Le cheval de Troie, c’est la social-démocratie

Dimanche 2 mai 2010, par cnt // Chili

La social-démocratie, chaque fois qu’elle à a eu l’occasion d’accéder au pouvoir, s’est toujours évertuée à servir au mieux les intérêts des capitalistes, à assurer un profit maximal à une minorité d’exploiteurs. La social-démocratie a toujours été au service de la bourgeoisie et contre les prolétaires. Un des derniers exemples en date est celui du Chili. De l’avènement de Bachelet à la fin de son mandat, les compagnons de la région Chili ont pu constater un accroissement de la répression, et pas seulement contre eux mais aussi contre le prolétariat en général.

Bachelet et sa clique ont été un véritable cheval de Troie utilisé par le capitalisme contre la classe ouvrière et les femmes de cette région du monde. Elle qui se présentait comme une véritable alternative ! En fait, il y a eu duperie ; et qui en supporte les conséquences  ? Toujours le petit peuple.

À la suite du tremblement de terre, environ 10 000 militaires ont été déployés dans les zones les plus affectées par le désastre. Non pas pour aider la population mais pour restaurer "l’Ordre", avec un grand "O"  : couvre-feu de 21 heures à 6 heures du matin pour des gens dont l’habitat est en grande partie détruit ! Et couvre-feu qu’ils font scrupuleusement respecter par les armes. On n’avais n’avait plus vu ça depuis la dictature de Pinochet. Faire respecter l’Ordre, c’est surtout s’attaquer aux "pillards". Et les pillards, pour Mme Bachelet, ce ne sont pas les banquiers qui ruinent la planète, ce sont les pauvres gens, tous ceux qui vivent dans les "poblaciones" (bidonvilles), dont les masures ont été effondrées, et qui n’ont rien à manger ! Chaque membre du gouvernement y va de son petit commentaire du genre "Ce n’est pas que de la nourriture qu’ils volent" ou "Ils prennent télévisions et équipements de musique, que l’on ne vienne pas me dire que c’est pour manger" (Jacqueline van Rysselberghe, mairesse de Concepción, seconde ville du pays). Ils font preuve d’un véritable mépris pour les plus démunis. Pendant qu’ils causent, les vivres n’arrivent pas ! Dans cette catastrophe, la restauration de l’Ordre est avant tout une chasse aux plus pauvres.

Mais ce n’est pas quelque chose de récent. De la répression de 1907, à Iquique à celle de 2007, dans la région de Bio-Bio (un nom qui aurait dû déclencher à lui seul la solidarité de tous les « "verdâtres" », qui s’en sont bien abstenus), les répressions, menées par tous les partis politiques, y compris les sociaux-démocrates, sont légion. À Bio-Bio, des travailleurs forestiers se sont mis en grève pour de meilleurs salaires et pour de meilleures conditions de travail. S’ensuivit une répression brutale de la part de la police, qui a tué un travailleur et grièvement blessé sa compagne (qui a perdu un oeil !). L’intendante de la région, María Soledad Toha, a soutenu sans réserve les policiers en expliquant bien à la presse que ces travailleurs agissaient dans l’illégalité. L’affaire a été classée sans suite.

Nos compagnons anarchosyndicalistes, anarchistes, et autres, ont aussi fort à faire avec la répression qu’ils subissent. Certains d’entre eux sont emprisonnés pour avoir simplement collé des affiches ou appelé à une manifestation ou à d’autres actions de militantisme. La répression, légalisée par une loi antiterroriste, et le harcèlement poursuivent une escalade frénétique. Voici comment les illusions sur la social social-démocratie et le mythe d’un "camp de gauche" demeurent la meilleure arme de la contre contre-révolution .

Il est important et utile de dénoncer les fumistes qui prétendent changer le système de l’intérieur.

Chilenito