L’exploitation existe plus que jamais

Dimanche 25 mai 2008, par cnt // Distribution

Heures de travail non payées, humiliation, contrôle incessant, insécurité de l’emploi, répression de toute contestation, mauvaises conditions d’hygiène, racisme... voilà à quoi sont confrontés les gens dans les entreprises. Les patrons font du chantage au licenciement ou au retrait du titre de séjour (pour les travailleurs immigrés).

Ils cherchent à casser ceux qui veulent se défendre contre les conditions déplorables qu’ils subissent. Ils veulent des employés dociles et virables à merci. Parce que, contrairement à ce que l’on entend un peu partout notamment dans les médias bourgeois, l’exploitation existe plus que jamais.

Les contraintes que nous impose la société capitaliste passent par le fric. Car pour manger, s’habiller, se loger, se déplacer, c’est-à-dire pour toutes ces choses vitales, eh bien, il faut de l’argent. C’est comme ça que nous sommes dominés. La majorité des gens est obligée d’aller travailler, donc de supporter les conditions de travail et les patrons pour gagner à peine de quoi vivre ou survivre. Par exemple, les salaires des employés de Carrefour Grand Littoral, dans les quartiers Nord de Marseille, oscillent entre 950 et 1 200 euros par mois. Pas de quoi faire des folies. Avec en prime les humiliations et le mépris.

Carrefour Grand Littoral :Une lutte trahie

Justement, à Carrefour Grand Littoral, les salariés se sont lancés dans une lutte de survie. Ils exigeaient une prime de 205 euros, un ticket restaurant à 5 euros et la possibilité pour les travailleurs à temps partiel imposé de "monter" à 35 heures.

Après 16 jours de grève, de blocage et de lutte, ils n’ont obtenu, de la part de la direction qu’une augmentation du ticket restaurant de 3,05 euros à ... 3,50 pour juillet. 16 jours de grève pour 45 centimes !... et ils n’en bénéficieront que si le vol et la casse diminuent dans les gondoles.... Autant dire que c’est pratiquement impossible, puisque le supermarché étant situé dans des quartiers de misère, où la majorité des gens, en situation précaire, est bien obligée de se débrouiller comme elle peut. De plus, il s’agit par cette mesure de tenter de transformer tous les salariés en flics, en agents de surveillance, ce qui a quand même du mal à passer !
Seize jours de grève n’auront pas suffi pour se faire respecter. La marchandise et le capital ont plus de valeur que la personne humaine, comme par exemple, ce jour du 15 février lorsque, vers 15 h 30, les flics ont chargé les grévistes qui empêchaient un semi-remorque de décharger quatre palettes de shampoing. Bilan : une jeune caissière enceinte a été blessée et a dû être transportée à l’hôpital Nord.

16 jours de grève et la trahison de la CFDT, ("La CFDT est un syndicat constructif" comme ils disent) qui a signé avec l’état-major de l’hypermarché ce traité de paix qui humilie encore plus les salariés. Voilà ce que c’est que d’être constructif à la CFDT ! Voilà ce que c’est que de faire confiance aux centrales syndicales !

Ceci n’est qu’un aperçu d’une lutte dans la grande distribution, mais qui peut se retrouver dans d’autres secteurs de l’économie.

Pour conclure, le niveau de vie des classes populaires se dégrade depuis des décennies et la précarisation tend à se généraliser. Nous avalons jour après jour, de gré ou de force, des quantités incroyables de couleuvres. Beaucoup de gens sont indignés face à cette situation car ils savent bien que ceux qui produisent la richesse et l’abondance, ce ne sont pas les patrons, les capitalistes et autres parasites, mais les travailleurs.
Tôt ou tard, il faudra passer de l’indignation à l’action. Face au mépris du capitalisme, nous pouvons, nous devons nous défendre.
D.