Assemblée populaire

Samedi 13 octobre 2007, par cnt // Agenda du syndicat de Toulouse

Reprise des assemblée populaire :

Assemblée Populaire
le mercredi 17 octobre à 13 heures
Salle 230 (département philo) à la Fac du Mirail

"Ce sont donc les peuples qui se laissent, ou plutôt se font garrotter, puisqu’en refusant de servir, ils briseraient leurs liens. " La Boétie, Le Discours de la servitude volontaire.
Vers la survie généralisée

Aujourd’hui, tout devient plus clair. Nous tous, qui avons déjà beaucoup perdu au cours des dernières décennies, ne pouvons plus nous y tromper. Les temps qui s’ouvrent seront, chaque jour un peu plus, ceux où la vie quotidienne sera réduite à la lutte pour la survie. Nous ne parlons pas ici de la survie aménagée et climatisée qui fut celle des années soixante. Non, il s’agit de la survie la plus brute, lorsque se loger, se nourrir, se soigner ne vont plus de soi. Plus de société sous le talon de fer des néo-conservateurs, seuls des individus atomisés, soumis à la Loi d’airain de l’Économie et condamnés à n’être plus que prédateurs ou proies, esclaves dans tous les cas.

Il serait vain de faire la liste des multiples attaques que nous avons déjà dû essuyer, elles sont bien présentes à nos esprits. Si nous persistons à nous battre contre chacune d’elles, les unes après les autres, comme un patient qui lutterait contre les symptômes de la maladie sans prendre le mal à la racine, nous serons vaincus. C’est dans ces combats, certes justifiés, mais trop parcellaires et souvent ingrats que nous avons laissés beaucoup de nos forces dans les années passées. Le poids de cette espèce de « routine de la lutte », avec au bout, dans le meilleur des cas, la seule perspective de ne pas trop reculer, en a découragé plus d’un.

Ne pas trop reculer ! Alors qu’autour de nous les prodromes d’une catastrophe sociale mais aussi écologique sans précédent produisent leurs premiers effets ! Alors que ceux qui écrivent aujourd’hui l’histoire tout en s’acharnant à la clore pour nous, coincent nos existences dans un dispositif, proche ou international, toujours plus dangereux, toujours plus délirant !

Une bonne fois pour toute : la grève générale illimitée !

Faire l’histoire plutôt que la subir
Les cheminots ont prévu une date pour se battre contre des mesures qui les visent directement. Les enseignants s’apprêtent, peut-être, à faire de même. La situation est aujourd’hui trop grave pour que nous laissions échapper l’occasion de nous unir non pour une alliance de circonstance, mais pour un combat qui promet d’être long et difficile.

Ce n’est pas la simple addition de revendications limitées qui permettra cette union, mais la conscience que nous sommes à un moment clé. Si les pouvoirs parviennent à imposer leur diktat, qui s’est déjà révélé si destructeur aux États-Unis et en Angleterre notamment, c’est toute notre capacité à nous battre dans les années à venir qui s’amenuisera. Nous avons tous en tête ces journées d’action sans lendemain qui ont ponctué les dernières années et le rôle néfaste qu’elles ont joué dans le développement d’un mouvement de grève générale. Nous ne pouvons aujourd’hui nous permettre de nous voir imposer ce faux rythme.

La puissance de contestation qui est aujourd’hui la notre ne parviendra à déstabiliser le pouvoir qu’en prenant conscience qu’elle ne peut plus s’exercer dans les termes que le pouvoir a lui-même posés, sous peine de n’aboutir qu’au renforcement de l’ordre établi. Notre combat ne peut être, dès lors, qu’un combat direct, du bas vers le haut, partant des individus eux-mêmes, contre la logique globale qui les écrase. Ce n’est que par le développement et la multiplication d’assemblées et de conseils populaires à la parole et l’action libres, hors du cadre institutionnel des élections, consultations et négociations voulues par le pouvoir en place, que nous pourrons nous-mêmes imposer notre propre rythme et, enfin, reprendre véritablement les choses en main, pour notre propre compte.