FIN DE REGNE

Vendredi 6 mars 2009, par cnt // Crise

Cinq mois après la très médiatique chute de la banque Lhemann Brothers et la vaste escroquerie qui s’en est suivie, c’est-à-dire le racket organisé contre les populations pour renflouer les caisses des financiers à coups de milliers de milliards ; cinq mois après les premières vagues de destructions massives d’emploi consécutives à ces escroqueries boursières majeures ; cinq mois après que les gouvernements de tous les pays aient commencé à nous seriner à demi-mot que, pour nous, les perspectives ne sont que "de la sueur et des larmes" ; cinq mois donc après tout ça, les directions syndicales ont appellé - enfin, auront pensé certains - à faire quelque chose : une "journée de mobilisation" le 29 janvier 2009. Elles ont annoncé une autre "grande journée" pour le 19 mars...

On pourrait épiloguer longuement sur le fond de l’appel unitaire pondu par les chefs syndicaux. En écrivant que les "seules lois du marché ne peuvent régler tous les problèmes" ils font comme si ce n’étaient pas ces lois qui les créent, justement, les problèmes ! Mais s’appesantir sur ces gesticulations bureaucratiques aussi tardives qu’ineptes est inutile, cela, même si nous savons qu’il reste encore des personnes sensibles à leurs discours (même s’il y en a de moins en moins) et que beacoup n’auront retenu qu’une seule chose : "Le 29 janvier (ou le 19 mars), c’est important" et cela parce qu’on est "tous ensemble"...
Nous, nous affirmons que quels que soient les "résultats" de ces journées, de ces "mobilisations" (dont les mobilisateurs espèrent bien qu’elles ne meneront à rien d’essentiel), il est indispensable, surtout et avant tout, que les luttes apparues depuis quelques mois de façon autonome (débrayages sauvages à Airbus, mouvements de lycéens, autoréductions ici ou là, résistances de salariés...) s’amplifient. Face à l’unité politico-syndicale qui englobe jusqu’aux patrons (comme à Albi ou en Guyane) et pour laquelle l’objectif réel est de préparer le terrain électoral, ce qu’il nous faut construire,c’est la solidarité des luttes autonomes de classe.
Dans une ambiance qui commence à sentir la "fin de règne", les privilèges éhontés des puissants, leurs escroqueries boursières tout comme leurs spéculations sur les aliments de base (riz, maïs,...) entraînent des conséquences effroyables pour la planète et pour les populations. Les pollutions, disparitions d’espèces, famines, épidémies... qu’ils provoquent constituent autant de véritables crimes contre l’humanité. Quand un système est aussi criminel, c’est à la population de s’organiser pour reprendre en main les moyens nécessaires à la construction d’une société nouvelle.

Il est temps de balayer l’exploitation capitaliste, l’oppression étatique et leur insupportable discours.