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Le moralisme antifasciste

Publié le 17 septembre

Il y a trois ans, nous avons pu constater mépris des politiques, militants et sympathisant de gauche, des partis politique comme le P.S, EELV, ou bien du PCF, envers les gilets jaunes. Nous avons eu droit à des mises en garde, des « houlala, attention, c’est confus il y a des fachos parmi eux... », certains d’entre eux ne se sont pas gênés pour donner la leçon, quand ils ne traitaient pas ouvertement les GJ de fasciste.

Or les chefs de ces partis politique ont pourtant manifester le 19 mai 2021, à l’appel du syndicat policier Alliance, qu’on peut difficilement suspecter d’être un syndicat gauchiste. Ainsi ces pontes de la gauche officielle comme Yannick Jadot, Olivier Faure, Fabien Roussel ou Anne Hidalgo, ont manifesté au côté des Eric Zemmour, Jean Messiha ou un Jean-Marie Bigard sans que ça ne leur pose le moindre problème.

Les élections présidentielle approche, et on commence à entendre ici et là, l’éventualité d’un deuxième tour Macron vs Lepen... Et nous commençons aussi à voir le cinéma de la gauche du capital, pour savoir qui aura le leadership de la lutte contre le fascisme. Je vois d’ici un énième front uni contre l’extrême - droite, qui finalement légitimera et assoira encore et toujours d’avantage, des gens que personne ne voudrait voir au « pouvoir », mais qu’ils seront tout de mêmes « républicains », donc pas au RN. On réduira encore plus les libertés publiques, on subira encore et toujours l’arbitraire et le mépris social, mais de façon républicaine, parce que hein... Le RN c’est quand même le fascisme.

Mais fondamentalement au niveau programme politique peu de chose différencie le RN des « républicains », en fait ces « républicains » de LR à LFI, et autres, c’est pareil, mais en dehors du RN.

Nous allons subir une fois de plus le moralisme et le chantage à l’antifascisme, puisque l’antifascisme de nos jours n’est rien d’autres qu’un moralisme, sans aucune réponse politique de quoi que ce soit. Il suffit que l’on ne soit pas d’accord avec quelqu’un et on le traite de fasciste (ça marche aussi avec sexiste, masculiniste et transphobe). Pendant la période des gilets jaunes, j’ai pu constater sur des sites internet autoproclamé antifasciste, qui considéraient les GJ dans leur totalité comme des nouvelles chemises brunes. Et pour pouvoir lutter contre ces « nouvelles marche sur Rome », d’organiser une alliance entre Anarchistes, antifasciste et républicain (bourgeois cela va de soi) pour pouvoir créer des milices dans le but de casser la gueule aux gilets jaune ! En fait ce genre de proposition n’est rien d’autres qu’une des nombreuses méthodes qu’utilisaient Mussolini et les chemises noires...

Ce moralisme cela fait déjà un bon bout de temps que nous l’entendons, notamment de la part des médias mainstream et du gouvernement, car jamais nous avons autant entendu parler de (néo)féminisme, d’antiracisme/fascisme, d’écologie, de LGBT, qu’en ce moment, et paradoxalement jamais le prolétariat, n’a subi autant d’attaque et de remises en cause, des conditions de vie de la classe ouvrière et du prolétariat en général. Il faudrait donc en déduire que le (néo)féminisme, l’écologie, l’antiracisme/fascisme et le LGBT, ne sont en fait que des caches sexe du capital.
Tout est résumé entre gauche, progressisme vs droite, réaction, fascisme. Comme si la lutte « antifasciste » est une fin en soi, et souvent comme un label rouge d’un truc bien de gauche, en occultant bien sur, les réponses politiques qui vont avec... Ainsi dans le même site « antifasciste » cité plus haut, les animateurs parlaient de Durruti comme d’un antifasciste, mais sans jamais évoquer le projet politique pour lequel il se battait, puisque pour ces pourfendeurs du « fascisme », tout projet d’émancipation du prolétariat, est considéré suspect.

Les fronts antifascistes

Le « frontisme antifasciste », qui consiste à réunir toutes les forces progressiste face à la peste brune n’a eu à ma connaissance que des résultats désastreux, notamment pendant la révolution espagnole, qui a poussé les compagnons de l’époque à accepter tous les compromis, et à avaler toute sorte de couleuvre au nom de la lutte antifasciste, et du front commun avec les PC Staliniens, trotskistes, les sociaux-démocrates, les gauches régionalistes, et généralement la gauche bourgeoise. À pousser nos compagnons à accepter des postes de ministres au gouvernement central et régional. Toujours au nom de l’antifascisme bien entendu... Il est fort probable que si les « républicains » avaient « gagner » la guerre d’Espagne nos compagnons auraient probablement eut à subir une répression comparable à celle de franco. Ne pas oublier que certains de nos copains ont connus les geôles des « républicains », pour ensuite connaître les « geôles du franquisme ! Le frontisme antifasciste est une mauvaise blague, et on nous y reprendra plus.

Pour nous le concept droite/gauche nous importe peu, puisque c’est un terme subjectif et qui évolue avec le temps, et la zone géographique. Dans certaines régions du monde de culture musulmane, les islamistes sont de gauche. Aux USA le fer de lance de la lutte contre l’esclavage été (est toujours  ?) le parti républicain (qui vu d’ici semble de droite...). En Europe de l’Est, les partis communistes sont considéré comme conservateur (donc de droite), alors qu’en Europe de l’Ouest et en Amérique latine, les partis communistes sont considéré à gauche. En Allemagne avant 1933 le parti nazi été considéré à gauche, au point que le KPD (NDR : Parti Communiste Allemand) eut fait des meetings communs avec eux.

Et l’antifascisme, c’est vaste... Techniquement et historiquement le Gaullisme est une forme d’antifascisme, puisque ce courant d’idée de droite est née dans la lutte contre l’occupant nazi.

Le raisonnement actuel du genre ; gauche / droite, ou progressiste / conservateur, est en train d’évoluer, puisque qu’au nom de la démocratie et de la république on supprime petit à petit les libertés publiques, au nom de toute sorte de prétexte plus ou moins légitime et sérieux, mais parfois plus ou moins farfelus, comme la lutte antiterroriste, contre la consommation d’alcool ou de drogue, contre les violences faites aux femmes, pour la sécurité, toujours pour la sécurité, des flics partout, contrôle d’identité partout, des censures dans les médias, les journaux, le monde de la culture parfois par pudibonderie, parfois par racisme au nom de l’antiracisme, traçage d’adresse IP sur internet, contrôle de Facebook, du téléphone portable, interdiction des moteurs de recherches comme TOR, apologie, de la société Chinoise et de son contrôle facial, etc. Et un « état d’urgence et vigipirate » permanent qui dure tout de même depuis plus de 25 ans...
Ce n’est pas par le prisme de gauche vs droite, qu’il faudrait voir les choses, mais plutôt en totalitaire vs libertaire.

Personnellement je préfère vivre dans une société dites « démocratique » avec des « libertés relatives », que dans un régime dictatorial, mais il ne faut pas perdre de vue que le fascisme ne s’oppose en rien à la démocratie bourgeoise ; bien au contraire, il en est en quelque sorte une évolution logique par d’autres moyens. Les « démocraties » peuvent se « fasciser » tranquillement sans qu’on y prenne garde, toujours au nom de la république et de la démocratie et s’allient toujours avec les dictateurs officiels ; comme les dictatures officielles se couvrent souvent d’un manteau « démocratique ».

Le prolétariat et nous dans tout ça ??

Les groupes prolétariens et généralement les gens qui ont une conscience de classe, ont besoin de se réunir, de développer une presse, de s’associer, de faire des grèves, d’organiser des actions directes, de libérer des compagnons emprisonnés, d’occuper toutes sortes de lieux de travail, de relever la tête. Nous n’avons pas vraiment le choix, et ces actions ont été assumées, par les militants révolutionnaires de toutes les époques et sous toutes sortes de régime politique.

Il y a forcément une opposition de fait entre les divers système politique de la bourgeoisie et le prolétariat qui lui doit et ne peut que s’organiser sur son terrain. Et n’être dupe de rien, par exemple quand la « droite » nous dit que la « gauche » est dictatoriale et antidémocratique, que lorsque la « gauche « est au gouvernement, elle ne respecte plus les « droits de l’homme », et qu’il est de notre intérêt de brandir l’étendard de la « démocratie », je doute qu’il y ait dessous un réel objectif de « démocratisation », sinon nous ne vivrions pas dans ce genre de société. Quand la « gauche » dit que le « capitalisme » ne respecte pas les libertés démocratiques, que nous devons les défendre contre les attaques du fascisme et de la réaction, et que nous devons les réclamer là où elle n’y est pas. Que c’est la voie vers le socialisme et blablabla...

Est-ce qu’on lutte pour la « démocratie » ou est-ce que ce n’est pas tout simplement des mots d’ordre opportunistes ? Les classes dominantes ont toujours tenté d’utiliser le prolétariat heu... pardon les citoyens, comme chair à canon pour servir les intérêts, qui ne sont pas les leurs.

Mais est-ce que les bourgeoisies de « droite » et de « gauche aspirent-elles vraiment à la « démocratie » ?? Est-ce une mystification ?? Doit-on conclure qu’aucune fraction de la bourgeoisie n’a intérêt à voir appliquer ces droits et libertés des citoyens ??

Il est certain que plus nous serons soumis à l’ordre établi de la classe dominante, plus nous subirons leur oppression, leur exploitation de notre force de travail, et de nos vies tout simplement. Et il est tout à fait logique qu’ils en profitent, quand nous nous endormons sur nos lauriers, de nous supprimer nos « libertés publiques », puisque pour eux nous ne sommes là que pour travailler le moins cher possible, consommer le plus cher possible, et surtout qu’on reste à notre place, pour qu’ils puissent s’enrichir via notre force de travail le plus tranquillement possible.

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