DUR DUR LA GREVE DANS LE PRIVE

Vendredi 6 mars 2009, par cnt // Actualité

Je travaille depuis 2 ans en CDI dans un magasin du centre ville, bonne ambiance, équipe sympa et dynamique, responsables corrects et plutôt conciliants, bref d’assez bonnes conditions de travail (enfin, meilleures qu’ailleurs, comme on dit) donc, deux ans et jamais de mécontentement, pas de revendication quelconque et encore moins de grève. Juste quelques chuchotements concernant les salaires (gagner à peine 1000 euros par mois quand on paye un loyer de quasi 600, c’est dur !) ou les heures supplémentaires majorées, oui, comme le dit la loi, mais jamais payées, juste récupérées...

La crise ? On n’en parle pas. Les objectifs grimpent, le magasin doit marcher coûte que coûte. Les manifs qui passent devant le magasin ? Pfff. Cela fait tomber le chiffre. Le monde, qui va mal ? Cela tombe bien : notre magasin offre du réconfort, du bien être... Bref les affaires tournent.

Mais si nous enlevons les œillères, les licenciements près de nous qui vont bon train, comme à la FNAC, la cherté de la vie, les difficultés pour élever nos enfants, le travail du dimanche et autre... Vraiment moi je commence à me sentir de plus en plus concernée.

Donc à la grande surprise générale je décide de me mettre en grève, et pour le 29 janvier, j’annonce que je ne viendrai pas. Pas possible ! Non ! Ne fais pas cela ! Tu vas te faire mal voir ! Je suis d’accord avec toi mais tu comprends j’attends de l’avancement... J’entends tous les sons de cloche chez les collègues et je comprends que je serai seule.

Voilà la responsable. Elle me propose de récupérer les heures, de me mettre en RTT.

Non, non j’assume, je ne veux pas être payée et je veux être déclarée en grève.

Et là, c’est la grosse affaire, il me parle alors d’un préavis de 48 heures, me dit que le tract que j’avais amené en salle de repos ne suffit pas... Bon, renseignement pris le préavis de 48 heures, moi je suis pas concernée, c’est pour la fonction publique, pour le reste je faxe la veille au soir l’appel à la grève d’une fédération "officielle" du commerce, c’est plus que suffisant.

Finalement quand le lendemain de la grève, satisfaite d’avoir acté cette liberté, je reprends mon travail, mon responsable, ne me fait aucune remarque, il n’en a d’ailleurs aucun droit. Quant à mes collègues qui n’avaient jamais vu cela, ils n’en reviennent pas que cela se passe ainsi !... Maintenant, s’il y a des licenciements économiques prochains, je ferai peut être partie de la charrette,... peut être pas. Le samedi 31 janvier, nous sommes toutes en débriefing avec le directeur régional et, là, il nous évoque la crise et on nous annonce une augmentation de 3,3 pour cent. Quant au 19 mars, j’ai appris hier que, j’ai été mise d’office de repos sur le planning à cette date (certainement pour éviter de faire tâche ) !

La casquette

Dans le fast-food où je travaille, ce symbole de la restauration rapide, imprégné d’huile de friture, tombe sur le regard et nous oblige à lever la tête quand on nous parle. Comme si on était "petits" face à l’autre. Quelle que soit la personne qui nous parle, patron ou client, la visière nous abaisse. Elle est là pour ça, pour nous inférioriser. Pour nous enserrer la tête, nous rétracter psychologiquement la cervelle. Elle fait partie de notre "merveilleuse" tenue d’uniforme : tee-shirt au logo de la société, jupe courte même en hiver quand on a froid. Nous sommes réduites au rang d’objets publicitaires interchangeables.
L’hygiène, c’est le prétexte de la casquette. Mais nos supérieurs ne la portent pas, eux, qui prennent un malin plaisir à nous y obliger. En Auvergne, dans notre chaîne, les salariés l’ont mise à la poubelle (sans problème pour l’hygiène !), pourquoi ne pas faire pareil en Midi-Pyrénées ? Ici, nous avons déjà fait reculer les gérants sur les heures supplémentaires, nous pouvons bien les faire reculer sur cette tenue humiliante. Alors, les collègues, on essaye ?

Myriam.