Réflexion à propos à de la procédure judiciaire

Mardi 15 avril 2008, par cnt // Comité d’Action et de Soutien aux Prisonniers (CASP)

Supposons que je crois en la procédure judiciaire et que j’y réfléchisse. Cela est absurde tout simplement parce que j’ai pour idéal une société libertaire. Mais supposons quand même, car la plupart des gens croient à la procédure judiciaire.

Le judiciaire, comme chacun sait, est procédurier. La garde à vue est fondée sur l’aveu. Présumez ce que vous voudrez... l’étymologie m’apprend que le latin confessio signifie "aveu".

Dans l’enquête, il y a les témoins qui racontent les récits de ce qu’ils ont cru entendre, voir, sentir, etc. Je vous laisse réfléchir sur le fait qu’il y a autant de récits différents que de témoins. Sans compter que le même témoin peut être auditionné plusieurs fois et dire d’énormes contradictions. Là, je veux parler des témoins qui sont de bonne foi, car il y a aussi des témoins qui ressentent un besoin, une occasion unique de se mettre en avant (dans la lumière médiatique), et, maintenant que je viens de finir cette phrase, je me pose la question, ou plutôt je vous la pose : les témoins de bonne foi et ceux qui trouvent une occasion de se mettre en avant auraient-ils des points communs ou serait-se les mêmes ?
Pourquoi je dis ça ? C’est parce que je pense que le premier paramètre suspect qui me vient à l’esprit, et qui me paraît très important, c’est “pourquoi vouloir être témoin” ?
Après, il y a une multitude d’autres paramètres, qui discréditent complètement les récits, genre : témoin un peu raciste sur les bords, témoin qui n’aime pas les jeunes en général et en particulier, et aussi toutes les rumeurs de voisinage.

Il y a aussi un truc qui fonctionne bien, c’est la police scientifique, qui est, entre parenthèse très à la mode dans les séries télé, sauf que ce n’est pas qu’une mode, ni le fait du hasard, mais bien une manipulation du système étatique, orchestrée par les médias qui sont l’un des principaux instruments du pouvoir, du système en place. La police scientifique, en ce moment, est une arme absolue, ce n’est pas étonnant vu la montée du fascisme, voyant, sachant que le fascisme s’est toujours servie de la "science" comme vérité incontestable. Alors que la science est évolutive.

Pourquoi les gens y croient ? C’est beaucoup plus par sacralisation ou dicton, genre "il n’y a pas de fumée sans feu", etc. Si la plus part d’entre nous faisaient une analyse, même très grossière et maladroite, comme je suis en train de le faire, cela suffirait largement à discréditer le système judiciaire.
Le manque de critique des procédures judiciaires est flagrant. Ce texte est une façon de mettre par écrit ce que je n’ai pas entendu (ou pas assez entendu) sur ce point, autour des tables de presse (avec petits gâteaux, café et tracts anti-carcéraux) aux portes des prisons : maison d’arrêt de Seysses-Toulouse, centre pénitentiaire de Mailloles-Perpignan, et non loin de la maison d’arrêt de Tarbes.

Ce n’est pas la question de la "culpabilité" des personnes incarcérées (femmes ou hommes) que je pose ici, je fais parti d’un groupe qui pense que les personnes en détention sont des prisonniers et prisonnières sociaux.

En conclusion, je voudrai donner ma façon de penser. Je ne veux pas et ne peux pas soutenir cette société sur laquelle je crache chaque fois que je peux. Au CASP (Comité d’aide et de soutien aux prisonniers), nous sommes tous concernés par les brimades et humiliations intolérables que subissent les prisonniers sociaux des deux sexes et leur proches. Parlons-en, ne restons pas isolés. Dedans comme dehors, soyons solidaires. Non à l’enfermement sous toutes ses formes. Non à cette société. Toutes les personnes qui veulent participer à la lutte du CASP de près ou de loin sont invitées à nous contacter.

Email : groupe.casp(chez)hotmail.fr

Gaston