MAISONS DE RETRAITE : Brisons le silence !

Mercredi 25 avril 2007, par cnt // Santé

La maltraitance des personnes âgées dans les maisons de retraite, c’est un sujet qui commence -enfin- à faire la une des journaux.

Mais il y a du travail ! Voici quelques exemples que nous avons récemment relevés dans des maisons de retraite de la région : toilettes dès 5 h 30 du matin, lever obligatoire dès 6 heures été comme hiver (qu’on se rappelle que les résidents ont souvent plus de 80 ans, et on appréciera le supplice qu’on leur inflige ainsi), coucher obligatoire plus tôt que les poules à 18 heures (au moment où ils pourraient avoir un peu de vie sociale avec l’extérieur), blettes servies à presque tous les repas pendant près d’une semaine, soupe douteuse, goûters supprimés "pour ne pas faire des miettes" ... On n’en finirait pas.

Avec près de 700 000 résidents, le secteur des maisons de retraite est un en passe de devenir dans ce pays un des plus juteux qui soit, car la machine à engraisser les actionnaires et les équipes de direction est facile à faire fonctionner : d’un côté on fait cracher au bassinet des familles qui de toutes façons n’ont pas le choix (leurs conditions de vie et de logement les empêchent de garder leurs parents chez eux), de l’autre on réduit le personnel utile (pas celui de la direction) et on le pressure au maximum et, cerise sur le gâteau, on restreint la qualité des "consommables" (bavettes, couches,...). Tout cela assure une excellente rentabilité.

Cette situation est devenue intolérable à des personnels qui ont à cœur d’exercer leur mission au service des personnes âgées et pas au service de la machine à gagner du pognon. Malgré les harcèlements, les menaces, les licenciements, un groupe salariés des maisons de retraite de la région toulousaine est en cours de constitution. Comprenant que les conditions de vie des résidents découlent directement de leurs conditions de travail, ils réclament un renforcement des équipes (ne serait-ce que pour ne plus être obligés de faire le ménage en vitesse sans pouvoir parler aux résidents), la fin des primes à la tête du client (et le treizième mois pour tous), la fin des discriminations (pour les formation,...), la réintégration des salariés licenciés. La liste sera longue, car il y a du retard à rattrapper. Le combat ne fait que commencer. Gageons qu’il mobilisera aussi les familles.

Yvette