Les théories PO-MO une contre attaque réactionnaire

À quoi reconnaît-on qu’un mouvement révolutionnaire est en déclin ?
C’est lorsqu’on remet en cause certaines idées-forces qui font la particularité de ce mouvement.
Et le mouvement anarchiste n’y a pas échappé : quand on commence à remettre en cause sa spécificité, tout est chamboulé.
C’est par exemple : un groupe anarchosyndicaliste qui utilise des permanents syndicaux, au nom d’une soi-disant efficacité et par pragmatisme.

C’est quand on tente de tout expliquer et d’apporter les réponses du monde dans lequel on vit, par le régime alimentaire (les végans), la sexualité, l’identité de genre c’est à dire à savoir si on est un homme ou une femme (même si on a une calvitie naissante et une barbe bien taillé... -vu à la télé !-), de race en méprisant au passage qu’il est établi depuis des lustres par les scientifiques que les races ça n’existe pas, mais au nom de l’antiracisme, on nous re-balance du… racisme.
Ce sont aussi des groupes anarchistes et d’extrême gauche qui remettent en cause des mots pourtant lourds de sens comme : anarchisme, anarchosyndicalisme, communisme, lutte des classes, internationalisme, prolétariat... sans oublier ces militants « anarcho-antifa-de-facebook » qui font l’apologie des drogues et de l’alcool, etc,etc...
Alors on nous dira que nous sommes d’indécrottables sectaires, mais force est de constater que ce n’est pas en fragmentant des luttes en de multiples sujets particuliers qu’on arrivera à régler l’ensemble des problèmes.
Tout expliquer par de l’antifascisme ou de l’antispécisme ça va pas casser trois pattes à un canard.

Ainsi en ce temps de confinement forcé, je me suis baladé sur le net, véritable océan de merde (en particulier youtube) et je suis tombé sur quelques youtubeurs de « gôche » qui avaient des discours relativistes du genre (je cite de mémoire) : « une femme qui se ballade avec un voile islamique c’est la même oppression patriarcale qu’une femme qui se ballade en mini jupe... ». Inutile de vous dire que les bras m’en sont tombés :et moi qui croyais naïvement qu’à une certaine époque, les femmes qui se baladaient en mini jupe c’était justement par soif de liberté, et certaines d’entre elles allaient jusqu’à jeter leurs soutien gorges. C’est en quelque sorte un reniement et un révisionnisme de cette gauche et de son extrême qui a été jusqu ’a présent plutôt anticléricale !
Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres, un autres truc venant de nos gauchistes, est cette histoire de réappropriation culturelle au nom de la lutte antiraciste : si vous avez une fille d’une dizaine d’années qui se déguise en Geisha pour un anniversaire, cela sera dénoncé par ces imbéciles comme un acte raciste et impardonnable. Là aussi je pêche par ma naïveté car je croyais que toutes les civilisations de part le monde étaient nées des échanges culturels et de modes de vie et donc forcément, de bon gré ou de force, « d’appropriation culturelle ». Mais si on suit cette logique jusqu’au bout, nous sommes dans un « antiracisme-réactionnaire », donc un français ne devrait danser que sur de la java et porter un béret basque, un jamaïcain forcément des dreadlocks, les Asiatiques eux seuls pourraient manger avec des baguettes...
Tout cela a un coté « chacun chez soi » pas très ouvert avec l’étranger, je connais mieux comme fraternité humaine...

Mais comment en est-on arrivé là ? Comment se fait-il que des gens de « gauche » ou « d’extrême gauche » remettent en cause les principes universalistes, qui sont quoiqu’on en dise les fondations de nos idéologies ?
La réponse se trouve en Europe où des penseurs , des philosophes, comme Foucault, Derrida et consort, ont remis en cause la pensée universaliste, et sont allés piocher des idées conservatrices chez Heidegger et Nietzsche. Ils ont remis en cause l’universalisme, le rationalisme et l’ensemble des idées des lumières.
Ce genre d’idées qui font fureur dans les facs américaines, mais qui sont fondamentalement réactionnaires. Le relativisme prôné par ces gens, ces intellectuels, ces militants, ces jeunes étudiants, qui ont comme dada les luttes LGBTQI++, le post-féminisme, le post-antiracisme/décolonial, et autres trucs de genre là, où pour eux tout est relatif.
Ce relativisme est en fait un fourre tout, qui permet de qualifier de raciste ou de sexiste, toute remise en cause de la tendance intégriste des religions, ou toute critique spécifique du sort réservé aux femmes dans les ghettos urbains. Ces nouvelles générations de militants, sont persuadés, grâce à leur niveau d’instruction, d’être plus avisés que leurs parents, grand parents ou arrière grands parents. Moins dupes sur le système médiatique et plus critiques sur la politique et leurs conditions de vie. Cela confirme la victoire écrasante de cette philosophie postmoderne.
En effet, quand des militants « antispécistes » vont dans des poulaillers industriels, pour séparer les poules des coqs, parce que, les poules se feraient violer par les coqs, ils sont persuadés d’avoir fait une action féministe (source l’Indépendant du 03 /09/2019).

Il est clair que le système dans lequel nous vivons fait tout pour diviser les gens avec l’ identitarisme, des problématiques qui ne concernent qu’une minorité de la minorité, tout en criant plus fort que les autres, où tout le monde se sent « oppressé » par quelque chose. Si ce n’est pas l’identité sexuelle, c’est le poids que l’on fait, si ce n’est pas ça, c’est son origine ethnique, et ainsi de suite, ça peut aller à l’infini comme ça. C’est un peu le règne du chacun contre tous. Ce n’est pas un hasard si de nos jours tous ces gens qui ont une particularité « d’oppressé »,s’opposent aux 100% privilégiés : le fameux « mâle-blanc-héterosexuel » même si t’as un boulot de merde, que t’es exploité par ton patron à mort, et que tu rames économiquement. Ils ne ressentent plus comme étant les leurs les luttes d’autres prolétaires dans le monde. Et d’ailleurs ils ne se sentent plus prolétaires au sens le plus élémentaire du mot.
Je pense que c’est beaucoup plus qu’un problème d’idées, cette philosophie PO-MO n’est qu’une arme parmi d’autres dont dispose la bourgeoisie pour désarmer et nier la conscience de classe des prolétaires.

Tant qu’on pense à son petit nombril et que tout tourne autour, on ne risque pas la révolution sociale.