L’entraide sur le parking de la Maison d’Arrêt de Seysses

Dimanche 14 octobre 2007, par cnt // Comité d’Action et de Soutien aux Prisonniers (CASP)

Le Comité d’Action et de Soutien aux Prisonniers (CASP) soutien activement les détenus par des courriers, parfois des visites et des mandats.

Par la force des choses, à savoir la difficulté de voir des prisonniers, nous avons plaisir à retrouver leurs proches aux heures de parloirs en partageant un café.

Or il apparaît nettement que l’Administration Pénitencière (AP) n’est pas dans cette démarche. Sa principale règle est précisémment de ne pas en avoir ; le CASP lui répond donc de la même manière. Soyons clairs : le CASP est pour la déstruction du système carcéral et donc en désaccord total avec
l’ AP.

Par revanche sur toutes les humiliations causées par cette dernière,et par nos actions, certes infimes mais efficaces, nous lui nuisons.

Il y a des exemples réguliers comme de ne pas pouvoir entrer dans la prison avec son sac ni ses clefs. Evidemment, il y a des casiers dehors où on pourrait déposer nos affaires, mais ceux-ci n’ont jamais été en état de fonctionner. C’est pourquoi le CASP reste sur le parking jusqu’à la fin des parloirs et se propose de garder les affaires des visiteurs.

D’autre part, les bus qui passent par la Maison d’Arrêt sont rares : environ un par heure. Comme un fait exprès, l’heure du départ ne correspond jamais avec la sortie des parloirs.
Le CASP propose de ramener les proches de détenus en voiture jusqu’à Toulouse.

Enfin, entrer dans la prison en short est taxé de « tenue incorrecte », alors un copain du comité a prété son pantalon à quelqu’un qui aurait pu perdre son paloir.

Nous avons pu constater recemment que ces petits actes portent leurs fruits, car il est apparu que les visiteurs s’entraident maintenant eux-mêmes sans l’aide du CASP : samedi dernier,le bus est parti au moment ou la prison ouvrait ses portes laissant sortir une foule de visiteurs, qui sont tous repartis en co-voiturage ! Le CASP a gagné une bataille.

Nous sommes heureux de nuire avec certains proches de détenus à l’AP par ces petites actions, sans que cela puisse se retourner contre les proches ni les détenus. En effet, les règles de l’AP et de l’ (in)justice sont sans cesse changées, c’est pourquoi le CASP s’adapte en conséquence afin de ne pas céder. A chaque problème existe une solution ; le CASP s’en est fait une « règle » et avec l’aide de tous, parvient à ses fins tout en ne mettant en danger personne.

Ainsi, nous remerçions toutes ces personnes qui ont décidé de moins subir cette épreuve et de la passer la tête haute. Des sourires naîssent sur ce triste parking, et c’est encore une bataille de gagnée.

Nous sommes tous concernés par les brimades et les injustices intolérables que subissent les victimes du monde carcéral.
Parlons-nous, échangeons nos expériences pour un autre futur.
Non à cette société, non à l’enfermement.
Tous ceux qui veulent participer à la lutte du CASP de près ou de loin sont invités à nous contacter

Le CASP

CASP : 7, rue ST Rémézy
31000 toulouse.
05.61.52.86.48.
Permanances tous les samedis de 17h à 19h.