GRECE : BREVE CHRONOLOGIE

Des centaines des personnes ont manifesté, dans la nuit de samedi 6 à dimanche 7 décembre 2008, dans le quartier d’Exarchia au centre d’Athènes après la mort d’Alexis, âgé de 15 ans, tué par les balles d’un policier. Les affrontements entre policiers et anarchistes à Exarchia sont fréquents. En 1985, un autre jeune de 15 ans, Michalis Kaltezas, avait également été tué par un flic dans le même quartier. Immédiatement, des manifestations spontanées et des émeutes ont éclaté au coeur d’Athènes.

L’École Polytechnique, le Conseil économique et les Facultés de droit sont occupés. Les attaques contre l’Etat capitaliste ont lieu dans toute la ville. Manifestations et affrontements éclatent aussi à Thessalonique, Patras, Volos, Héraklion et La Canée en Crète, en Giannena, à Komotini et dans nombreuses autres villes. Une révolte répondant à une autre, des centaines de migrants, candidats au droit d’asile, qui faisaient la queue pour déposer leur dossier ont déclenché une émeute dans le centre-ville d’Athènes, incendiant des poubelles et s’en prenant à des voitures. Il faut dire que selon le Haut Commissariat pour les réfugiés de l’ONU, Athènes n’a approuvé que 140 des 20.692 demandes d’asile déposées en 2007.

Dimanche 7 Décembre. Des milliers de personnes marchent sur le siège de la police à Athènes et s’attaquent à la police anti-émeute. Les affrontements se propagent dans les rues de la ville jusque tard dans la nuit.

Mardi 9. Jour de la grève générale. A Patras ( troisième ville du pays) une manif appelée par des groupes anarchistes locaux réunit entre 3 000 et 5 000 personnes derrière des banderoles contre la violence de l’ Etat. Rues bloquées par les barricades, vitrines de banques explosées. A Athènes, alors que le quartier Exarchia ressemble à un champ de ruines, la plupart des insurgés se sont retranchés dans les universités où se tiennent des assemblées. De violents affrontements ont lieu. La police tire sur les manifestants de Palaio Faliro (quartier sud d’Athènes) peu après les funérailles d’Alexis.

Jeudi 11. L’hôtel de ville de la banlieue d’Agios Dimitri à Athènes est occupé par des anarchistes. Durant la nuit, de nombreux affrontements avec la police ont lieu dans l’Université Polytechnique. Jour après jour, les lycéens et les étudiants deviennent plus militants et plus déterminés. 700 étudiants prennent une route menant à la prison locale, et des affrontements ont lieu à l’extérieur. En tout, au moins 25 commissariats ont été assiégé à Athènes à coup de pierres et de cocktails molotov. Plus de 4 500 grenades lacrymogènes ont été lancées par la police ; leur réserve s’épuisant ils ont dû en commander à l’étranger. Au moins 100 écoles sont occupées par leurs élèves dans tout le pays, tout comme plusieurs mairies.

Mercredi 17. Le bâtiment du principal syndicat grec, collabo de première, la GSEE (CGT ) est occupé ! A 8 heure du matin, le bâtiment a été pris par des travailleurs. La GSEE est une organisation de mandarins loyaux du gouvernement et des patrons. Le bâtiment est maintenant transformée en un Espace Libéré pour les Travailleurs. Un texte est publié (voir page suivante).
Mercredi 24. Un appel à une manifestation de solidarité avec les détenus est lancé par les occupants de la GSEE. Les occupations de l’école de Droit et de Polytechnique continueront jusqu’au lendemain (18 jours au total). Il semble y avoir un consensus sur la nécessité de quitter les universités et de semer l’esprit de révolte dans la société en général, esprit qui se répand assez rapidement : des immeubles municipaux et des hôtels de ville sont occupés partout à Athènes, des assemblées populaires sont organisées dans des quartiers d’Athènes et de Thessaloniki.
La manifestation en solidarité avec les personnes arrêtées rassemble 2 000 personnes, autour de slogans proférés contre l’Etat, la prison et le consumérisme.

Samedi 27. "La lutte pour la dignité et la solidarité est notre lutte". Occupation de l’ISAP (RATP) en réponse à "l’attaque meurtrière au vitriol sur le visage de Constantina Kouneva le 23 décembre", travailleuse immigrée et secrétaire générale du syndicat Pannatica de nettoyeurs et femmes de chambre. "Les assassins vont payer ! Le terrorisme patronal ne passera pas !" Mardi 30 décembre. Partout en Grèce à l’image de ce qui se passe à Náfplio, tous les jours se tiennent des assemblées d’étudiants. Cinq assemblées populaires ont eu lieu, et une station de radio a été occupée dans la ville d’Árgos et la Mairie aussi. A Thessalonique, une bombe a explosé dans le bureau du parti Nouvelle Démocratie. Provocation gouvernementale ? Car ici, cela fait un moment que plus personne n’a quoi que ce soit à foutre des "partis" ou des "organisations"...

Jeudi 1 Janvier 09 . A Athènes, un millier de personnes ont participé à la manif de solidarité : ils ont d’abord marché vers la prison des hommes puis ont continué vers celle des femmes.