temps en Libye, Kadhafi, a lui aussi, dû baisser les prix. Un grand nombre d’habitants n’ayant pas de quoi se loger, a auto-réquisitionné des habitations. La police a dû laisser faire, qu’il s’agisse de logements publics ou même privés. Kadhafi n’a pas eu d’autre choix que d’approuver et même encourager ces initiatives, ce qui aurait été évidemment impossible il y a deux mois.

En Tunisie les habitants des quartiers de tout le pays se sont organisés spontanément pour assurer leur sécurité contre les flics-voyous que Ben Ali a laissé derrière lui pour effrayer les gens et provoquer le chaos. Mais cette stratégie ne fonctionne pas. Les travailleurs sont dans la rue et on a vu ceux de l’entreprise STAR (Société Tunisienne d’Assurances) virer leur PDG Abdelkarim Merdassi. Ce qui effraie le plus le pouvoir c’est que tout le monde se rende compte que, malgré la vacance de pouvoir, la vie continue.

Le gouvernement saoudien a été obligé d’annoncer que Ben Ali était en résidence surveillé et qu’il avait interdiction de fait quoi que ce soit qui nuise à son pays. Effet d’annonce ou pas, en tout cas force est de constater qu’ils sont obligé de montrer patte blanche face à une opinion internationale plus que favorable à la révolution tunisienne.

Le parti communiste chinois, lui-aussi, a peur de la contagion des révoltes arabes. Il a interdit tous les sites internet contenant le mot « Egypte »...

La peur change de camp, l’espérance aussi.

 QU’ILS DÉGAGENT TOUS !

La presse Française qui couvre les événements en Tunisie est généralement conciliante avec l’ancien régime, et n’hésite pas à donner la parole aux personnes soit-disant modérées, et on a droit à des « Je suis contente que le mouvement s’apaise, je vais pouvoir revenir en cours » d’une étudiante, ou alors à des « On a besoin de ces ministres (NDR : les anciens de Ben Ali), pour pouvoir passer de la dictature à la démocratie » dit une femme en tailleur (source Yahoo actualité).On a l’impression qu’ils parlent d’une grève des services publics en France. En effet de là à dire « Ils prennent la population en otage ! » il n’y a qu’un pas !

En attendant en Tunisie, le couvre feu est toujours de rigueur. Même allégé, c’est toujours un couvre feu. Il faut donc en déduire qu’en Tunisie ils ont chassé un despote, mais que rien n’est encore gagné ! Souhaitons du courage aux révolutionnaires Tunisiens. Surtout ne vous faites pas embobiner ! Les « nouveaux politiciens » au gouvernement avec l’ancien premier ministre, ça sent vraiment trop l’escroquerie. Qu’ils dégagent tous !

Dédé


 PAS DE QUARTIER SUR LES IDÉES PRÉCONÇUES !

Quand les médias parlent des banlieues, qu’importe la chaîne de télé, cela me hérisse les poils, je ne dirai pas où ça me hérisse, je risquerai d’être vulgaire. Quand on les écoute cela commence par « les zones de nondroit avec les trafics de drogues et d’armes qui circulent par l’économie souterraine », ça continue par « les étrangers qui refusent de s’intégrer à la communauté nationale », et ça finit par « le fanatisme religieux » ... Moi, j’ai un problème avec ce discours. Les quartiers dont ils parlent, je les connais, j’y vis, les gens y travaillent, ils y ont des ami(e)s, de la famille, des relations sociales normales. Ce qu’ils disent eux, c’est tout simplement de la propagande d’un Etat qui est en train de se fasciser de plus en plus tous les jours, qui a produit cette misère sociale, et qu’importent les gouvernements de gauche ou de droite qui se sont succédés depuis plus de quarante ans. Pour ma part, j’appelle la population à ne pas se laisser le racisme, le machisme, l’homophobie, les religions et le communautarisme prospérer dans les quartiers. Cela à malheureusement touché une certaine partie d’entre nous ; les plus démunis qui ont été laissé tomber et qui n’ont pas trouver autre chose que ses saloperies pour exprimer leur colère. Oui je vous le dit, nous retisserons nos liens, nous serons solidaire les uns avec les autres face à l’épreuve de force qu’ils essayent de nous imposer, nous apprendrons à gérer nos quartiers par nos propres moyens. La misère qu’ils ont semée, on s’en débarrassera et eux avec elle !