Un Autre Futur ! (mai 2008)

Dimanche 25 mai 2008, par cnt // Un autre Futur

Asphyxie réglementaire à Grasse

Le 10 mai à Grasse, Hakim a été interpellé par la police parce qu’il aurait eu un "comportement violent" : en fait, il s’était énervé parce que le distributeur de sa banque ne fonctionnait pas. Les policiers se sont jetés sur lui et l’ont immobilisé tant et si bien qu’ils l’ont asphyxié. Evidemment, une enquête est en cours, et les "experts" ont déjà découvert une explication pour excuser les policiers : Hakim aurait eu une "faiblesse cardiaque". Grande découverte : quand on asphyxie quelqu’un, son cœur s’arrête, voilà tout ! Quant aux policiers, soyez rassurés : ils ont toujours aussi "bon" coeur !
Mick.

Il y a le feu ? ON Est pas presse !

Il y a un mois, en fin de journée, un incendie se déclare dans mon immeuble. La fumée était tellement dense que je renonce à descendre avec mon enfant et ma compagne. Nous décidons de nous réfugier sur le balcon. Nous appelons les pompiers en leur expliquant bien que nous sommes coincés dans notre appartement. On nous dit alors qu’un véhicule vient de partir (d’autres voisins ont déjà appelé) et arrivera bientôt. Une quinzaine de minutes après, ne voyant pas le moindre secours arriver et ayant de plus en plus peur pour nos vies, nous rappelons les pompiers. Quand nous nous étonnons qu’un véhicule mette plus d’un quart d’heure pour arriver au Mirail un dimanche en fin d’après-midi, la standardiste nous rétorque "Vous savez bien où vous vivez. Dans votre quartier, ils ne viendront que quand la police sera là". Je lui réponds "Mais il y a urgence, l’incendie avance et nos vies sont en danger". Elle me répond que c’est comme ça et que je n’ai pas à me plaindre.

En bref, j’en conclue que la vie des habitants des quartiers ne vaut pas grand chose ! D’autant qu’il y a quatre ans, alors qu’il n’y avait pas eu la moindre "agression" de pompier, ils avaient mis plus d’une demi-heure pour arriver, en pleine nuit, et cela avait eu pour conséquence qu’à partir d’une voiture incendiée le feu avait eu le temps d’en brûler huit autres. Il est clair qu’en tant qu’habitant du Mirail nos vies ne sont pour l’Etat qu’une quantité négligeable.
Un père de famille du Mirail

AIRBUS

Après la mobilisation par les syndicats, deux grèves ont eu lieu pour dire non au plan Power8, non aux licenciements, non à la vente de certaines usines (Méaulte et St Nazaire). Il s’agissait d’actions menées suite à l’annonce de non-fermeture des sites en Allemagne : pourquoi les usines ici seraient-elles vendues ici alors qu’en Allemagne on les garde ? Du coup, cela crée des conflits entre salariés Airbus-France et salariés Airbus-Allemange. Or, il ne faut pas se laisser diviser par le jeu du patronat.

Après les délits d’initié, les pertes de prime, les annonces sur la restructuration, les "parachutes dorés" ; beaucoup ont répondu présent à cet appel pendant que d’autres jouaient aux sourds. Certains sont en désaccord avec les syndicats, d’autres ont le couteau sous la gorge avec les fins de mois difficile. Certains pensent que c’est perdu d’avance, et puis il y a ceux qui pensent que les syndicats sont dans la poche du patronat : 2 heures d’arrêt de travail une fois, 6 heures au total ce n’est pas une action significative. A se demander même à qui ça profite le plus.
Face aux décisions des actionnaires qui ne pensent qu’au profit qu’ils réalisent sur le dos des salariés français ou allemands, qui travaillent nuit et jour pour sortir des avions "en veux-tu en voilà", soyons solidaires, soyons nombreux soyons déterminés.

Plus d’un avion par jour sort des usines... ça fait beaucoup, non ? Alors, sous-traitants, salariés d’Airbus, intérimaires, hommes et femmes en colère, discutons, organisons-nous, mobilisons-nous et construisons autre chose que des avions : une vrai lutte !

Un salarié d’Airbus

AERONAUTIQUE TOUJOURS

Le rôle des syndicats dans le secteur de l’aéronautique est le rôle de démineur de tension. Ils permettent de faire accepter les décisions de la direction, même si elles sont impopulaires. Les syndicalistes sont de véritables notables dans des boîtes comme Airbus ou Latécoère parce que non seulement ils bénéficient de nombreux avantages de la part de la direction (promotion sociale, ...) mais encore ils ne défendent en rien les travailleurs et ils participent à l’exploitation et ... gare à ceux qui se dressent contre eux !

Travailleurs, organisons-nous sans eux.

Un travailleur de l’aéronautique

La prison : mieux que les délocalisations !

Au centre de détention de Muret, les avionneurs font de bonnes affaires : dans l’atelier Liebher, 45 ouvriers emprisonnés effectuent l’ébavurage de pièces de moteurs d’avions (A330, A320,...). Ils travaillent à un tarif défiant celui des délocalisations : un tourneur démarre à 3,62 euros de l’heure pour arriver à 6 euros en fin de carrière (même pas le Smig !).
Une telle exploitation donne de très juteux bénéfices ! Comme de plus un travailleur emprisonné n’a aucun droit, il est évident que l’Etat et les patrons trouvent un intérêt matériel direct à criminaliser de plus en plus la population pour remplir les prisons (même si elles débordent déjà). Les prisons sont faites pour les pauvres, ils sont aussi des travailleurs ; plus on les réprime, plus ils rapportent.

CASP & CNT-AIT

Participez aux journées de Mai 2008

Le Rassemblement des ouvriers sans-papiers, gens d’ici, et leurs amis appelle à plusieurs événements à Toulouse :

  • Mardi 20 mai (14 h 30) : Réunion publique, école Daurat (Reynerie) : "L’amitié politique entre les habitants du pays".
  • Mercredi 21 mai (17 h 30) : Rassemblement-débat en bas de l’immeuble des Castallides (rue Maillol, Mirail) contre les rafles et les persécutions à l’encontre des sans-papiers.
  • Jeudi 22 mai : Arrêts de travail d’une demi-heure sur les chantiers, principalement pour dire que la police doit laisser les ouvriers tranquilles : on n’est pas des criminels, il faut le respect des ouvriers !
  • Samedi 24 mai (15 h) : Rassemblement place Jeanne-d’Arc : bilan des journées. Des propositions pour continuer cette bataille seront élaborées ensemble.
    http:ouvriersgensdisc.free.fr Téléphone : 06 13 06 94 62